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À Gaza, jusqu’à 68 000 blessés pourraient rester handicapés faute de chirurgie reconstructrice, selon une étude du Lancet

Une étude révèle que jusqu'à 68 000 blessés à Gaza pourraient rester handicapés faute de chirurgie reconstructrice.POURQUOI LIRE :
  • Pour comprendre l'ampleur des blessures à Gaza.
  • Pour découvrir les défis du système de santé local.
  • Pour prendre conscience des conséquences à long terme sur les survivants.

Une étude publiée dans eClinicalMedicine, revue médicale du groupe The Lancet, met en lumière une autre tragédie que celle des morts à Gaza : celle des survivants gravement mutilés, brûlés ou défigurés, dont des dizaines de milliers nécessitent une chirurgie reconstructrice lourde pour espérer retrouver une vie fonctionnelle. Depuis octobre 2023, la guerre a provoqué une explosion du nombre de blessés civils palestiniens, tout en paralysant un système de santé déjà fragile, réduisant drastiquement sa capacité à assurer des soins spécialisés.

Plus de 116 000 blessés, un bilan confirmé par modélisation

En s’appuyant sur des données multi-sources incluant :

  • les types d’attaques militaires

  • la densité de population

  • les déplacements forcés

  • la destruction progressive des infrastructures

les chercheurs ont développé un modèle statistique destiné à estimer le nombre réel de blessés dans l’enclave.

Résultat : entre le 7 octobre 2023 et le 1er mai 2025, l’étude estime à 116 020 le nombre total de blessés à Gaza — un chiffre en adéquation avec les 118 014 blessés rapportés par le ministère de la Santé de Gaza, corroborant ainsi la fiabilité globale des données disponibles malgré les conditions extrêmes de collecte.

Selon cette modélisation :

  • plus de 80 % des blessures seraient dues à des explosions

  • la majorité survient lors de frappes aériennes ou de bombardements

  • les zones urbaines densément peuplées concentrent l’essentiel des victimes

Jusqu’à 46 000 personnes nécessitent une reconstruction chirurgicale

Parmi les blessés recensés, entre 29 000 et 46 000 personnes nécessiteraient une chirurgie reconstructrice, incluant :

  • la prise en charge de brûlures sévères

  • la reconstruction cranio-faciale

  • la réparation de lésions des tissus mous

  • ou la sauvegarde de membres gravement endommagés

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Si les hostilités se poursuivent, les chercheurs estiment que ce chiffre pourrait atteindre 34 000 à 68 000 patients d’ici mai 2026.

Même dans un scénario de désescalade impliquant une réduction de 25 % des attaques, environ 20 000 nouveaux blessés supplémentaires sont anticipés dans l’année à venir.

Un système de santé incapable d’absorber le choc

Or, Gaza ne disposait avant la guerre que de huit chirurgiens plasticiens certifiés et d’aucun programme de formation spécialisé dans la reconstruction chirurgicale.

Depuis le début de l’offensive :

  • la majorité des hôpitaux ont été endommagés ou détruits

  • le personnel médical a été tué, blessé ou arrêté

  • seule une fraction des structures de soins reste partiellement fonctionnelle

Dans ces conditions, la plupart des interventions reconstructrices — souvent longues et complexes — ne peuvent être réalisées.

Plus le délai entre la blessure initiale et la prise en charge chirurgicale s’allonge, plus les risques augmentent :

  • infections

  • septicémies

  • amputations définitives

  • handicaps irréversibles

Une génération de survivants condamnés au handicap

Faute d’une augmentation massive des capacités chirurgicales locales ou d’évacuations médicales, les auteurs estiment que des dizaines de milliers de patients pourraient rester avec des handicaps pourtant opérables. Même si les infrastructures hospitalières étaient restaurées à leur niveau d’avant-guerre, la demande en chirurgie reconstructrice excéderait largement les capacités disponibles.

Pour les chercheurs, la planification humanitaire doit désormais intégrer non seulement les besoins d’urgence, mais aussi la prise en charge à long terme des survivants souffrant de traumatismes complexes. Ils rappellent enfin que, tant que les attaques se poursuivent, le nombre de blessés — et donc le besoin en reconstruction chirurgicale — continuera inévitablement d’augmenter.

Cette étude met en évidence l’émergence d’une crise sanitaire durable dont les effets se feront sentir pendant des décennies. En quantifiant pour la première fois le volume probable de blessés nécessitant une reconstruction chirurgicale, elle montre que le génocide à Gaza ne produit pas seulement des morts, mais aussi une masse croissante de survivants exposés à des handicaps permanents, dans un contexte où les capacités locales de prise en charge ont été presque entièrement détruites. Sans un renforcement massif des infrastructures de soins, des programmes de formation spécialisés et des voies d’évacuation médicale, des dizaines de milliers de patients risquent de rester avec des séquelles pourtant opérables. Autrement dit, même en cas de cessation des hostilités, le système de santé palestinien devra faire face à un fardeau médico-social inédit, qui transformera durablement les besoins sanitaires de la population.

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