Les partis arabes pourraient jouer un rôle majeur après les élections législatives israéliennes. La Liste unifiée, qui réunit trois formations laïques — Hadash, Ta’al et Balad — principalement ancrées dans la population palestinienne d’Israël, désignée comme « arabe » dans la terminologie officielle, est créditée de 10 sièges. Ra’am, la Liste arabe unie dirigée par Mansour Abbas et d’orientation islamique, en obtiendrait 7. Ces projections porteraient leur total à 17 députés, dans la fourchette des premières estimations, qui leur attribuaient entre 16 et 18 sièges. Les résultats partiels rapportés par Reuters mercredi matin leur en accordaient toutefois 15. Alors que le dépouillement se poursuit, ni le camp de Benjamin Netanyahu ni celui de son rival Gadi Eisenkot n’atteint les 61 sièges nécessaires pour gouverner. Ces chiffres restent provisoires.
Ce résultat souligne le poids politique des citoyens arabes d’Israël, alors que leurs représentants restent souvent méprisés et tenus à l’écart du pouvoir. Benjamin Netanyahu refuse de former un gouvernement dépendant de leur soutien. De son côté, Gadi Eisenkot a lui aussi largement écarté une alliance avec eux. Pourtant, les deux camps se retrouvent face à une réalité : les partis arabes comptent au Parlement et pourraient peser dans la recherche d’une majorité. Reste à savoir si ce poids électoral se traduira par une réelle place dans les négociations. La Liste unifiée et Ra’am pourraient notamment permettre à un gouvernement minoritaire de se maintenir grâce à un soutien extérieur. Mais si les refus de coopération persistent, le pays risque de connaître un nouveau blocage, voire de nouvelles élections.
Dans une analyse publiée sur X après une interview sur CNN International, Danny Citrinowicz, ancien chef de la branche Iran du renseignement militaire israélien et chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), estime qu’Israël semble se diriger vers un blocage politique. Malgré les gains du Likoud, Netanyahu n’aurait pas de voie claire pour former un gouvernement, tandis qu’Eisenkot aurait besoin du soutien des partis arabes, qu’il s’est engagé à ne pas solliciter. Danny Citrinowicz souligne également qu’une reprise de la confrontation militaire avec l’Iran, qu’il considère comme une possibilité sérieuse, pourrait modifier la donne et offrir à Netanyahu l’occasion de plaider pour un gouvernement d’union nationale afin de se maintenir au pouvoir.
Les résultats définitifs permettront d’y voir plus clair.

