Alors que l’institution policière et les services de sûreté de la wilaya d’Alger s’enferrent dans leurs dénégations, dénonçant les « allégations sans fondement » portées contre le commissariat de Baraki, les quatre jeunes manifestantes algériennes, interpellées samedi 13 avril, qui ne sont pas ressorties indemnes de leur fouille au corps particulièrement humiliante, ont décidé de briser le silence.
Trois jours après que leur dignité humaine a été bafouée dans l’enceinte du poste de police où elles avaient été transférées, à 30 km de la capitale, leur laissant des séquelles psychologiques qui, pour être invisibles, n’en sont pas moins bien réelles, l’une des victimes, Hania Chabane, a franchi un pas supplémentaire : elle a choisi de témoigner à visage découvert sur Facebook.
C’est peu dire que la version des faits qu’elle livre met à mal l’attachement aux « lois de la République, aux principes des droits de l’homme et à la préservation de la dignité des citoyens », dont s’est prévalue la sûreté de la wilaya d’Alger dans son communiqué officiel.
Selon ses dires, au terme de trois longues heures d’attente derrière les murs du commissariat de Baraki, une femme agent de police, qui n’était pas en uniforme, les a forcées à se déshabiller complètement, jusqu’à se retrouver en sous-vêtements, afin de leur infliger une fouille corporelle très poussée et avilissante, que rien ne justifiait.
Pendant que les quatre jeunes femmes s’interrogeaient sur la légalité de leur transfert à Baraki, alors qu’elles avaient été arrêtées sans ménagement à Alger, elles ont obéi à contrecoeur à une fouille traumatisante, pensant toutefois qu’elle relevait d’une procédure normale. Elles apprirent plus tard que ce n’était pas le cas, et qu’elles avaient subi un abus d’autorité caractérisé, attentatoire à leur dignité. Une bien cruelle ironie du sort.
Des avocats leur préciseront par la suite que ce genre de fouille ne s’impose que dans les affaires de drogues ou de terrorisme, ce qui a accentué leur profond sentiment de dégoût teinté de rancœur.
A l’heure où la polémique enfle de l’autre côté de la rive méditerranéenne et que l’institution policière crie « au complot » visant à salir son image, les témoignages concordants de quatre jeunes femmes algériennes, dont celui d’Hania Chabane, s’avèrent accablants pour son matricule.
Elles ont fait part de leur intention de porter plainte.
Hania Chabane relate le sale moment passé derrière les murs du commissariat de Baraki
Un témoignage masculin qui corrobore les dires des plaignantes

Algérie : les manifestantes humiliées par la police témoignent. Elles mettent à mal la version officielle

