Dans un entretien accordé ce week-end au Guardian, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert a vertement critiqué le projet de “ville humanitaire” que son pays envisage de construire à Rafah, dans le sud de Gaza. Il y voit un “camp de concentration” et prévient que forcer les Palestiniens à s’y installer relèverait d’un acte de purification ethnique.
“Ce n’est pas pour les protéger, c’est pour les déporter”, a-t-il déclaré, dénonçant une stratégie qui, selon lui, dépasse déjà le seuil des crimes de guerre. Olmert, qui fut chef du gouvernement entre 2006 et 2009, accuse le gouvernement Netanyahu de “responsabilité dans des crimes de guerre” à Gaza et en Cisjordanie, et appelle à une pression internationale accrue. Il s’en est également pris aux ministres d’extrême droite de la coalition actuelle, qu’il qualifie d’“ennemis de l’intérieur”. Selon lui, leur rhétorique violente et leur soutien aux colons responsables d’attaques contre des Palestiniens mettent en péril l’avenir même d’Israël.
Tout en rappelant qu’il avait soutenu l’offensive israélienne après le 7 octobre, Olmert dit avoir basculé lorsqu’il a constaté que le gouvernement avait “publiquement et brutalement abandonné” toute perspective de solution politique. Il se dit désormais “honteux et bouleversé” par une guerre qui a perdu toute justification morale. Il avertit aussi que la colère mondiale croissante envers Israël ne peut pas être expliquée uniquement par l’antisémitisme. Selon lui, c’est la brutalité des actions israéliennes, exposée au grand jour sur les réseaux sociaux, qui alimente ce rejet : “Beaucoup ne sont pas antisémites, ils sont simplement témoins d’un État qui a franchi toutes les lignes rouges.”



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