À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, alors que les républicains risquent de perdre le contrôle de la Chambre des représentants, Donald Trump ressort sa vieille recette : agiter la peur et désigner les musulmans comme suspects. Quand les urnes menacent, tous les amalgames deviennent bons pour mobiliser son électorat. Dimanche 25 octobre, dans le Michigan, il a encore réglé une affaire avec les moyens du bord : un préjugé et un micro. Il a qualifié le candidat démocrate au Sénat Abdul El-Sayed de « djihadiste » et lui a prêté une appartenance aux Frères musulmans, sans preuve, que l’intéressé dément. Pourquoi s’embarrasser d’un dossier quand on peut agiter un épouvantail ?
Trump a même suggéré qu’El-Sayed devrait passer sous un détecteur de métaux avant d’entrer au Sénat. La plaisanterie de comptoir, avec la puissance de la présidence américaine derrière. La ficelle est usée jusqu’à la corde : l’épouvantail islamiste, ce fourre-tout brandi mille fois pour faire peur et éviter de débattre. Un prénom suffit à faire un suspect et un coupable. Cela dispense de discuter ses propositions. Cela permet surtout de faire applaudir sa haine des musulmans en la faisant passer pour du patriotisme.
Il faut reconnaître à Trump un talent particulier : vendre la même peur depuis des années en donnant l’impression d’avoir découvert quelque chose. À l’approche du scrutin, ce bonimenteur recycle sa haine sous emballage patriotique. Faute de convaincre sur le bilan, il mise sur l’épouvantail.

