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La lamentable Histoire de l’association Vivre l’Islam et de l’émission musulmane sur France 2 (partie 3 sur 5)

Nous publions la suite de la lamentable histoire de l’association vivre l’islam et de l’émission musulmane sur France 2. Afin de mieux saisir le présent article, il est indispensable de se référer aux précédents épisodes accessibles à partir du lien situé à la fin de cet article.

CINQUIEME EPISODE  : PLUS ÇA CHANGE PLUS C’EST LA MEME CHOSE (fin de l’année 2000)

A partir de fin octobre 2000, le délai fixé par le ministère pour changer de président était écoulé. Il n’y avait toujours pas d’aboutissement de la « Consultation ». La situation restait peu satisfaisante. La présidence de l’association semblait devoir échoir à Baya, dont nous avons déjà parlé, personne en bons termes avec les membres du cabinet. Cela paraissait une excellente chose. Malheureusement cette relation avec le ministère n’en faisait pas la personne la plus apte à prendre les décisions radicales qui s’imposaient dans l’anarchie ambiante, dans la mesure où ledit ministère ne souhaitait rien d’autre que voir perdurer la situation en attendant l’installation d’une équipe émanant de sa « Consultation ». Aussi, dans le souci de bien marquer sa désapprobation de toute cette confusion, Mounsif, réélu au bureau en juin précédent mais désespéré de sortir quelque chose de la pagaille, en démissionna dans les premières semaines de novembre 2000, restant à disposition toutefois pour d’éventuelles réformes. L’association élut alors présidente la personne pressentie, Baya, qui put être une interlocutrice efficace dans une telle optique. Peut-être ne comprit-elle pas cependant le souci de bien séparer l’opérationnel de l’associatif et elle se crut, comme le président précédent, investie de la responsabilité directe de l’émission alors que le rôle de l’association était une tutelle intellectuelle, morale et politique. Une fois de plus les confusions hiérarchiques et fonctionnelles engendraient la plus grande anarchie. Cela était d’autant plus évident que les précédents responsables, qui avaient organisé tout le dispositif à leur avantage, de manière à en tirer des profits d’argent et d’image, étaient toujours en place et continuaient à se rémunérer. Ainsi, l’ancien président Moukhbir avait gardé une fonction de vice-président et le cumul, la confusion des genres, l’imprécision des fonctionnements divers, comptables en particulier, étaient toujours en vigueur.

Il est impossible ici d’être extrêmement précis sur ce point car personne, en dehors du groupe initial des quatre membres du premier bureau, n’a jamais pu accéder au moindre document comptable sérieux. Le trésorier ne fournit jamais que des généralités, des assurances, des récapitulations vagues, très satisfait de lui et persuadé de son efficacité. Mais le simple livre de compte, le relevé régulier de la banque, ne furent jamais montrés ni aux membres, ni au Conseil d’Administration. Au demeurant, la démonstration de vraies malversations n’était pas toujours facile en l’absence de documents authentiques et sans preuves absolument incontestables, difficiles à se procurer. En quatre ans d’existence, il fut voté une seule fois un quitus financier, lors de l’assemblée générale de juin 2000. On approuva les comptes établis par l’expert comptable de l’émission, très généraux et peu accessibles à de non spécialistes, nous l’avons vu dans les précédents épisodes.

De toutes manières, après le mois de novembre 2000, sous la nouvelle présidence, demeuraient toujours, à la fois dans l’émission et dans le bureau, l’ancien président Moukhbir et l’ancien vice-président Makir, survivant, souvenons nous, de l’ancienne association « Connaître l’islam ». Par ailleurs, Zougagui, non réélu au Conseil d’administration demeurait en fait gestionnaire de l’argent en tant que responsable financier de l’émission elle-même, dans la mesure où aucun argent n’entrait dans l’association en dehors de celui fourni par France 2 pour payer les « employés ». A la demande de la nouvelle présidente de lui remettre les chéquiers, l’infâme Zougagui opposa le refus le plus catégorique et il se passa des mois avant que Baya pût en disposer. Pendant ce temps, Mounsif, toujours en lutte pour une organisation cohérente et une rigueur morale, lançait l’idée d’une refondation radicale sur la base des statuts qu’il avait rédigés pendant l’été 2000. Sur ce point, Baya était en total accord. La majorité des membres de l’association l’étaient aussi. L’ancien président Moukhbir et l’ancien vice-président Makir ne s’opposèrent pas à ce point de vue et appuyèrent même l’idée, qui avait été déjà lancée et agréée à la réunion de rentrée du Conseil d’Administration de septembre 2000. Une nouvelle réunion du 6 janvier 2001 confirma cette décision, entérina l’idée que l’association devait repartir sur de nouvelles bases, et le promoteur de cette politique, Mounsif, fut chargé de la mettre en pratique. Les deux pôles du projet étaient une ouverture de l’association, par le recrutement de nouveaux membres, et une réorganisation totale sur la base de nouveaux statuts. On pouvait se reprendre à espérer.

