L’Algérie a officialisé, lundi 26 octobre, sa décision d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire au Niger. La présidence explique que cette mission répond à une demande des autorités nigériennes et vise à protéger les intérêts économiques et énergétiques partagés par les deux pays. Cette décision intervient après l’approbation des deux chambres du Parlement, réunies la veille à huis clos. Le communiqué ne précise ni les effectifs engagés ni le calendrier du déploiement.
Classée deuxième puissance militaire africaine derrière l’Égypte par Global Firepower en 2026, l’Algérie dispose de l’une des armées les plus puissantes du continent. L’envoi annoncé de militaires au Niger constituerait son premier déploiement officiel à l’étranger depuis 1973. Il marque un tournant historique dans une doctrine longtemps attachée à la non-intervention hors des frontières, alors qu’Alger entend désormais mobiliser ses forces pour sécuriser ses intérêts chez son voisin.
Au-delà de la mission de protection affichée, cette décision peut également se lire comme un message de fermeté adressé aux puissances qui disputent à Alger son influence régionale. L’analyste Abdellah Akir y voit notamment un signal destiné au Maroc et aux Émirats arabes unis. Selon cette lecture, l’Algérie affirme sa volonté de peser davantage sur les équilibres au Sahel, en donnant une dimension militaire concrète à la défense de ses intérêts stratégiques.

