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Nobel de la paix : Navi Pillay récompensée après avoir dénoncé le génocide à Gaza, Washington sanctionne la CPI et protège les criminels de guerre

Le jour où le prix Nobel de la paix récompense une figure de la justice internationale, l’administration Trump sanctionne la Cour pénale internationale. D’un côté, une femme honorée pour son combat contre l’impunité. De l’autre, une puissance qui s’attaque aux juges dès qu’ils demandent des comptes aux dirigeants israéliens.

Vendredi 9 octobre, le Comité Nobel norvégien a attribué le prix Nobel de la paix 2026 à Navi Pillay. À 85 ans, la juriste sud-africaine est récompensée pour son engagement en faveur de la paix et du droit international. Ancienne haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, passée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda et la Cour pénale internationale, elle défend une exigence simple : personne ne devrait pouvoir échapper à la justice grâce à son pouvoir.

Quelques heures plus tard, Washington annonçait des sanctions visant la CPI elle-même, après avoir déjà frappé plusieurs de ses magistrats et procureurs. Cette escalade intervient alors que la Cour a délivré des mandats d’arrêt contre  le génocidaire Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant . Aucun lien de causalité n’est établi entre l’attribution du Nobel et les nouvelles sanctions. Mais le contraste est accablant : pendant que le Comité Nobel honore la justice internationale, Washington s’attaque à l’institution qui entend demander des comptes au Premier ministre israélien.

Voilà le message de l’administration Trump : la justice peut poursuivre les autres, mais elle doit laisser Netanyahou tranquille. Quand les juges s’intéressent aux dirigeants israéliens, Washington utilise sa puissance pour leur mettre des bâtons dans les roues. Cette politique fait de la protection d’Israël un passe-droit et de l’indépendance des magistrats un obstacle à abattre.

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Les conséquences dépassent le sort d’un dirigeant. Aux victimes qui réclament justice, les États-Unis opposent la protection de leur allié. Aux magistrats qui cherchent à établir les responsabilités, ils répondent par des sanctions. Washington punit ceux qui poursuivent et protège ceux qui sont poursuivis. Le renversement est aussi brutal que honteux.

Cette logique figurait déjà dans le décret signé par Donald Trump le 6 février 2025. Washington y affirmait son opposition aux actions de la CPI visant les États-Unis, Israël ou certains de leurs alliés, et exigeait de ses partenaires qu’ils s’y opposent également. L’administration américaine entend donc faire accepter ses passe-droits au reste du monde. Comment prétendre défendre le droit international tout en s’attaquant aux juges qui l’appliquent à Israël ? Comment donner des leçons de justice tout en cherchant à soustraire le génocidaire  Netanyahou aux poursuites ?

Le parcours de Navi Pillay rend cette contradiction plus criante encore. La commission d’enquête de l’ONU qu’elle présidait a conclu, en septembre 2025, qu’Israël commettait un génocide à Gaza. Israël a rejeté cette conclusion.  Le Nobel récompense une femme qui a consacré sa carrière à la lutte contre l’impunité. L’administration Trump, elle, déploie sa puissance contre une cour qui ose poursuivre les dirigeants de son allié israélien. Washington peut continuer à parler de paix, de liberté et de justice. Ses actes exposent une effroyable politique de deux poids, deux mesures : les grands principes dans les discours, la protection du génocidaire  Netanyahou dans les faits.

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