Friday 22 August 2008

Islam light : un produit qui se vend bien

1ère partie : les hommes

Par Vincent Geisser
lundi 4 février 2008

On les entend, on les voit et on les lit partout : à la radio, à la télévision, dans les journaux et dans les conférences standing. Leurs livres se vendent à des milliers d’exemplaires dans les rayons des supermarchés. En quelques années, ils sont devenus les « chouchous musulmans » des médias et des intellectuels français. Le secret de cette fulgurante réussite médiatique et commerciale ? Un discours formaté sur la « déchéance » et la « maladie de l’islam », religion noble qui aurait été corrompue par la « populace musulmane » ignorante et obscurantiste.

Se présentant comme les « nouvelles Lumières de l’Islam », ils développent une vision élitiste et méprisante à l’égard des musulmans croyants et pratiquants, identifiés souvent comme de « mauvais musulmans ». Mais à y regarder de plus près, leur discours « éclairé » rejoint sur de nombreux points celui des Salafistes les plus fondamentalistes : la défense d’une cité musulmane idéale et totalement imaginaire (elle n’existe que dans leur tête), à la seule différence près que la cité idéale des Muslims Light n’est pas Médine mais la cité coloniale, celle de l’islam domestiqué et des musulmans dominés.

Le mépris de la « masse musulmane » : les racines coloniales d’une posture faussement critique

Contrairement à une idée reçue, ces « nouvelles Lumières de l’Islam » n’ont rien inventé : elles reprennent dans ses grandes lignes la critique coloniale de la religion musulmane, telle qu’elle était véhiculée par certaines élites indigènes assimilées qui voulaient à tout prix marquer leur détachement par rapport à leur « communauté d’origine ».

Ainsi, les Abdelwahab Meddeb[1], Malek Chebel[2], Fethi Benslama[3] ou, encore, le nouveau-né de ces « réformateurs éclairés », Abdennour Bidar[4], doivent-ils moins être considérés comme des innovateurs musulmans que comme des continuateurs, des suiveurs et des héritiers d’une critique « interne » à l’islam qui a connu son apogée durant la période coloniale et, plus particulièrement, en Algérie française.

En effet, dans le contexte colonial algérien, une minorité d’élites musulmanes reproduisaient in extenso les thèses en vogue sur le « retard musulman » et entendaient œuvrer à une réforme profonde de leur religion, afin qu’elle s’adapte aux exigences de la modernité laïque et républicaine.

Sur ce plan, on peut noter que la critique « interne » de l’islam a toujours été étroitement liée aux enjeux traversant la société française et ses thèmes fétiches (le fanatisme, l’obscurantisme, l’ignorance de la « masse musulmane »…) fortement dépendants du champ intellectuel dominant, comme si cette critique répondait moins à une volonté de réformer l’islam de l’intérieur que de donner des gages de « conformité » au discours ambiant.

Ces « nouveaux Voltaire de l’islam » sont moins valorisés dans leur fonction d’imagination ou d’innovation doctrinale que dans celle d’auxiliaires et de soutiens à la critique anti-musulmane des « intellectuels légitimes » (Redeker, Declerck, Dantec, Val…) - tous non musulmans d’ailleurs -, se coupant ainsi de toute possibilité de relations étroites avec les milieux musulmans croyants et/ou pratiquants et surtout de toute capacité à entreprendre une véritable réforme de l’islam dans l’avenir.

En somme, critiquer les musulmans pour ces « réformateurs » d’hier et ces « nouvelles Lumières » d’aujourd’hui (Meddeb, Chebel, Bidar et compagnie), c’est moins parler aux « siens » que de donner des gages et des signes de « bonne conduite » aux acteurs dominants (les élites politiques, les médias, les intellectuels habitués des plateaux TV), renvoyant en cela à un phénomène de mythification, finement analysé par l’écrivain Albert Memmi dans son Portrait du colonisé :

« Confronté en constance avec cette image de lui-même, proposée, imposée dans les institutions comme dans le contact humain, comment n’y réagirait-il pas ? Elle ne peut lui demeurer indifférente et plaquée sur lui de l’extérieur, comme une insulte qui vole dans le vent. Il finit par la reconnaître, tel un sobriquet détesté mais devenu un signal familier. L’accusation le trouble, l’inquiète d’autant plus qu’il admire et craint son puissant accusateur. N’a-t-il un peu raison ? murmure-t-il. Ne sommes-nous pas tout de même un peu coupables ? Paresseux, puisque nous avons d’oisifs ? Timorés, puisque nous nous laissons opprimer ? […] Ce mécanisme n’est pas inconnu : c’est une mystification  »[5].

Au risque de choquer, il faut le dire et le répéter : il existe bien un « complexe du colonisé » chez ces « nouvelles Lumières de l’Islam » qui se traduit par une tendance pathétique à affirmer : Je suis musulman mais je n’ai rien à voir avec cette masse musulmane ignorante. Complexe du colonisé réactualisé en ce début de XXIe siècle et qui frappe même certains « convertis » ou enfants de « convertis » qui, en définitive, assument mal leur statut de « musulmans » et finissent par surenchérir sur leur « modernité musulmane » et sur leur « islam intérieur » (self Islam), opposé à l’archaïsme et à l’islam ostensible de la majorité.

Il faut y voir ici l’une des conséquences paradoxales des nombreuses campagnes islamophobes : il y a ceux qui résistent en se renforçant dans leur foi et leurs convictions ; il y a ceux qui craquent. A certains égards, ces « nouvelles Lumières de l’Islam » sont aussi des « victimes » de l’islamophobie ambiante. Mais une position de « victimes » qui, dans leur cas précis, peut rapporter gros.

Un produit commercial, un rêve inassouvi : promouvoir un islam sans musulmans

Depuis cinq ou six ans (le 11 septembre est passé par là), l’on voit fleurir dans les rayons de nos librairies et de nos supermarchés de nombreux essais critiques sur l’islam, l’islamisme, les musulmans…, dont les auteurs sont presque toujours des intellectuels franco-maghrébins, formés dans les deux « cultures » et les deux langues (français/arabe), véhiculant une vision nostalgique et mélancolique d’un modèle éducatif propre à certaines élites maghrébines.

Parmi eux, des auteurs tels que Abdelwahab Meddeb, Fethi Benslama, Malek Chebel…, qui sont sans aucun doute les auteurs les plus représentatifs de cette « nouvelle vague » de l’Islam light et sont désormais omniprésents dans le débat politico-médiatique.

Leurs écrits ne cessent de louer cet « islam des Lumières » de leur enfance et leur adolescence (le Maghreb colonial des années 1950-1960), qui serait aujourd’hui emporté par la « vague intégriste ». Dans son best-seller, La Maladie de l’islam, Abdelwahab Meddeb se livre ainsi à un véritable hymne à la Tunisie sous le Protectorat français, qui rappelons-le quand même, était fondé sur un régime de domination coloniale qui n’avait rien à envier à l’Algérie :

« Il faut le reconnaître le modèle européen dans lequel j’ai grandi, celui qui émane des Lumières françaises et qui m’a formé, à travers un enseignement franco-arabe, n’est plus attractif. […] J’ai assisté dans mon enfance (dans les années 1950), dans cette citadelle de l’islam qu’est la médina de Tunis, au dévoilement des femmes au nom de l’occidentalisation et de la modernité ; cela a concerné les femmes, les filles et les sœurs des docteurs de la Loi qui tenaient chaire dans la millénaire université théologique de la Zitouna (une des trois plus importantes de l’islam sunnite…)  »[6]. (A. Meddeb, La maladie de l’islam, p. 43).

Cette célébration de « l’islam des Lumières » (en réalité un islam imaginaire) évoque parfois les accents fortement assimilationnistes de certaines élites indigènes profrançaises pendant la période coloniale. Abdelwahab Meddeb n’hésite pas à se réclamer ouvertement du penseur nationaliste Ernest Renan, lui pardonnant au passage son racisme antisémite :

« [….] Je lui [à Renan] pardonne son racisme, sa vision essentialiste des langues et des systèmes symboliques, sa hiérarchie entre les expressions et les imaginaires…car il m’a aussi aidé à comprendre la chimère que représentent le panarabisme comme le panislamisme. Son opuscule Qu’est-ce qu’une nation ? m’a rappelé que la nation n’est fondée ni sur l’unité linguistique, ni sur la communauté de la foi, ni sur la continuité géographique, ni sur le langage de l’histoire.

