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France : dénoncer les crimes de génocide d’Israël, c’est immoral ?

Le 17 janvier dernier, le Ministre français des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a déclaré que «accuser l’État juif de génocide, c’est franchir un seuil moral».

Ces propos sont particulièrement graves, bien qu’ils ne soient pas étonnants au regard des positions prises par la France depuis le début de ce nouvel épisode de violences de masse perpétrées contre les civils palestiniens.

A entendre Monsieur le Ministre, nous serions, comme dans une forme d’inversion des valeurs universelles, des immoraux, nous qui sommes des millions à travers le globe à dénoncer la guerre impitoyable que mène Israël aux Palestiniens et qui s’apparente bien à un génocide au regard de ses effets et de ses conséquences sur le peuple palestinien : extermination, en un peu plus de 100 jours, de plus de 25 000 personnes, dont la moitié sont des enfants, plus de 50 000 blessés, des journalistes, des ambulances et des hôpitaux particulièrement visés, des milliers de civils raflés, faits prisonniers et humiliés, près de 2 millions de personnes déplacées de force, destruction systématique de toutes les infrastructures et des habitations de plus de la moitié de la bande de Gaza, utilisation probable de phosphore blanc, plusieurs milliers de tonnes de bombes larguées sur les civils, …

Ces propos sont graves parce qu’ils tendent à nier une réalité visible par tous, exprimée sans équivoque et pleinement assumée par les responsables israéliens eux-mêmes, avec images à l’appui de ce qui s’apparente à des actes de guerre et de génocide, et sur lesquels enquêtent et instruisent des juridictions internationales. Ces images tournent en boucle depuis plus de 100 jours sur les réseaux sociaux et sur les rares médias qui ont préservé un minimum de professionnalisme.

Mais ces propos sont particulièrement graves car ils vont beaucoup plus loin que cet alignement sur les éléments de langage d’un gouvernement israélien conduit et composé de fanatiques et de suprématistes, dans la mesure où ils laissent entendre que parce qu’il s’agit d’Israël et du caractère juif de cet État, ces actes ne peuvent en aucun cas être qualifiés de génocide.

Par conséquent, et selon ces déclarations gravissimes, les crimes commis par l’Etat d’Israël ne pourraient lui être imputés du fait de la nature même du caractère juif de cet Etat, quoi qu’il commette comme crime de masse, de guerre, de génocide et de crimes contre l’humanité ?!

Il y aurait donc un cas d’exclusion (divin ?), exclusivement réservé à Israël !

Cette posture assure à l’Etat d’Israël et à ses dirigeants, dont le comportement n’a rien à envier aux Etats voyous dénoncés ici et là par l’occident, l’impunité totale et permanente, les encourage à déstabiliser toute la région, à commettre toutes les horreurs possibles et les place au-dessus de tous et du droit international, celui la même que la France s’évertue à opposer aux autres, ceux à qui on impute avec zèle toutes les violations des droits de l’homme possibles pour justifier toutes sortes de sanctions contre eux.

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Cette posture qui renforce l’abject deux poids deux mesures, est inacceptable parce qu’elle est profondément injuste, immorale et contraire au droit international et aux valeurs et principes que la France prétend incarner, en particulier au moment même où la Cour Pénale Internationale et la Cour Internationale de Justice sont saisies sur les crimes de guerre et de génocide commis par Israël contre les populations civiles palestiniennes.

Persister à nier l’évidence et s’employer à couvrir systématiquement et en permanence les agissements criminels de l’Etat d’Israël c’est se rendre, d’une manière ou d’une autre, complice de ces crimes.

En tout état de cause cela participe à éloigner de plus en plus la France, pour cause d’auto disqualification, de toute prétention à jouer un rôle de tiers de confiance fiable pour faire droit aux légitimes revendications des Palestiniens et pour l’instauration de la paix dans la région.

Pourtant, le peuple français, par sa mobilisation soutenue et permanente en faveur de l’arrêt de l’occupation israélienne et du droit du peuple palestinien à un Etat, a montré le chemin, et ce malgré les instructions pour interdire les manifestations de soutien au peuple palestinien et l’alignement de tout le gotha médiatique et politique, à l’exception notable du parti de la France Insoumise, sur les éléments de langage du gouvernement fanatique et suprémaciste israélien.

 Zoheir Rouis

Vice-président de Jil Jadid

 

 

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