Elvis Presley en aurait rêvé, les Irakiens l’ont fait: les jeunes révoltés de la place Tahrir à Bagdad arborent d’imposantes coupes de cheveux gominés et bananes façon rockabilly, des “crêtes de coq” qui fleurissent sur les têtes et témoignent d’une libération des esprits. “La révolution a tout changé. Maintenant, (…) nous sommes libres”, clame Qassem, l’air grave sous la tente où il distribue thé et biscuits gratuits aux manifestants. “On peut aussi se lâcher”, enchaîne-t-il, un soudain sourire en coin. “Et donc je me suis inventé un nouveau style”, dit le gaillard, en levant les yeux vers l’imposante banane graisseuse rectangulaire qui lui sert de coiffe.