Elle l’est sur le seul désir d’être ensemble. C’est ce désir qui m’a fait choisir la communauté française, où mon nom étranger se décline dans l’amputation sonore, où je continue d’entretenir ma généalogie islamique et la croiser avec mon autre généalogie européenne. Ainsi l’hérité et le choisi se combinent à l’intérieur d’un seul et même être… ». (A. Meddeb, La maladie de l’islam, p. 220-221).

Cette idéalisation du nationalisme européen et de l’islam colonial est bien sûr inséparable d’une tendance au sado-masochisme propre à l’esprit colonisé. Mais ce qui paraît grave, c’est que ce complexe du colonisé semble quasiment intact en ce début de XXIe siècle et qu’il aboutit à légitimer une vision caricaturale des croyants et des pratiquants musulmans, comme si ces derniers avaient tous cédé au fanatisme et à l’obscurantisme. Cette vision totalement simpliste est appliquée autant aux sociétés dites « arabo-musulmanes », qu’aux « banlieues de l’islam » de France. Le psychanalyste franco-tunisien Fethi Benslama écrit ainsi :

« Face à la terreur du nom [Islam = soumission] et à la hantise de sa trahison que l’idéologie islamiste diffuse dans la jeunesse, il s’agit ici de reprendre le travail de l’écart entre le nom et l’essence, celui-là même qui fut à l’œuvre chez les penseurs de la liberté dans la civilisation islamique (Avicenne, Averroès, Ibn Arabî, etc.) ou celle des Lumières européennes, puisque tel est l’un des sens du travail de la culture ». (F. Benslama, Déclaration d’insoumission à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas, p. 30).

En deux mots, l’islam noble, l’islam des élites, l’islam d’antan, est aujourd’hui corrompu par les croyants ordinaires, ceux-là mêmes qui portent barbes et hijab, ceux-là mêmes qui fréquentent les mosquées, ceux-là mêmes qui égorgent rituellement leurs moutons dans la baignoire de leur HLM :

« D’aristocratique, le sujet islamique devient peu à peu l’homme du ressentiment, cet homme frustré, insatisfait, se pensant au-dessus des conditions qui lui sont faites ; comme tout semi-intellectuel, il s’avère (dans ses refus et sa haine accumulés) candidat à la vengeance, prédisposé à l’action insurrectionnelle et à ce qu’elle comporte de dissimulation et de sacrifice ». (A. Meddeb, La maladie de l’islam, p. 22).

Maladie de l’islam ou maladie de Ben Ali ?

Bien sûr, comme le relevait très justement Tariq Ramadan dans l’émission « Ce soir ou jamais », diffusée sur France 3 le 30 janvier 2008, ces « nouvelles Lumières de l’Islam », ne disent généralement pas un mot sur la responsabilité politique des régimes autoritaires, sur les pratiques répressives, sur la corruption généralisée des élites gouvernementales.

Abdelwahab Meddeb décrit dans ses différents ouvrages « La maladie de l’islam » mais il n’a jamais écrit un seul mot sur « La maladie de Ben Ali », les centaines de femmes violées dans les commissariats de police, les journalistes agressés, les milliers de jeunes tunisiens poussés à risquer leur vie sur les barques de la mort. Un silence total sur les « raisons politiques » de la dérive dictatoriale du monde arabe qui parle de lui-même. La dictature, c’est la faute aux musulmans, mais jamais aux dictateurs !

Les nouvelles « Lumières » de l’islam : des Salafistes qui s’ignorent

Toutefois, le principal reproche intellectuel que l’on peut adresser à ces « nouveaux penseurs de l’Islam light  » (Abdelawahab Meddeb, Fethi Benslama, Malek Chebel et, aujourd’hui, Abdennour Bidar), c’est finalement de répondre au processus d’idéalisation identitaire des Salafistes (la citée idéale de Médine des débuts de l’islam) par une autre idéalisation toute aussi mythique (la cité musulmane aristocratique du Moyen Âge ou, pire, la cité coloniale franco-arabe), s’exposant par là à n’avoir aucune prise sur l’évolution sociologique de l’islam actuel et sur les « musulmans réels ».

A l’idéalisme salafiste et wahhabite, ces « nouveaux penseurs » opposent un idéalisme élitiste et intellectualiste qui conforte à son tour, comme le relève fort pertinemment l’historienne Sylvie Denoix[7], une vision à la fois essentialiste et quasi-génétique de l’islam, d’où d’ailleurs la référence récurrente à la maladie, comme si la religion musulmane était un « corps biologique ».

Des médecins à la Molière…

Or, l’islam de France n’a pas besoin de « médecins à la Molière » qui viendraient guérir les musulmans d’une « maladie » prétendument incurable : la foi en Allah. Il a d’abord besoin de penseurs et de réformateurs, en phase avec la vie quotidienne des croyants et des pratiquants ordinaires.

Et le principal problème que soulève cet engouement médiatique et commercial pour l’Islam light, ce n’est pas seulement sa méconnaissance totale des réalités musulmanes françaises ou européennes mais aussi sa volonté de promouvoir un islam sans musulmans, en deux mots : Vive l’islam épuré des ses croyants et de ses pratiquants ! Un islam sans bruit et sans odeur en quelque sorte !

A suivre la semaine prochaine l’article de Vincent Geisser : « Les poupées Barbie de l’Islam light : exhibitionnisme et érotisme victimaires »



[1] Abelwahab Meddeb, La maladie de l’islam, Paris, Le Seuil, coll. « Points Essais », 2002.

[2] Malek Chebel, Manifeste pour un islam des Lumières, Paris, Hachette Littératures, 2004.

[3] Fethi Benslama, Déclaration d’insoumission à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas, Paris, Flammarion, 2005.

[4] Abdennour Bidar, Self islam, Paris, Seuil, 2006.

[5] Albert Memmi, Portrait du colonisé. Portrait du colonisateur, Paris, Gallimard, coll. « Folio actuel », 1985, p. 106-107.

[6] Abelwahab Meddeb, La maladie de l’islam, Paris, Le Seuil, coll. « Points Essais », 2002, p. 43.

[7] Sylvie Denoix, « Compte rendu » de l’ouvrage d’Abdelwahab Meddeb : La maladie de l’islam, REMMM, n° 101-102, 2003.

Vincent Geisser

Politologue

Dernier ouvrage paru : Marianne et Allah, Editions La Découverte (15 mars 2007)

Il est également l’auteur de :

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

le 8 février 2008

Ali Reda, bonsoir

Je suis d’accord avec vous sur au moins un point mais il est important. Oui, comme vous le dites, la modernité se définit par une radicalisation de l’immanence. C’est évident. Cette radicalisation a certes eu en effet ’libérateur’, de sortie de la réligion pour les sociétés modernes mais également des effets négatifs. Ce n’est pas la peine d’en dresser la liste.

Vous dites :

"Ce raccourci : « les Musulmans ont systématiquement refusé d’historiser… », exprime une accumulation essentialiste, fausse et incorrecte pour quelqu’un qui prône la science. Par « historiser » je suppose que vous voulez signifier « replacer dans un contexte historique ». Soit. Certains courants, comme les mutazilites par exemple, ont un point de vue différent sur la nature du Coran."

Non, il ne s’agit pas du débat mutazilite sur le Coran créé ou incréé etc. Par "historiciser" je ne veux pas dire non plus qu’il faut "replacer le Coran dans son contexte historique" ce qu’aiment faire beaucoup de Musulmans sans qu’ils se soucient du tout du fait que ce mode de lecture du Coran ne soit nullement justifié par le Coran lui-même. Par ’historiciser’ je veux dire rendre sa dimension immanente, ’horizontale’ au Coran. Et c’est précisément cela que les Musulmans refusent systématiquement de faire. Il est évident quelles sont les sources textuelles c’est-à-dire HUMAINES du Coran depuis le Second Targum d’Esther (l’histoire de Solomon, la Reine de Saba et le hudhud), l’Evangile apocryphe de Thomas (Isa et les oiseaux en argile) en passant par les textes d’origine grecque sur l’embryon que le Coran répète tout simplement avec toutes les erreurs des textes grecs. Ce refus d’historicisation du texte sacré se tradut par un deuxième refus ’historique’, celui de jeter un regard crique sur l’histoire de l’Islam lui-même. Bernard Lewis a noté par exemple que, à côte des centaines de textes écrits par des Occidentaux sur l’esclavage et la traite trans-atlantique, PAS UN SEUL livre critique n’a été écrit par un Musulman sur l’esclavage en Islam.

