Nous reproduisons le courrier de Néli, car il s’agit d’une histoire vraie, celle d’un bébé de 8 mois morte asphyxiée dans une maison peu hermétique de Gaza par les gaz lacrymogènes largués par l’armée israélienne. Et ensuite, on vient nous parler d’armes chimiques dans d’autres pays…
Chers tous,
Vous êtes bien sûr au courant des 60 morts hier à Gaza.
J’ai reçu hier après-midi un message complètement affolé de Samah, qui avait soudain vu sa “maison” (une pièce avec le toit troué) envahie de gaz lacrymogène et avait pris ses trois enfants et couru pour pouvoir respirer et faire respirer ses trois petits. Ensuite, elle m’a appelée pour me dire qu’elle était loin de chez elle, avec les enfants, que son mari était à la manif près de la barrière avec Israël et qu’elle ne savait pas quoi faire, qu’ils n’avaient rien à manger ni à boire, et qu’elle ne savait pas quand elle pourrait rentrer chez elle, et que même à la maison sa famille n’était pas en sécurité.
J’ai essayé de la calmer et de la convaincre de rentrer, pensant que c’était plus le stress que la réalité qui l’avait chassée de chez elle. Et ce matin, j’ai appris la mort d’une petite fille de 8 mois, chez elle, à la maison, qui a succombé au gaz lacrymogène largué par Israël. Voici la photo de son enterrement prise aujourd’hui. Donc, Samah avait bien raison de s’enfuir… Aujourd’hui, il y a eu 60 enterrements à Gaza, et Samah – et les autres je pense – se sent abandonnée par le monde. Cette situation est insupportable.
amicalement,
Néli
CAPJPO-EuroPalestine
Gaza : Des bébés asphyxiés par les gaz lacrymogènes largués par Israël

