Les récentes arrestations par les services de sécurité de l’Autorité Palestinienne d’intellectuels, de militants associatifs et d’anciens prisonniers politiques (dans les geôles d’Israël) ont suscité une vague d’indignation chez les amis de la Palestine et un malaise qui les oblige à réagir.
Les images de militants connus et respectés, bousculés, parfois frappés et ensuite arrêtés ont été très choquantes et pourraient être graves de conséquences pour la cause palestinienne.
Pourtant, ces militants voulaient tout simplement manifester pacifiquement contre la politique de l’Autorité palestinienne, ce qui est un droit fondamental dans un pays qui se veut démocratique, et encore plus dans un pays sous occupation qui doit mobiliser ses citoyens pour faire face à celle-ci.

Ces personnes réclamaient une enquête sur la mort fin juin du militant Nizar Banat, alors qu’il était détenu par les forces de sécurité palestiniennes. Elles demandaient également de fixer un calendrier pour des élections législatives et présidentielles. Élections qui étaient prévues en mai et juillet, puis reportées, provoquant ainsi une forte déception chez la population palestinienne qui était très enthousiaste pour le renouvellement des institutions palestiniennes.
Ces militants qui voulaient également que soit mis fin à la détention politique par l’AP pour créer un environnement sain, favorisant la lutte contre l’occupation israélienne, méritaient d’être écoutés et certainement pas d’être traités comme des délinquants.
Plusieurs de ces militants sont aussi nos partenaires de la société civile palestinienne. Ils jouissent d’une forte popularité chez la population et sont la boussole des mouvements de solidarité avec la Palestine. Ils font un travail gigantesque dans la documentation des politiques d’occupation et de répression israéliennes, et un travail remarquable dans la constitution et le renforcement de réseaux de solidarité.
Leur arrestation était une faute grave, ne pas les écouter serait encore pire.
Le Bureau national de l’Association France Palestine Solidarité
Pour rappel par la rédaction Oumma : la mort violente, jeudi 24 juin 2021, du militant palestinien Nizar Banat dans les locaux de la sécurité palestinienne (il a été roué de coups), suscita une immense émotion parmi ses concitoyens. Ses vidéos critiquant l’Autorité palestinienne et ses basses compromissions en avaient fait la bête noire de Mahmoud Abbas.
Cible de menaces de plus en plus explicites et insistantes de la part du pouvoir, qu’il comptait braver en se présentant aux élections législatives avant leur report soudain, cet ancien membre du Fatah laisse derrière lui une veuve et cinq enfants éplorés, et un peuple en deuil, mais plus que jamais combatif. Un peuple indigné qui, depuis l’annonce de son martyre, appelle au départ du président palestinien.