" L’emploi du mot détestable et bien trop courant de « mahomet » pourra, j’en suis sûr, faire l’objet d’une recherche étymologique et scientifique par vos soins…"

Vous voulez dire que le nom propre ’Mahomet’ n’est qu’un chiffre ? Sinon que voulez-vous dire ? La vie et les dires de Mahomet tels qu’ils sont racontés par Ibn Ishaq/Hisham ou les ahadith forment une narration de la première importance pour les Musulmans. Toute religion a besoin d’une narration cohérente. Cette narration cohérente est absente du Coran qui avance par bribes, mais elle est fournie par des écrits rédigés au moins deux cents ans après la mort de Mahomet ce qui, isnad nonobstant, les rend peu fiables. La vie réelle de Mahomet doit demeurer un mystère à peu près total.

La critique moderne ’immanentiste’ des textes sacrés a bien commencé avec Spinoza. Beaucoup de Musulmans acceptent une telle critique lors qu’elle est dirigée contre la Bible mais refusent une méthodologie identique lorque son objet est le Coran.

Enfin une petite précision. Meddeb n’est pas musulman. Il est certes de culture musulmane mais se déclare athée.

Par JANOT - le 8 février 2008

Se présentant comme les « nouvelles Lumières de l’Islam », ils développent une vision élitiste et méprisante à l’égard des musulmans croyants et pratiquants, identifiés souvent comme de « mauvais musulmans ».

Vous êtes sûr de ne pas faire de transfert ?

Par Nass - le 7 février 2008

Salam Espoir

Chebbel, L’intellectuel qui participe à l’émission " les enfants d’Abraham" sur Direct 8 en compagnie d’un rabin et d’un père.

Cherchez l’intrus

Pour représenter le judaïsme, il fallait un Rabin

Pour représenter le christianisme, il fallait un prêtre

Et pour représenter l’islam, il fallait un intellectuel et comme par hasard c’est Mr Chebbel qui est l’élu.

Qu’est ce que nos imams ont de moins que les rabins et les prêtres ??

Ce monsieur n’est n’est ni Imam, ni théologien et ne jouie d’aucune légitimité au sein de la communauté musulmane.... la dénomination d’intellectuel musulman est ambiguë et elle n’a d’intérêt que pour masquer le choix orienté et délibéré des producteurs de l’émission .

Pourquoi inviter un imam quand on a sous la main un auxiliaire de la critique anti-musulmane ??

On est sûr qu’un rabin et un prêtre fréquentent leurs lieux de prières respectifs et sont en contact permanent avec la communauté des pratiquants .Et il est légitime de les voir sur un plateau de télévision pour représenter la sensibilité qui est la leur.

Ce qui est loin d’être le cas de Mr chebbel, qui en dehors des écrits discutés et discutables n’a aucune légitimité pour représenter les musulmans en France.

S’il ne fréquente pas les musulmans , ni leurs lieux de prière, comment peut il parler à leur nom sur un plateau de télévision ??

Contrairement au rabin et au prêtre ,il ne sait pas de quoi les siens ont besoin , ni de quoi ils souffrent et à quoi ils aspirent.Il ne fait que supputer , supputer et encore supputer

Le choix de Mr chebbel c’est encore un choix de l’exclusion de vrais réformateurs musulmans qui ont une réelle influence sur la population musulmane en France .

Vu le casting qui cible les religieux et s’il était en accord avec les principes de justesse et de pertinence, il aurait pu décliner l’invitation, mais là il ne faut pas rêver ......

Cette émission est l’exemple parfait pour illustrer les propos de Mr GEISSER et Mr Chebbel fait bien parti de ces intellectuels qui surfe sur la vague de l’islamophobie.

Moi je suis propre sur moi et c’est les autres "musulmans " qui sont malades. C’est vrai que Mr meddeb fait encore plus fort ’ c’est ......qui est malade’ mais lui il les bat tous au niveau bassesse et incompétence.

Respect et Amitié

Par espoir - le 7 février 2008

Salam, je trouve cet article trop sévère. Honnêtement, je ne connais pas les intentions de chebbel mais je respecte sa vision des choses, au pire je dirais qu’il démarre du constat que l’image de l’islam fait peur, il l’a peaufine, mais même si c’est le cas, où est le mal ? une chose est certaine, ce faisant il sert l’islam bien plus que d’autres.

Concernant les médias, il n’est secret pour personne que les médias français sont très sélectifs, Chebel et les gens qui partagent ses idées doivent simplement rester vigilants mais intègres et fidèles à leurs idées.

Par Ali Reda - le 7 février 2008

Votre question répétée à mon endroit ne doit pas occulter le texte de M. Geisser, qui est la seule source de réflexions ici. Vos imprécisions demandent trop de développement et ma remarque, mise en exergue par vos soins, n’introduisait qu’une critique, je croyais assez claire, d’identité, voire de parodie, entre ces auteurs et d’autres en d’autres temps. Critiquer une version traduite du Coran est-ce bien sérieux ? Ignorer ces commentateurs canoniques est-ce bien crédibles ?

Pour reprendre rapidement vos remarques : sachez que les processus critiques à l’égard des textes sacrés ne concernent pas uniquement l’historicité, et cette dernière ne commence pas avec Spinoza d’ailleurs. Voyez Onfray à ce sujet en ce qui concerne les Evangiles. C’est évidemment dès l’avènement des prophéties que les critiques furent dirigées contre eux. Ce raccourci : « les Musulmans ont systématiquement refusé d’historiser… », exprime une accumulation essentialiste, fausse et incorrecte pour quelqu’un qui prône la science. Par « historiser » je suppose que vous voulez signifier « replacer dans un contexte historique ». Soit. Certains courants, comme les mutazilites par exemple, ont un point de vue différent sur la nature du Coran. L’emploi du mot détestable et bien trop courant de « mahomet » pourra, j’en suis sûr, faire l’objet d’une recherche étymologique et scientifique par vos soins…

C’est justement parce que la méthodologie des auteurs (Meddeb, Bidar & Co.) en l’annonçant issue des Lumières et de la modernité, qu’ils la trahissent car ils ne l’appliquent nullement. Et cela en vue de vouloir « moderniser l’Islam. » Saisissez-vous l’ironie ? Voire la manipulation… La modernité pourrait se définir ainsi comme une radicalisation de l’immanence. Véritablement, il s’agit d’imposer un point de vue, sur ce qu’ils croient n’être qu’un point de vue, d’où la méprise et le quiproquo. Pour vous répondre complètement, à vouloir tout lire en termes idéologiques permet tous les raccourcis et d’abord la disqualification des sciences. L’esprit critique et scientifique n’ont pas habité ces auteurs qui commettent ces textes, comme l’a bien souligné M.Geisser. Pardon aux lecteurs pour cette réponse un peu longue.

le 7 février 2008

Ali Reda écrit :

"Une des erreurs, peut-être la plus répétée, aussi faut-il qu‘elle soit la moins révélée, concerne l’identité des processus critiques faites au christianisme durant ces trois derniers siècles en occident, avec les critiques de nos contemporains à l’endroit de l’islam. Inconsciente ou non, peut-on croire un instant que cette juxtaposition soit pertinente ? "

Et pourquoi ne serait-elle pas pertinente ? Vous n’en dites rien. Les critiquent adressées au christianisme (et au judaisme) ont commencé avec une historisation des textes bibliques (Spinoza). On pourrait aller jusqu’à dire qu’une telle historisation définissent les débuts de la modernité. Le fait que les Musulmans ont systématiquement refusé d’historiser le Coran en n’y voyant qu’une révélation divine sans l’intervention évidente d’autres textes n’enlève en rien la pertinence d’une approche historique et critique du Coran ou des narrations relatant la vie de Mahomet.

Par Sakina - le 7 février 2008

L’ « islam des lumières » n’est qu’un « islam d’idéologie et de philosophie » du 21ème siècle, un islam de marketing, modelé, remodelable, retouché et retouchable par tous les courants, et ce sûrement pas dans un but innocent, acheter cet islam serait vendre son âme au diable, si ces nouveaux "intellectuels" nous qualifient d’obscurantistes car nous réfutons leurs exploitations des textes sacrés, que nous réfutons leur perception de l’islam modernisé, soldé à des prix bien bas, et bien ravie d’être obscurantiste.

