Depuis leurs citadelles respectives, réputées imprenables sauf pour le virus ravageur qui part à l’assaut de tous les remparts, les puissants de ce monde ont participé hier, jeudi 26 mars, à un sommet de crise extraordinaire à plus d’un titre.
Placé sous les auspices de l’Arabie saoudite, ce sommet inédit, car totalement virtuel, a été présidé par le vieux roi Salman en personne, lequel ne s’attendait certainement pas à devoir un jour s’adresser au fameux groupe des 20 (G20) via un immense écran interposé.
Il aura fallu que le terrible péril du Covid-19 s’abatte sur la planète entière pour que le monarque saoudien, âgé de 84 ans, exhorte les dirigeants internationaux à faire « front commun », retranché dans son palais doré et devant une mosaïque de visages.

Alors que l’effroyable pandémie que, pour l’heure rien n’enraye, fait de plus en plus de victimes (à ce jour, près de 26 000 morts sont à déplorer) et contraint plus de trois milliards de personnes à se claquemurer chez elles, loin de paysages urbains aux allures fantomatiques, les puissants d’un monde fortement ébranlé et endeuillé semblent déterminés à unir leurs forces.
Dans le communiqué officiel commun qui, une fois n’est pas coutume, a été publié très rapidement, quelques minutes seulement après la clôture de la réunion par le roi Salman, la volonté conjointe de mettre en œuvre une action parfaitement concertée et la plus large et efficace possible contre le virus et ses répercussions désastreuses, tant sur le plan humain qu’économique, a transparu noir sur blanc.
«Le G20 est déterminé à faire tout ce qu’il faut pour surmonter la pandémie, avec l’Organisation mondiale de la santé, le Fonds monétaire international, le Groupe de la Banque mondiale, les Nations Unies et d’autres organisations internationales, travaillant dans le cadre de leurs mandats existants. Nous sommes déterminés à ne ménager aucun effort, à la fois individuellement et collectivement », ont déclaré les dirigeants internationaux.
« Nous allons injecter plus de 5 000 milliards de dollars dans l’économie mondiale, dans le cadre d’une politique budgétaire, de mesures économiques et de systèmes de garantie ciblés pour contrer les impacts sociaux, économiques et financiers de la pandémie », se sont-ils résolument engagés à faire.
« Nous sommes fermement déterminés à présenter un front uni contre cette menace commune. Nous protégerons la vie humaine, rétablirons la stabilité économique mondiale et jetterons des bases solides pour une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive », ont-ils assuré, ajoutant : « Nous prendrons toutes les mesures de santé nécessaires et nous veillerons à trouver un financement adéquat pour juguler la pandémie et protéger les personnes, en particulier les plus vulnérables ».
Et de poursuivre : « Nous continuerons à apporter un soutien budgétaire audacieux et à grande échelle. L’action collective du G20 va amplifier son impact, assurer la cohérence et exploiter les synergies. L’ampleur et la portée de cette réponse permettront de remettre l’économie mondiale sur pied et de jeter des bases solides pour la protection des emplois et la reprise de la croissance ».
La grave menace sanitaire que fait planer le Coronavirus sur les pays africains les plus pauvres, dotés de systèmes de santé défaillants ou bien moins développés, a été également évoquée. « Nous considérons que la consolidation de la défense de la santé de l’Afrique est une clé pour la résilience de la santé mondiale ».
Enfin, au terme de ce sommet virtuel qui a déjà fait date, le groupe des 20 a unanimement salué la décision des autorités sportives internationales de reporter les Jeux Olympiques, qui devaient se dérouler cet été au Japon, au plus tard à l’été 2021, tous y décelant un « symbole de la résilience humaine ».