SIXIEME EPISODE  : ICI COMMENCE LE TEMPS DES TRAITRES (de janvier à mai 2001)

La présidente, élue depuis novembre 2000 tenta de se saisir alors de l’autorité réelle en ce début de l’année 2001. Mais trois personnes du bureau initial, Moukhbir, Makir et Zougagui, étaient toujours en position de faire des blocages, du fait de leur présence permanente autour de l’émission qu’ils avaient entièrement accaparée. Seul l’ancien secrétaire général Hasidate avait semble-t-il, pris du recul. De cette manière, il leur était possible de continuer à faire des émissions, de garder les cordons de la bourse et de semer un maximum de confusion pour empêcher l’association de fonctionner démocratiquement et d’exercer son contrôle. Malgré tout, la décision d’une refondation avait été prise et il était difficile de s’y opposer. Des noms de membres à recruter furent proposés et les statuts rédigés par Mounsif furent distribués afin que chacun y suggère ses amendements par écrit.

Au mois de mars, une réunion du Conseil d’administration entérina l’entrée dans l’association de nouveaux membres. Il fut aussi décidé d’imposer immédiatement une séparation radicale entre fonctions exécutives associatives et fonctions opérationnelles dans l’émission, avec interdiction absolue de se faire rétribuer si on appartenait au Conseil d’administration. Moukhbir et Makir cumulaient depuis toujours leur poste au Conseil d’Administration et leur participation à l’élaboration des émission, malgré de nombreuses mises en garde. Makir ne put rien faire d’autre qu’accepter le principe et démissionna du Conseil d’administration pour continuer à se faire payer dans les émissions. Moukhbir, ex président devenu vice-président en novembre 2000, discuta le principe de non-cumul. Il argua du fait que l’idée était surtout de ne pas toucher d’argent si l’on était au Conseil d’administration, mais que rien n’empêchait un cumul en cas de prestation bénévole. Cette interprétation prévalut et il lui fut permis de rester au Conseil d’administration et de continuer à s’occuper des émissions, sans être payé. Mounsif, présent à ce Conseil d’administration, aurait préféré une solution plus radicale et claire, évitant toute ambiguïté, mais il n’eut pas le temps, tenant compte toujours de la confusion de la réunion, phénomène sans cesse renouvelé dans cette association, de faire admettre son point de vue.

Quoi qu’il en soit Moukhbir se moquait bien de toutes ces décisions démocratiques. En effet, l’on apprendra plus tard, au début de l’année 2002, sur la base de documents fournis à France 2 par l’inamovible trésorier Zougagui qu’en réalité Moukhbir avait bel et bien continué à se faire payer comme auparavant. Mais en ce printemps 2001, personne n’en savait rien car personne ne put jamais avoir accès dans cette association au moindre document comptable. La présidente elle-même se les voyait refuser. Pourtant, à la fin des fins, devant l’insistance des membres, Zougagui finit par remettre le chéquier et quelques documents. A l’examen de ces derniers, la présidente donna sa démission pour ne pas entériner les pratiques qu’elle découvrait. Malheureusement, elle ne fournit pas alors la démonstration de vraies malversations. Les rumeurs de ce genre sont si fréquentes qu’il faut être extrêmement circonspect et n’agir qu’en possession de vraies preuves. Elles n’existaient pas réellement alors et une solution transitoire fut adoptée, en attendant la réunion d’une assemblée générale extraordinaire d’adoption de nouveaux statuts. Deux vice-présidents assumèrent une intérim. C’est à ce moment que Makir, qui venait de quitter le Conseil d’administration pour continuer à être payé se fit notablement augmenter sa rétribution. Cette dernière était toujours payée en droits d’auteur, comme celle de tous ceux qui profitaient financièrement de l’émission. Il faut dire en effet que les droits d’auteur sont ponctionnés dix fois moins que les salaires.

C’est à ce moment qu’il recruta, sans demander le moindre avis au Conseil d’Administration, sur la base d’un obscur arrangement financier, un nouvel employé, par ailleurs enseignant. Cette méthode illustre le mode de gestion privilégié par celui qu’on retrouve toujours, survivant de toutes les batailles, depuis « Connaître l’islam » jusqu’aux derniers avatars de « Vivre l’islam ». La recrue, Moughtar faisait partie des gens qui avaient été recrutées au mois de mars 2001 en vertu de la politique d’ouverture et d’appel à des compétences meilleures, imposée par Mounsif. Certains le pensaient rigoureux. Mounsif, lui, nourrissait quelque inquiétude à voir le nouveau venu si prompt à entrer dans les mœurs malsaines des islamo-voyous qui tenaient l’émission. Il n’allait pas tarder à constater que ce n’était pas encore le pire.

Halim Laïdi

 

A suivre

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