Interpréter l’islam comme une idéologie ou une philosophie est l’ignorance par excellence, l’islam est une religion, les textes sont intègres, l’islam est « la lumière » et seul Allah azawadjel Guide vers cette lumière unique, « l’islam des lumières » est la porte vers l’obscurité et ces pseudos intellectuels en sont les guides.

Sourate 5 v16. Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.

Se rendent ils au moins compte, que ce qu’ils revendiquent n’est autre que ce que le prophète sws a combattu « la jahiliya » « l’ignorance » de l’époque antéislamique. Modernisez l’islam par des motifs primitifs seraient nous renvoyer à une époque où l’islam n’existait pas.

P.S. L’islam n’a qu’un prix « son adoration pour Allah azawadjel ».

Par Al Zeituni - le 7 février 2008

Bravo pour cet article qui fait état d’un phénomène très amusant de francisation de l’islam. C’est à la fois amusant, mais aussi dommage, car si pas mal de gens ne font pas la différence entre islam et islamisme, le fait que des intellectuels se proclamant musulmans colportent les pires idées reçues sur l’islam a quelque chose de grotesque. Mais, il est vrai qu’il faut avoir un "genre", un "style" pour être dans les médias, pour vendre des livres, pour satisfaire son ego. Je croyais que l’islam était contre les innovateurs ; ces gens-là ne manquent pas d’innovations et de méconnaissance profonde de "leur" religion. Mais l’islam, ce n’est pas simple, et de nombreux intellectuels s’y perdront toujours...

Peu importe, les opus de ces derniers seront plus vite oubliés que ceux de Ghazali, de Rumi, ou d’Ibn Arabi.

AZ

le 7 février 2008

Ali Reda écrit :

"Une des erreurs, peut-être la plus répétée, aussi faut-il qu‘elle soit la moins révélée, concerne l’identité des processus critiques faites au christianisme durant ces trois derniers siècles en occident, avec les critiques de nos contemporains à l’endroit de l’islam. Inconsciente ou non, peut-on croire un instant que cette juxtaposition soit pertinente ? "

Et pourquoi ne serait-elle pas pertinente ? Vous n’en dites rien. Les critiquent adressées au christianisme (et au judaisme) ont commencé avec une historisation des textes bibliques (Spinoza). On pourrait aller jusqu’à dire qu’une telle historisation définissent les débuts de la modernité. Le fait que les Musulmans ont systématiquement refusé d’historiser le Coran en n’y voyant qu’une révélation divine sans l’intervention évidente d’autres textes n’enlève en rien la pertinence d’une approche historique et critique du Coran ou des narrations relatant la vie de Mahomet.

Par Amirouce - le 7 février 2008

salut david,

je suis tout à fait d’accord avec ton analyse de la crise du monde musulman.

en parlant de Lewis, david, je crois que tu te plante,il a encouragé BUSH pour lancer la guerre d’irak. en 2006 plus exactement le 22 aout il disait que l’iran va lancer une attaque atomique pour le retour de l’imam caché. pour mon humble avis lewis devrait se soigner sa cervelle.

Amirouche

Par Sakina - le 6 février 2008

L’ « islam des lumières » n’est qu’un « islam d’idéologies et de philosophies » du 21ème siècle, un islam de marketing, de politique, modelé, remodelable, retouché et retouchable par tous les courants et ce sûrement pas dans un but innocent, acheter cet islam serait vendre son âme au diable.

Interpréter l’islam comme une idéologie ou une philosophie est l’ignorance par excellence, l’islam est une religion, les textes sont intègres, l’islam est « la lumière » et seul Allah azawadjel Guide vers cette lumière unique, « l’islam des lumières » est la porte vers l’obscurité et ces pseudos illuminés en sont les guides.

Sourate 5 (al maidah) v16. Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.

Toutes ces idéologies, ces philosophies se vendaient aussi très bien aux primitifs de l’époque antéislamique.

Se rendent ils compte que tous ce qu’ils vendent n’est autre que ce que le prophète sws a combattu « la jahiliya » « l’ignorance » des primitifs.

Modernisez l’islam par des motifs primitifs, sobhanaAllah.

P.S. L’islam n’a qu’un prix « son adoration pour Allah azawadjel ».

M3a salama

Par malik - le 6 février 2008
et oui Vincent Geisser a tapé dans le mille ! on critique à juste titre les partis islamistes pour utiliser la religion pour faire de la politique mais on ne dit mot de ceux qui utilisent l’islam pour faire du business !!! combien de livres depuis le début des années 90 ??????? J’ai assisté par curiosité à une conférence de malek chebel en 2003 dans le cadre de l’année de l’algérie. La franchise m’oblige à répéter qu’il a reconnu pedant cette conférence le caractère anti démocratique des régimes tunisiens, marocains, libyens et égyptiens ....mais rien sur l’Algérie ! Je dois préciser que le vice consul d’Algérie était présent dans la salle.. Toujours prompt à dénoncer la tyrannie mais surtout chez les autres. A part ça, il a proposé ses différents ouvrages à la vente en fin de conférence, et oui pendant "la menace islamiste" la vente continue ;-) Quand je luis fis remarquer que s’il était convaincu que les islamistes faisaient mauvaise route, pourquoi n’allait il pas justement en Algérie pour expliquer sa vision de l’islam à des jeunes tentés par l’éxtrémisme . Il m’a répondu "Ah si j’y suis allé une fois " Sans commentaire, faut croire que le "marché n’y est pas porteur" comme on dit en marketing
Par Ali Réda - le 6 février 2008
Une des erreurs, peut-être la plus répétée, aussi faut-il qu‘elle soit la moins révélée, concerne l’identité des processus critiques faites au christianisme durant ces trois derniers siècles en occident, avec les critiques de nos contemporains à l’endroit de l’islam. Inconsciente ou non, peut-on croire un instant que cette juxtaposition soit pertinente ? Candide, nous pouvons croire en la « bonne foi » des Meddeb, Chebel, Bidar et autres agitateurs médiatiques, à vouloir sauver une « idée sans réalité », pathologie et écueil de toute activité intellectuelle. Comme si leurs spécialisations professionnelles, basés sur le discours, invalident de facto leurs légitimités à l’universelle. Réellement, et pour enfoncer le clou, ces derniers procèdent, comme il a été noté par ailleurs, comme ceux qui dénaturent l’Islam, c’est-à-dire sans études des textes dans leurs traditions, et sans lumière légitime, donc sans immanence ni transcendance. Alors qu’est-ce qui nous est conté ici ? Une religion sans Dieu ? Plût à Dieu qu’il leur reste, au moins une pratique telle la prière… La compétition ouverte, festive et rémunératrice pour divers arrivistes aux habits trop étroits « d’ humanistes » n’affecte en rien l’Islam, ni les musulmans qui regardent ces derniers aboyés. Un effet de la foi plutôt que l’habitude sans doute. Entre les intégristes activistes et ces essayistes qui devraient s’interroger sur ce que renferme réellement le mot « modernité », il est assez difficile de témoigner de la banalité de la vie des croyants et des fruits quotidiens de cette nourriture spirituelle. Nous demandons à Dieu de nous garder d’être de ceux qui se sont égarés dans la conduite d’ici-bas, alors qu’ils pensaient œuvrer pour le mieux. (Cor.18, 104)
Par Mirage - le 6 février 2008
Bravo et merci à Vincent Geisser pour cette analyse très pertinente !
Par Nass - le 5 février 2008

Monsieur Gesseir n’est pas contre les lumières et les reformateurs,au contraire....

Par cet article ,il analyse une stratégie marketing aussi ancienne que la période coloniale. Des opportunistes locaux pour ne pas dire ’indigènes’ en quête de reconnaissance épousent les thèses des puissants pour en faire un fond de commerce.

L’islam et les musulmans ont mauvaise presse en Europe et il vous sera plus facile de plaire aux medias et aux faiseurs d’opinion si vous êtes un intellectuel musulman et vous participez activement à ce concert d’indignation et de diabolisation de l’islam et de ses pratiquants.Votre origine musulmane vous acquiert une légitimité très appréciée par la meute des donneurs de leçons.

Il s’agit d’un segment marketing occupé par ces "nouvelles lumières" dont l’ objectif n’est pas la reforme car il s’agit de personnes qui ont peu d’influence sur la population musulmane et restent à la marge du travail entrepris par les intellectuels et les acteurs associatifs.

