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Des princesses saoudiennes retenues captives par la famille royale

L’affaire, si elle est avérée, n’a rien d’un secret d’alcôve éventé par une ex-épouse qui assouvirait sa vengeance, mais témoigne davantage du drame vécu par une mère, dont les quatre filles sont assignées à résidence à l’ombre de somptueux palais saoudiens depuis 13 longues années, retenues captives par leur père, le roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, et la famille royale.

La femme qui ose lever un coin du voile sur cet interminable cauchemar qui se passe derrière les portes cossues de forteresses impénétrables, n’est autre que Alanoud Alfayez, l’ancienne femme du monarque absolu, issue de la haute société jordanienne, qui mena une vie de princesse avant de connaître les affres du divorce en 2003, d’être contrainte de quitter le pays, et d’assister, impuissante, au basculement dans l’horreur de l’existence de ses enfants. Des enfants dont elle est cruellement privée depuis 10 ans et qui occupent ses pensées à chaque instant.

Depuis sa terre d’asile londonienne, celle-ci sort aujourd’hui de sa réserve pour faire éclater le scandale au grand jour, après avoir dénoncé le silence complice des médias internationaux, affirmant dans les colonnes du Sunday Times que ses malheureuses filles, princesses du royaume, ont été "emprisonnées, retenues contre leur gré, coupées du monde", les décrivant comme "systématiquement droguées et forcées de prendre des substances toxiques".

Contactées par les journalistes de l'hebdomadaire britannique, les princesses Sahar, 42 ans, et Jawaher, 38 ans, ont confirmé dans des courriels et lors d’entretiens téléphoniques la véracité des faits, en précisant que, dans un raffinement de cruauté, elles ont été séparées de leurs deux autres sœurs, Hala, 39 ans, et Maha, 41 ans, ces dernières vivant cloîtrées dans des lieux tenus secrets, soumises au bon vouloir de l'un de leurs demi-frères.

Déterminée à aller jusqu’au bout de sa démarche, Alanoud Alfayez a écrit au Bureau du Haut Commissaire aux droits de l'homme (HCDH), qui aurait saisi Rashida Manjoo, la rapporteuse spéciale de l'ONU spécialisée dans la violence faite aux femmes. "Mes quatre filles sont en résidence surveillée, et c’est une question humanitaire. Je n’ai pas peur du mot. Mes filles sont condamnées à une mort lente et douloureuse, vu que leur santé est mise en jeu de façon permanente. Voilà déjà 12 ans que ma vie n’est qu’une douleur continue, il n’y a pas une seule minute où je ne souffre pas pour mes filles. Imaginez que vos enfants soient en difficulté, vous demandez de l’aide, mais personne ne vous entend", s’indignait cette mère, toujours princesse en titre, en novembre 2013, dans une interview accordée à la Voix de Russie,désespérant de voir une once de magnanimité infléchir la tyrannie royale.

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