La démagogie de caniveau ne connaît aucune trêve purificatrice, à l’image de Jacqueline Eustache-Brinio, la maire LR de Saint-Gratien, dans le Val-d’Oise, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’observe pas le jeûne de la parole blessante, de l’indécence et de la provocation délétère en ce mois béni de Ramadan.
Cet édile, indigne de son écharpe tricolore, n’a pas pu résister à la tentation de troubler cette parenthèse spirituelle sacrée, en annonçant sur sa page Facebook, de manière fracassante, un boycott dont il y a fort à parier qu’il ne suscitera pas un grand émoi et ne sera pas criminalisé : le boycott des magasins qui emploient des femmes voilées !
« Je sais que je vais encore déranger, mais au nom des combats qui me sont chers : l'égalité homme/femme, la lutte contre tout ce qui rend les femmes invisibles, la laïcité, le soutien aux femmes qui refusent de porter le voile, j'ai décidé de boycotter tous les magasins qui m'imposent des vendeuses et des caissières voilées, le premier de cette liste : La Grande Récrée à Argenteuil », a-t-elle averti, dimanche 5 juin, soit la veille du Ramadan, avec la jubilation malsaine qui la caractérise à l’idée d’offenser et de rendre la vie impossible à ses concitoyens musulmans.
En octobre 2011, une association musulmane de la ville, l’AFMSG, portait plainte contre elle pour avoir ordonné, le 19 août, à des policiers municipaux de relever les numéros des plaques d’immatriculation des fidèles participant à la grande prière du vendredi.
« Cet appel est une incitation claire à la discrimination envers les salariées de confession musulmane voilées, qui sont déjà fortement stigmatisées et mises à l’écart de la vie sociale, politique et économique, comme le démontrent de nombreuses enquêtes », s'est insurgée Lila Charef, responsable du pôle juridique au sein du Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF). « On veut déjà leur interdire d'aller à l'Université, d'accompagner leurs enfants à l'école et désormais, certains aimeraient qu'elles n'aillent pas travailler. En agissant de la sorte, la maire de Saint-Gratien veut décourager les entreprises à engager les femmes qui portent un foulard », a-t-elle condamné avec force.
Dans cette croisade islamophobe, d’une rare férocité, qu’elle mène sans répit dans son fief, Jacqueline Eustache-Brinio vient de se discréditer un peu plus en soufflant sur les braises de la haine, à l’heure où la communauté musulmane privilégie une proximité lumineuse avec le Très-Haut, emplie de bienfaits et propice à une élévation de l’âme à des hauteurs qui sont inaccessibles à cette élue du peuple, tombée bien bas, dans le néant de sa pensée et de son racisme primaire.