Leurs critique dogmatique est difficilement transférable pour réaliser des reformes.

Leur message ne s’adresse pas aux concernés " les musulmans" mais au microcosme généralement " islamophobe". Il s’agit tout simplement d’une allégeance envers la pensée dominante.

Tout est dans ce passage de Mr gessier :

En somme, critiquer les musulmans pour ces « réformateurs » d’hier et ces « nouvelles Lumières » d’aujourd’hui (Meddeb, Chebel, Bidar et compagnie), c’est moins parler aux « siens » que de donner des gages et des signes de « bonne conduite » aux acteurs dominants (les élites politiques, les médias, les intellectuels habitués des plateaux TV)

Ou tout dans cette phrase de Hakim au sujet de Mr MEDDEB :

"Il a besoin d’un visa ou quoi lui ?" :)

En Hollande,ces pseudos dénonciateurs des "derives de l’islam et des musulmans" sont légion y compris au sein des partis pôlitiques.

Les pouvoirs public ont votés pour un plan qui se chiffre en millions d’euros pour rapprocher les populations de tout origine notamment les enfants dans les écoles.

Ils assistent impuissants à une fracture qui s’opère entre musulmans et non musulmans ( toute origine politique confondue)au sein de la société Neerlandaise . C’est dans ce pays ou l’extrême droite , le racisme et l’islamophobie progressent le plus en Europe et ces pseudos réformateurs ne sont pas étrangers à cet état de lieu inquiétant.

Bref ces "nouvelles lumières" participent à leur manière à installer un climat de peur de l’autre, de l’islam et des musulmans et leur apport n’aura aucune incidence sur les reformes, si peut être à participer à creuser un fossé entre musulmans et non musulmans

En tant que musulmans d’Europe , on a besoin de vrais réformateurs qui travaillent au quotidien avec la communauté musulmane, ses décideurs, ses bénévoles et ses pratiquants et non des courtisans dont le seul objectif est de paraître.

On reformera avec les musulmans et non sans eux......Messieurs les suiveurs

Merci Mr Geisser

Par mohamed - le 5 février 2008
Je viens de voir la vidéo de l’émission "ce soir ou jamais", c’est vraiment éloquent ! Mr Meddeb n’a débattu qu’en exprimant des raccourcis, des imprécisions sur la terminologie de mots tel que Jihad... Mais plus grave, il n’a jamais condamné le régime de Ben Ali en Tunisie, affirmant qu’il était content de voir instaurer la laicité au détriment de la démocratie... concernant la morts d’innocents en Afghanistan, il a parlé de dommages collatéraux... Je voulais me faire une idée sur la "pensée" du personnage, c’est fait.
Par Mehdi - le 5 février 2008
Lors du débat Medeb-Ramadan : c’était l’ignorance contre le savoir,l’arrogance contre l’humilité.
Par Urluberlu - le 5 février 2008
Bravo Mr Geisser et bravo aussi à Melik pour son texte clair et limpide !
le 5 février 2008

Melik, barak Allhou fik

J’ai lu ton intervention et j’y ai retrouvé point par point, exprimé de façon claire la parole du peuple musulman qui aspire à sa liberté et son auto-détermination.

Cette parole, l’occident ne peut l’entendre car elle l’oblige à se remettre en question ; c’est tellement plus confortable d’être dans la posture paternaliste quand on en a le pouvoir.

Ainsi, il faudrait s’agenouiller devant ces dogmes (que l’on ne sait nous vendre que par des pailletes, modernité, république, démocratie, ...) tout en fermant les yeux sur leurs contradictions : séparation du politique et du religieux lorsqu’il s’agit de l’aberrante exclusion du musulman de l’espace publqiue mais pas lorsqu’il s’agit de former des imams à la laïcité. Ou encore je condamne Dieudonné pour un sketch d’un côté, et de l’autre j’invoque la liberté d’expression quand il s’agit de stigmtiser les musulmans au travers des caricatures du prophète, sws. Séparation du politique et du religieux encore quand il s’agit d’étouffer la parole de l’arabe mais pas lorsque le drapeau républicain est en berne et les ministres endeuillés à la mort du pape, pas non plus lorsque le président de la "république" affiche clairement ses convictions religieuses et va se faire intronisé par le vatican.

Je suis musulman en phase avec la définition de base de la république (pas de distinction ni génétique ni de droit divin entre les individus, la société française en est loin malgré le discours et les flashs, version moderne des lumières) mais pas laïc en tout cas pas dans le sens de 2004.

wa salam

Par Sophia - le 5 février 2008
Ces paroles de Vincent Geisser sont "du miel à mes oreilles". Merci de nous réveillez avant que nous ne soyons dirigés comme des moutons vers quoi nous cherchons justement à nous éloigner. A tous ces vendeurs d’âmes, nous leur disons : notre foi n’est pas à vendre. L’islam est intemporel donc moderne et n’a pas besoin de se draper de votre hypocrisie pour être apprécié. Et comme le dit si bien un internaute, nous n’avons pas besoin de plaire aux hommes mais à Dieu. L’essence même de notre foi réside dans cette évidence.
le 5 février 2008

Merci à Vincent CEISSER pour cette intervention ! Il a tapé dans le mille : vraiment ras le bol de ces schizophrènes complexés qui prétendent t’apprendre ta religion ! Chacun fait ce qu’il veut, libre à ces "musulmans éclairés" de renoncer à leur foi. Seulement, qu’ils n’essayent surtout pas de se faire passer pour des références. Ce serait eux les vrais musulmans et nous, par oppposition, on serait systématiquement catalogués "intégristes" ? Et puis quoi encore !!!

J’attends avec impatience la suite sur ces "musulmans lumineux" cher Mr. GEISSER !!!

Par oumma.com-uk-fan - le 5 février 2008

MELIK,

Vos intreventions erudites completent judicieusement le texte de Vincent GEISSER.

le 5 février 2008

adapa, le problème de la position dogmatique que tu tiens sans le savoir vient du fait que tu confonds Islam et Eglise (pour combler l’ignorance, on raisonne par analogie, la base même du "pré-jugé").

L’Islam ça n’est pas l’église. Il n’y a pas plus de hiérarchie en Islam que de droit divin. La mosquée par exemple n’est pas un lieu de culte c’est un lieu de réunion et d’échange. L’imam c’est l’un au sein de l’assemblée. C’est celui qui mène la prière. Le reste n’est que de l’ordre du pratique "contemporain" à ne pas confondre avec ce qui doit être. Tu conçois que les musulmans se sentent à l’étroit dans la conception étriquée dans laquelle tu les enfermes. ça n’est pas parceque tu te dis "modernes ou lumineux" que cela suffit à me convaincre, excuse moi je suis musulman, je ne me contente pas de dogme ni d’apparence.

Etre musulman, c’est quoi ? Il faut t’en référer au 5 piliers de l’Islam. Tu y comprendras clairement que l’Islam est indissociable de la pratique. Etre musulman c’est être pratiquant, en dehors ça, c’est parler pour ne rien dire.

Tu t’enfermes (ouvres toi à l’autre pas à ton discours, si tu ne retrouves pas tes mots tu ne sais pas entendre ?) en reprenant tiennent des positions dont tu semble ignorer complètement le bien fondé (cette attitude n’est pas propre au sujet, on vous dit des choses et c’est celui qui est le plus nombreux qui gagnent, ensuite vous répétez). Or en France beaucoup affirme énormément de chose sur l’Islam dont ils ignorent tout, prenant comme référence ce qui les arrangent (on a entendu assimiler les tournantes à l’Islam !!!).

Personne n’est obligé d’être musulman. Etre musulman c’est pratiquer point. Il n’y a rien d’autre.

Je conçois que cela te choques mais si tu n’es pas capable d’une appréhension plus profonde que par extrapolation, c’est dommage.

Tout de même, pour rappel et réflexion, l’Islam a libéré le monde et, entre autre, donné naissance milles ans plus tard (sic) "aux lumières" en Europe.

En espérant t’inciter à un minimum d’ouverture et de réflexion, ne te laisse pas berner par ceux qui te caressent dans le sens du poil, il n’ont généralement rien à te dire mais beaucoup à te prendre.

