Menu
in ,

Israël bombarde l’Iran : la guerre préventive comme doctrine, l’impunité comme stratégie

Tandis que Gaza est toujours en ruines, Israël ouvre un nouveau front. Deux cents avions de chasse ont mené une offensive massive contre Téhéran et plusieurs villes iraniennes, dans ce que Tel-Aviv présente comme une opération “préemptive”. L’Iran promet de riposter. La région est au bord du gouffre.

Une nuit de feu sur l’Iran : 200 avions en mission de destruction

Peu après minuit, des explosions d’une intensité rare ont secoué Téhéran. En quelques heures, 200 avions de combat israéliens ont frappé une centaine de cibles militaires et stratégiques à travers l’Iran. Les frappes ont visé la base militaire de Shian, le centre de commandement des Gardiens de la révolution, ainsi que plusieurs immeubles résidentiels dans la capitale. D’autres sites clés ont été ciblés : la base de Parchin à l’est, l’arsenal de missiles de Bid Kaneh à l’ouest, et des installations nucléaires majeures à Natanz, Isfahan, Arak et Tabriz.

L’objectif est clair : au-delà des infrastructures, ce sont les cerveaux et les symboles du pouvoir militaire iranien que l’opération cherchait à anéantir. Six scientifiques du programme nucléaire ont été tués. Mais les pertes humaines les plus lourdes pour le régime iranien sont politiques.

Deux figures clés du pouvoir militaire iranien éliminées

Parmi les morts figure le général Mohammad Bagheri, chef d’état-major des forces armées depuis 2016. Artisan du programme balistique iranien et proche du guide suprême Ali Khamenei, il jouait un rôle stratégique dans la projection militaire de l’Iran en Syrie, en Irak et au Liban. Cible de longue date pour Israël, Bagheri avait été sanctionné en 2022 pour son rôle dans la livraison de drones à la Russie en pleine guerre en Ukraine.

Publicité

Autre perte majeure : le général Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la révolution. Ancien vétéran de la guerre Iran-Irak, il était considéré comme l’un des piliers les plus influents de l’appareil sécuritaire de la République islamique. Sa disparition pourrait bouleverser l’équilibre interne du pouvoir à Téhéran.

“Ce n’est pas une guerre”, assure pourtant l’ambassadeur israélien en France. Mais qui envoie 200 avions sans déclencher une guerre ? Cette opération s’inscrit dans la doctrine de la “guerre préemptive”, un concept flou brandi pour justifier des frappes préventives en l’absence d’agression avérée. Introduit par les États-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003, ce cadre permet d’agir unilatéralement sans mandat de l’ONU. Pourtant, le droit international est limpide : seule une agression en cours peut justifier la légitime défense armée.

Alors que le Conseil de sécurité reste paralysé par le veto américain, l’Assemblée générale de l’ONU, de son côté, a adopté à une écrasante majorité une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat, permanent et inconditionnel à Gaza : 149 voix pour, 12 contre, 19 abstentions. Un signal politique fort, même s’il reste symbolique. Le contraste entre cette résolution pacifique et les bombes qui pleuvent sur l’Iran en dit long sur les priorités diplomatiques actuelles.

Un message à l’ensemble du Moyen-Orient

Au-delà du programme nucléaire, cette opération marque une volonté assumée d’imposer par la force la domination israélienne sur l’ensemble de la région. Washington, informé à l’avance, a déployé un escadron de F-15 en Jordanie pour intercepter une possible riposte iranienne, notamment une centaine de drones qui seraient en vol vers Israël. Amman a fermé son espace aérien, refusant que son territoire soit utilisé dans ce conflit.

Téhéran, de son côté, promet une réponse. Le gouvernement iranien affirme que ces frappes ne font que renforcer sa détermination à enrichir de l’uranium et à développer ses capacités de défense. “On ne parle pas à un régime prédateur autrement que par la force”, déclare-t-il.

Israël, déjà accusé de crimes de guerre à Gaza, pousse plus loin encore sa logique de puissance brute. Deux cents avions de chasse, une offensive à l’échelle d’une guerre, des figures stratégiques éliminées, et le silence gêné d’une partie de la communauté internationale. À l’heure où les civils de Gaza meurent de faim et où les institutions onusiennes appellent à un cessez-le-feu, Tel-Aviv choisit l’escalade. L’impunité militaire devient stratégie politique. Et pour l’instant, personne ne semble prêt à l’arrêter.

Laissez un commentaire

Quitter la version mobile