Arrêtés à bord d’un bateau humanitaire qui tentait de briser le blocus de Gaza et dénoncer le génocide en cours , six ressortissants français ont été placés en rétention par les autorités israéliennes. L’un d’eux a accepté d’être expulsé sans attendre, tandis que les cinq autres, dont l’eurodéputée Rima Hassan, ont refusé de signer le formulaire imposé par le régime d’apartheid israélien. Ils seront présentés à un juge dans les prochains jours. Greta Thunberg, également arrêtée sur le navire, a été renvoyée en France dans la foulée, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.
Mais derrière ces arrestations, c’est une autre affaire qui secoue une partie de la communauté internationale : l’arraisonnement de cette flottille a eu lieu en eaux internationales. Un acte clairement contraire au droit maritime, qui ne semble pourtant pas troubler les autorités israéliennes — ni provoquer de condamnation franche côté occidental.
« Le droit international est indivisible, tout le monde doit le respecter, même Israël », rappelait récemment le journaliste Jean-Michel Aphatie. Mais à voir la passivité de certaines chancelleries, on en vient à douter que ce principe ait encore un sens face à un allié stratégique, responsable d’un génocide en cours en toute impunité. Deux poids, deux mesures qui alimentent la colère dans une large partie du monde, du Proche-Orient à l’Amérique latine, en passant par l’Afrique et l’Asie.
À Paris, Emmanuel Macron a dénoncé un « scandale » humanitaire à Gaza et promis que la France assurerait la protection de ses ressortissants. Mais sur le terrain, les faits sont là : des militants pacifiques, arrêtés illégalement en mer, risquent l’expulsion ou des poursuites, pendant que les violations du droit se banalisent dans un silence complice. Des rassemblements ont eu lieu lundi soir un peu partout en France pour soutenir les membres de la flottille. Dans la rue comme sur les réseaux, une même question revient : jusqu’à quand l’illégalité israélienne sera-t-elle ainsi couverte ?