Wa salam

Par oumma.com-uk-fan - le 5 février 2008

Extraits de l’entretien donne par M. Meddeb dans l’article :

Affaire Redeker : blasphème ou liberté d’expression ? LEMONDE.FR | 03.10.06 (1)

“Vous êtes ce que vous êtes, je suis ce que je suis, jamais vous ne serez ce que je suis, jamais je ne serai ce que vous êtes. Vous avez à respecter ce que je suis, j’essaie de respecter ce que vous êtes. Cette attitude est très grave et figeante, elle annule ce que j’appelle l’universalité du dépassement, à laquelle je crois profondément, qui est celle, je crois, de la tradition française par opposition à celle exprimée dans l’horizon anglo-saxon.”

L’universalite du depassement, encore une theory fumante d’ex-colonise qui ne veut pas faire preuve d’ingratitude . Si cette theorie existait pourquoi serait elle en contradiction avec le respect de la difference pronee par les Anglo-Saxons ?

Une perle : “[..] il est sûr que ce qui vient d’islam est préjudiciable à l’islam en entier.” Quelle limpidite dans le raisonement. Ce type est trop fort pour moi !

“Il y a cet autre élément, très grave : les paroles qui sont émises d’ici sont des paroles du XXIe siècle, et l’islam les reçoit comme entité qui vit encore au XVe ou XVIe siècle.” Manque d’originalite M Meddeb, du pure Berlusconi.

“Cet anachronisme crée les pires malentendus. Il faut, encore une fois, essayer de négocier une table commune des valeurs et des principes. Et dans cette table, ce n’est pas à l’Europe de s’adapter à l’islam, mais à l’islam de s’adapter à l’acquis européen.” Pourquoi ne pas mettre les pays musulmans sous tutelle Europeenne M. Meddeb ? Une idee tellement seduisante pour nos amis democrates francais.

Bravo M. A. Meddeb, pour la gauche francaise vous etes le Precheur Musulman XXLight Ideal.

(1) www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3226,55-819338,0.htm

Par bobby - le 5 février 2008

Ah non de grâce ! Monsieur Geisser veut encore une fois nous resservir la sauce grumeleuse des ’intellectuels musulmans colonisés par l’Occident’. C’est étonnant que près de 50 ans après la mort de Franz Fanon on entend toujours le même disque rayé.

Non il ne s’agit pas d’esprits colonisés mais d’esprits rationnels et éclairés. Le rationalisme et le regard critique ne sont pas les marques déposées de l’Occident, Monsieur Geisser.

Et quel exactement est le contenu matériel des croyances des masses musulmanes vis-à-vis desquelles ces intellectuels dévoyés souhaitent prendre leurs distances ? M Geisser n’en souffle pas mot. Pourquoi ? En attendant sa réponse on pourrait en dresser une petite liste provisoire. Que la femme est inférieure à l’homme. Qu’un mari musulman ait le droit de battre sa femme. Que les apostats méritent la peine de mort. Qu’une femme adultère mérite la lapidation ou des coups de fouet. Que l’on devrait amputer les voleurs. Qu’une fille de onze ans peut se marier. Que Mahomet fut transporté dans les cieux par une créature mythologique bizarre. Qu’un pet annule la prière. Que les djinns fréquentent les cabinets d’aisance et j’en passe...

Prenons un exemple concret, celui de l’esclavage. Or, aucun mouvement anti-eslavagiste n’a jamais vu le jour en terre d ’Islam avant la période coloniale. Ce sont les colonialistes occidentaux (français et britanniques) qui ont mis fin à l’esclavage en Afrique du Nord et de l’Est. Ce sont les Anglais qui ont interdit le marché des esclaves à Zanzibar, alors contrôlé par les Omanais.

Aujourd’hui, la plupart des musulmans instruits s’opposent sincèrement à l’esclavage en tant qu’institution. Mais cette opposition ne s’appuie sur aucune justification dans les textes fondateurs de l’Islam. Les quatre principales écoles de fiqh précisent toutes les modalités d’acquisition et de traitement des esclaves. Les musulmans anti-esclavagistes d’aujoud’hui ont-ils été eux aussi contaminés par l’Occident, par les valeurs du maudit Siècle des Lumières ?

Bien sûr que si et tant mieux pour eux !

Par Melik - le 5 février 2008

salam

Jean-Paul, il faut être sérieux lorsque l’on parle de la pensée de quelqu’un, notament d’une sommité juridique, scientifique et philosophique comme Ibn Rushd. L’oeuvre philosophique d’Ibn Rushd s’axe autour de ce que l’on appelle le kalam, à savoir la théologie spéculative, et si il a été condamné par les autorités ash`arites de son temps c’est qu’il s’est attaqué à un ouvrage de Abû Hâmid al-Ghazâlî, la grande référence à l’époque. Tout comme Ibn Taymiyya deux siècles plus tard, mais sur des aspects différents (ce dernier refusant totalement le kalam sous quelque forme que ce soit, le premier le considérant comme quasi-obligatoire pour les élites intellectuelles et rejoint Ibn Taymiyya pour la masse). Ibn Rushd est un docte de l’islâm, qui croit au Coran et la Sunna, pour qui le sens obvie (câd littéral) du Coran ne s’oppose pas aux données de la science (et c’est tout le propos de ses oeuvres philosophico-théologiques, entre physique et méta-physique d’Aristote et dogmatisme ash`arite de l’autre), et qui a écrit un livre de fiqh qui est la référence des écoles islamiques du Maroc à Jakarta. Ibn Rushd comme son maitre Ibn Tufayl sont bien plus proche d’Ibn Taymiyya et ce sur n’importe quel plans (et ce dernier est tellement caricaturé par ces mêmes gens dont on parle alors qu’ils ne l’ont même pas lu, et encore moins compris, comparez-y les splendides études d’Henri Laoust, Georges Maqdissi et Jean Michot, les pseudo-Lumières s’éteignent d’elle-même face à l’érudition). Et à me répeter, cette selectivité vis à vis de la civilisation islamique et concomittante avec une logique d’islam bouc émissaire qui serait intrinséquement le Mal à moins de subir une amputation (sans anésthésie ou bien alors assommé par une bombe jetée du haut d’un B-52) de la sourate. Ces intellectuels sont le pendant des extremistes d’Al-Qa`ida & co, donnez leur une arme et ils éradiqueront les musulmans au nom d’une prétendue modernité. Ils sont les armes intellectuels de l’oppression des masses dans le monde musulman, dans leur soutiens aux dictateurs ou aux armées néo-coloniales.

Pour en revenir au sujet, le fond du problème et c’est ce que soulève très justement Vincent Geisser, c’est d’une part la pensée inquisitrice de ces intellectuels vis à vis de ceux qui ont pour seul tort de pratiquer leur religion comme elle est, sans chercher à modifier son aspect cultuel, spirituel ou autre de l’islâm, au nom d’une modernité occidentale qui a, en plus, bien du mal a exister dans son propre univers de référence. Pour ne pas parler que du débat Meddeb/Ramadan, je me souviens de cette tribune D’A. Bidar en plein Ramadan où il intimait aux musulmans de l’imiter dans le fait de ne plus jeûner car ce ne serait plus necessaire du fait qu’il aurait atteint un degré de reflexion sublimissime. Ou des 20 propositions de Chebel etc... Pour ma part, je ne vois pas de problème à ce qu’il définisse par eux-même la facon dont ils vont conduire leur vie, au contraire même. Mais pourquoi, alors que l’univers islamique ne leur plait pas et qu’ils ont choisi un autre référent cherchent-ils à transformer l’islâm vers autre chose. Je veux dire, lorsque on n’aime pas les règles du foot et que l’on préfère le basket, on n’essaye pas de faire appliquer les règles du basket à tout les footballeurs de la planète. Au pire on crée un nouveau sport avec ses propres règles mais ce n’est plus ni du foot ni du basket.

Mais leur schizophrénie, et aussi une certaine arrogance, les poussent à croire qu’ils sont au dessus des masses et qu’ils peuvent décider de manière autocratique ce que doivent penser les musulmans et ce qu’ils doivent être. Vincent Geisser l’a compris, les Musulmans cherchent à plaire à Dieu, quitte à ne pas plaire à autrui (dont surement Vincent Geisser lui-même et malgré tout il a l’honneteté intellectuel de ne pas fantasmer les musulmans et l’islam quand bien même il y’a des désaccord) et il émet sa théorie quand à ce à quoi ces intellectuels cherchent à plaire.

le 5 février 2008

En France au siècle des vessies qui invoquent jour et nuit par incantations "lumières,lumières", l’Islam apporte un renouveau incontestable. En fait, ces "nouveaux penseurs" comme le dit le texte s’adressent surtout aux profanes dont ils emploient le vocabulaire plus qu’aux musulmans. Il est plus facile de se faire entendre de quelqu’un en employant son vocabulaire, vous savez-tous cela n’est-ce pas ?

