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Etats-Unis : le Vermont élit le premier président musulman d’un parti politique à l’échelle fédérale

Il a fait du chemin depuis son Pakistan natal, quitté en famille pour l’eldorado US, étoilé et mythifié, lorsqu’il avait à peine 8 ans, Faisal Gill, 44 ans, avocat de son état et transfuge du parti républicain vers le camp démocrate, est entré par la grande porte dans l’histoire de son pays d’adoption en sa qualité de premier président musulman d’un parti politique à l’échelle fédérale.

Hissé, samedi dernier, tout en haut de la pyramide des Démocrates du Vermont, l’Etat où il vit seul avec ses enfants après avoir divorcé de sa femme, Faisal Gill tutoie à présent les cimes grisantes du pouvoir local et de la notoriété nationale, en ayant réussi un sacré tour de force : capitaliser sur son parcours effectué dans l’adversité, sous l’ère Bush de sinistre mémoire, au sein du département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis.

Ce n’est pas un mince exploit que vient de réaliser ce fils d’immigrés, né à Karachi dans un foyer appartenant à la classe moyenne, dont les parents dévoués travaillèrent à la sueur de leur front pour lui permettre, ainsi qu’à son frère unique Kaiser, de toucher du bout des doigts le rêve américain.

En effet, précédé ou poursuivi par la révélation, en 2004, de son placement sous haute surveillance par la National Security Agency (NSA), Faisal Gill, qui était entré à son insu dans le club très fermé de la fine fleur des Américains musulmans espionnée quotidiennement, est parvenu malgré tout à s’imposer comme l’homme de la situation auprès de ses pairs démocrates du Vermont.

A ses yeux, son élection à marquer d’une pierre blanche est un signal fort adressé à l’administration Trump et à son décret anti-immigration éminemment islamophobe. « En tant qu’immigré, originaire d’un pays musulman, et premier président musulman d’un parti politique à l’échelle fédérale, j’estime que ma nomination envoie un message fort à Trump. Sa politique d’immigration désastreuse trahit les valeurs américaines », a-t-il martelé sur NBC.

« Le Parti républicain est tout simplement un parti qui ne s’adresse plus aux minorités du pays. C’est un niveau de haine sans précédent, attisé par Trump, qui a porté ce dernier au pouvoir et le parti dans son ensemble souffle sur les braises », a grandement déploré ce républicain repenti qui milita pour le sénateur démocrate Bernie Sanders, ce natif du Vermont célébré en héros local, lors de la course effrénée et calamiteuse à la Maison Blanche.

Quand on sait de surcroît que le Vermont est composé à 95% d’une population blanche et non musulmane, on mesure d’autant mieux le caractère exceptionnel de l’irrésistible ascension de Faisal Gill.

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