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Koweït : une députée crée la polémique pour avoir critiqué une campagne de promotion du hijab

Première femme à siéger dans le temple législatif du Koweït depuis que ses concitoyennes ont, en 2005, obtenu le droit de vote et d’éligibilité, Safa Al Hashem, 54 ans, a défrayé la chronique pour avoir vivement désapprouvé la campagne promotionnelle en faveur du port du voile qui a fleuri dans le paysage urbain, s’exposant à tous les regards, aux carrefours névralgiques des cités phares de son pays.
« Un pays doté d’une Constitution qui garantit la liberté personnelle ne devrait pas tolérer de telles publicités ! », s’est-elle indignée récemment, en s’interrogeant sur les objectifs poursuivis par le ministère des Awqaf et des Affaires islamiques, le concepteur de cette vaste opération de communication, tout en demandant instamment à ce que soient retirées ces affiches qui, à ses yeux, l’affichent plutôt mal…

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’une campagne qui renforce l’unité nationale et ne favorise pas les divisions !!! Je viens de contacter le Ministre des Dotations pour qu’il mette un terme à cette campagne. Il a promis d’agir dans ce sens toutes affaires cessantes ». Très remontée, la députée koweïtienne a laissé éclater sa colère sur Twitter, fustigeant une campagne de la discorde dont le slogan « Mon hijab rend ma vie meilleure », perçu comme lourd de sens, envoie un mauvais signal aux citoyennes qui ne l’arborent pas : il les met d’office au ban de la société.
Loin d’elle l’idée de proscrire le port du voile islamique car, comme elle l’a réaffirmé avec force sous le feu nourri de critiques que ses tweets ont déclenché, le combat qu’elle mène est celui de la préservation du libre choix des femmes de se vêtir comme bon leur semble, au nom de la fragile « unité nationale ».
Stoïque dans la tempête de protestations que ses prises de position ont soulevée, Safa Al Hashem a persisté et signé. Elle a insisté sur le devoir qui lui incombe, en tant que première femme à avoir conquis les suffrages au Koweït, de veiller au respect de toutes ses concitoyennes, sans exclusive, et à ce que l’une de leurs libertés individuelles fondamentales ne soit pas bafouée.
« Je n’ai pas attaqué le port du hijab et je crois toujours que le porter relève d’un choix personnel et d’une liberté individuelle essentielle. Autour de moi, dans ma famille ou parmi mes connaissances, il y a tellement de femmes que je connais qui sont des hijabis !! », a-t-elle clamé haut et fort en conférence de presse.
Mais sa voix, dont la dissonance a heurté bien des oreilles, semble s’être perdue dans le bruit assourdissant de la polémique qui a retenti au Koweït, dans le monde réel comme virtuel.

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