Ps : Je ne crois pas que les "lumières" (il faut voir lumière par rapport à quoi) se qualifiaient comme tel ;-). On ne se dit pas être, on est ;-)

Par Mathias - le 5 février 2008
Ben moi j’aime beaucoup l’émission d’Abdelwahab Meddeb sur France culture, j’y apprends plein de chose sur le monde musulman, son histoire, sa culture et surtout j’en retiens que c’est une civilisation dépositaire d’un grand savoir à vocation universelle. Si c’est ce que vous appelez une vision post-colonial... Je voudrais bien le défendre ce brave Monsieur contre ces attaques qui me semblent bien injustes.
Par Mehdi - le 4 février 2008
Salam alaikoum, article intéressant mais qui souligne une fois de plus l’exotérisme des problèmes des musulmans et non de l’Islam. L’amalgame est vite franchi. A vouloir réformer à coups de raccourcis et d’analyses historiques et géopolitiques, on en vient à oublier que l’Islam est une religion du coeur ! Et que seul Dieu nous guidera si l’on est sincère !
Par adapa - le 4 février 2008

A comparer le discours de quelqu’un avec celui des salafistes, pourquoi ne pas parler de ceux qui ne concçoivent les musulmans que croyants à 100%, pratiquants tous les rites, respectant le haram et le halal ect...

Car M. Geisser c’est bien ce qui semble ressortir de votre discours, vous voulez essentialiser les gens de culture musulmane uniquement aux croyants pratiquants, garantis 100% halal, en rejetant ceux dont les pratiques et la pensée s’est sécularisée et modernisée, et éloignés d’une lecture dogmatique de la religion. C’est d’autant plus étonnant, que vous vivez dans un pays dont les chrétiens se rapprochent plus des musulmans lights que vous dénigrez plutot que de l’équivalent chrétien de votre ami Ramadan.

Pourquoi dénier aux personnes de culture musulmanes ce que vous accordez aux chrétiens (vu que vous ne vous posez pas comme un catholique conservateur). N’êtes vous pas paternaliste, en disant en fait comment les musulmans doivent croire et pratiquer pour rester fréquentables à vos yeux, et non d’être des vendus du colonialisme ? Ne pensez vous pas que ils auraient pu développer ce discours, même si il n’y avait pas eu la colonisation, car pour des lettrés, la culture des lumières ne leur aurait pas été innacessible ? N’est ce pas réducteur de tout limiter à un cadre simpliste du (post)colonialisme ?

Discours étrange pour quelqu’un qui n’est même pas musulman, et donc n’a même pas l’escuse d’être un fondamentaliste. Comme dit précédement on est dans une réthorique anti-moderniste, que n’auraient pas renié pas nos papes les plus opposés à la liberté de conscience, quand il s’agissait de leurs brebis.

Par idéale - le 4 février 2008
A Christine : De quels droits bénéficient les femmes Tunisiennes ? Persécutées parce qu’elles portent le voile, torturées dans les prisons, victimes d’arrestations arbitraires... Sont ce de ces droits là dont vous voulez parler ?
le 4 février 2008

Une précision:toutes les personnes citées par Geisser se sont opposées aux propos(lamentables en effet)de Redecker.

L’islam “idéalisé” de Meddeb : c’est une caricature grossière. Meddeb connaît la richesse de la culture arabe,il sait faire partager son savoir, il permet à ceux qui,comme moi,ignorent cette culture de l’approcher et de l’admirer (je viens de lire l’étonnant traité d’Ibn Tufayl, le “philosophe autodidacte”). Mais rien ne permet de dire que Meddeb en fait un modèle qui se substituerait aux problèmes de notre temps. D’abord, il n’essentialise pas, rien n’est plus étranger à sa pensée. Ce qu’il nous montre au contraire, c’est la créativité, la diversité, le bouillonnement. Et il y puise de quoi légitimer une pensée libre et actuelle.

De plus, il s’en faut de beaucoup que tous les penseurs critiqués par Geisser aient le même profil intellectuel. La référence à une cité idéale, un âge d’or, même sous forme de caricature, est totalement hors de propos pour certains.

Face à ces “nouveaux penseurs” qu’il rejette, on aimerait connaître ceux que Geisser nous propose.

Il faut en venir, Geisser a raison sur ce point, à des problèmes concrets et actuels. Ce que ces “nouveaux penseurs” ont en commun, surtout, ce sont quelques prises de position que je résume : l’égalité juridique totale des hommes et des femmes, la légalité des unions mixtes, et en particulier la légalité du mariage entre une musulmane et un non-musulman, même athée, le droit à l’homosexualité, le droit de changer de religion, et de ne pas en avoir, le doit au prosélytisme en pays musulman la liberté de critiquer toutes les religions, même de façon irrévérencieuse, etc.

En cela ils rejoignent les idées de la gauche europénne, peut-on le leur reprocher ? Et c’est sur ces points précis, chers lecteurs d’Oumma.com, qu’il faudrait prendre position.

Par Amazone - le 4 février 2008
A Gilles vous écrivez : "Au non d’un différentialisme culturel, on en vient à pourfendre des intellectuels dont le seul tort est de se montrer universaliste et ouverts à la communauté de tous les hommes. Qu’y a-t-il de nocif à se revendiquer de la philosophie des lumières et vouloir réformer l’islam pour sortir cette religion des visions fondamentalistes et réactionnaires. Ma conviction est totale, le monde musulman doit épouser la laïcité. La foi relève de la sphère privée ! " Quand on est ouvert à la communauté de tous les hommes, on dénonce les violations des droits de l’homme commises chaque jours que Dieu fait, au Maroc, en Tunisie, an Lybie etc...on ne pas se cache pas derrière une prétendue vision fondamentaliste et réactionnaire de l’islam, qu’auraient les musulmans, et qui expliqueraient soit disant le retard que nous aurions pris. Les Chebel et toute la clique veulent nous faire croire que tous nos maux viendraient de notre vision étriquée de l’islam, qui nous maintiendrait dans une position de dominés, en dédouanant les dirigeants musulmans pour leurs mauvaises gestion de la politique tout simplement. Mais il est vrai que vue le courage qu’ils affichent, il est plus facile pour nos penseurs de l’islam light de s’en prendre à la populace qu’à ses dirigeants.
Par Christine - le 4 février 2008
Monsieur Geisser, entre deux maux, ne vaut-il pas mieux un Etat laïc autoritaire qui garantit les droits de la femme qu’une dictature islamiste qui opprime les femmes comme celle que nous avons connu avec les talibans. Je préfère être une femme en Tunisier qu’en Arabie Soudite où elles n’ont même pas le droit de conduire ou de sortir seules.
Par Amazone - le 4 février 2008
Cela faisait longtemps que j’attendais ce genre d’article. Bravo Mr Geisser. J’approuve à 100 % votre intervention. J’approuve d’autant plus que j’avoue faire overdose de ces nouveaux "prophètes" autoproclamés et labellisés par nos differents gouvernements. Overdose de cette vision de l’islam "aceptisé", véhiculée par Malek chebel and co, ceux qui se disent défenseurs des femmes musulmans, en les plombant plus qu’autre chose, un peu comme le mouvement de Fadila Amara. Ces compléxés de leurs orientalismes, qui cherchent à se démarquer de leurs frères avec un mépris jamais inégalé en prêchant un islam de "colons", avec des idées de colons et des manières de colons. Est ce pour se faire accepter par "les européens" qui les méprisent comme eux méprisent leurs compatriotes ? Ce que ne savent pas ces nouveaux "penseurs", qui veulent moderniser, ce qui l’est déjà à savoir l’islam, c’est que tant que leurs discours sied à nos dirigeants tous va bien mais s’ils venaient à prendre position pour leurs frères, ils seraient aussitôt mis à l’index. Il nous suffit de nous remémorer l’expérience de Amrouche, Algérien Chrétien, qui était au yeux des gouvernants français, à l’époque des colonialisme, le bon arabe chrétien intégré, qui est devenu leur bête noire le jour où il a pris position en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Je citerai pour finir une phrase de l’Emir Abdel kader "Mon Dieu préserve moi de mes amis mes ennemis je m’en occupe". A méditer pour nous musulmans, qui ne savons pas toujours qui sont réellement nos amis
Par Jean-Paul - le 4 février 2008
Abu’l-Walid Muhammad ibn Rushd a été déclaré hérétique par les autorités musulmanes et ses livres brulés, perçu comme un OVNI. C’est au contact de l’occident Abu’l-Walid Muhammad Ibn Rushd a été d’une grande modernité en appelant à une lecture philosophique du Coran. Cet esprit d’Averoes, on le retrouve chez Chebel, Arkoun, qui en sont les dignes héritiers. Tariq Ramadan et Hani Ramadan se rapproche plus d’Ibn Taymiya dans leur approche des textes sacrés que de l’immense Averoes.
Par oumma.com-uk-fan - le 4 février 2008

A Jean-Paul,

Conceptuellement parler de l« ’Islam des Lumieres » est illogique, car « la philosophie des lumieres » est humaniste par definition et ne peut etre appliquee au fait religieux.

Ibn Ruchd, n’est-il pas le premier intelectuel occidental qui ait fait la distinction entre Religion et Philosophie ?

Par Vincent GEISSER - le 4 février 2008

Vincent GEISSER à l’intention des "démocrates français et d’ailleurs", un document authentique :

Il faut arrêter de se leurrer sur le prétendu « esprit éclairé » et l’attachement aux droits de l’Homme d’intellectuels dits « démocrates » tels que Abdelwahab Meddeb. Non seulement, ce dernier observe un silence total sur la violation des libertés et des droits de l’homme en Tunisie mais, en plus, il apparaît aujourd’hui comme l’un des intellectuels franco-tunisiens les plus proches du régime autoritaire du général Zine El Abidine Ben Ali. Qu’on prenne connaissance de ce document authentique publié sur le site officiel de l’Ambassade de Tunisie en France. En mars 2004, le grand défenseur de « l’islam des Lumières » était reçu en grandes pompes par le digne représentant de la dictature tunisienne à Paris. Je vous donne en lecture cet extrait original du document de l’Ambassade de Tunisie et le lien correspondant (cliquez vite avant que les services de sécurité tunisiens ne le fasse disparaître à jamais :

http://www.amb-tunisie.fr/info/article.php3 ?id_article=25

Extrait original :

« Hommage à Abdelwahab Meddeb

16 mars 2004

Dans le cadre des efforts de l’Ambassade visant à encourager les intellectuels et hommes de lettres tunisiens résidant en France, l’Ambassadeur Moncer Rouissi a offert une réception en l’honneur de l’écrivain et poète Abdelawahab Meddeb, récompensé par le Prix François Mauriac pour son livre " La maladie de l’Islam " et le Prix Max Jacob pour son recueil de poèmes ".

La matière des oiseaux ". Y ont été conviés des représentants des milieux littéraires, des médias et du corps diplomatique ainsi que de nombreux amis de la Tunisie. Dans son allocution de bienvenue, M. Moncer Rouissi a exprimé tout son plaisir d’honorer Abdelawahab Meddeb l’écrivain, le poète, le penseur et l’homme de lettres. Il a salué en lui la richesse de la production littéraire et la profondeur de la réflexion sur l’Islam et ses rapports avec son environnement social et politique.

M. Samir Marzouki, ancien Directeur de l’Ecole Normale Supérieure, a pour sa part salué la pensée originale de Abdelawahab Meddeb, " un des meilleurs écrivains tunisiens ", qui a consacré sa vie à " une oeuvre de réflexion et de rapprochement entre les peuples ".

Enfin, l’universitaire Mezri Haddad [autre collaborateur du régime tunisien, auteur de pluiseurs ouvrages à la gloire de Ben Ali] a rendu hommage à l’oeuvre de Abdelwahab Meddeb qui y parait un " redoutable opposant aux thèses intégristes " ».

Source originale, site Internet de l’Ambassade de Tunisie à Paris : http://www.amb-tunisie.fr/info/article.php3 ?id_article=25

Par Melik - le 4 février 2008

salâm `alaykum

Ce qui me dérange (et que je trouve intellectuellement grave) le plus chez ces intellectuels médiatiques c’est cette faculté à mélanger différents aspects. On ne sait plus très bien si il est question de civilisation, de religion, de culture ou de politique.

Tout est amalgamé, sans aucun ordre rationnel si ce n’est celui d’un pseudo-élitisme de salon où la citation de noms de penseurs arabes et/ou musulmans (Avéroès, Ibn Khaldûn par ex.) et de penseurs européens (les Lumières, à déclamer avec un point d’exclamation) prime sur le fond.

Si d’un côté (celui de l’Islam, avec un grand I, ce qui dans la norme des historiens désigne l’aspect civilisationnel) on a le droit aux amalgames les plus lénifiants, de l’autre (celui de l’Occident) on a le droit a une magnification absolue où tout le bien (la fameuse modernité, en quoi un barbare occidental serait-il plus moderne qu’un barbare oriental ? Ah, l’un tue à coup de bombe et l’autre tue en égorgeant, en effet ? Tout de suite la modernité ca fait plus raffiné en théorie). Dans tous les cas on a à faire à des raccourcis simpliant. D’une part parceque l’évolution des sociétés, de la civilisation, du rapport à la religion n’a pas été le même en Occident...il n’y a pas l’équivalent dans les pays musulmans de l’absolutisme et de l’aspect imposant de l’Eglise Catholique et de son rapport historique aux non-catholique.

En ce sens, le rapport à la religion est très différent, la question des libertés intellectuelles religieuses etc...s’est posé en d’autres termes.

L’islam des Lumières, c’est à dire tel qu’il se présente dans les oeuvres de Boulainvilliers, Voltaire, Lamartine pour ne citer qu’eux -et non pas cette construction sans queue ni tête de M. Arkoun dont ils héritent- est loin de se réduire aux constructions et aux simplismes actuels. L’Orientalisme, avec d’énormes défauts, à mis en lumière justement cette richesse et cette complexité de la religion et de la civilisation musulmane. Prenons le cas amblématique de Voltaire, lisez-le vraiment, voyez son évolution entre le moment où il cite les amalgames de son temps (sa fameuse pièce "Mahomet") et le moment où il les déconstruit (son autre pièce "Femmes soyez soumises à vos maris" où il affirme que les femmes dans cet Orient tant encore vomis à son époque sont éminement plus libre qu’en Occident)

Et le plus important dans l’esprit des Lumières c’est qu’ils ne se contentaient pas de citer...mais ils lisaient et analysaient, débattaient.. Lorsque l’on parle aujourd’hui d’Ibn Rushd (Avéroès) il faut au moins connaitre son oeuvre et savoir de quoi il traite. Alain de Libera, (et d’autres comme Louis Gardet & Cheik Bouamrane auparavant), a fait un travail remarquable d’explication et de commentaire de la pensée médiévale islamique. Certains présentent Ibn Rushd comme un penseur rationaliste qui grace à Aristote aurait trouver sa voie hors de la religion alors que c’est le contraire, le rationalisme d’Ibn Rushd est éminement religieux et dans la démonstration de l’islâm en tant que verité, et son discours est articulé autour d’une problématique théologique qui n’a rien à voir avec la problématique des Lumières qui était plutôt l’emprise de l’Eglise Catholique sur la société (il ne faut pas oublier que les Lumières -quand bien même certains de ses penseurs sont agnostiques ou athées- héritent de l’élan réformiste protestant). C’est important de comprendre les différents niveaux qui sont en jeux. Le rapport d’un groupe religieux à la société n’est pas réduisible à la religion, le christianisme de l’Epoque Moderne nous le démontre avec les conflits entre catholiques et protestants. Il y’a un fond religieux, mais l’essence du problème comme dans tout conflit est de nature politique.

Et quand on dit cela on n’a rien dit car il ne s’agit que d’une partie infime du problème. Tariq Ramadan dans l’émission sur France3 a bien raison de dire qu’il avoir l’humilité lorsque l’on parle de 14 siècles d’histoire, de civilisation avec ses hauts et ses bas, de cultures extrêmements variées (beaucoup plus qu’en Europe) de ne pas réduire à des termes simplificateurs.

Meddeb et les autres en sont à un stade où l’amour aveugle et passionné qu’ils ont pour les valeurs occidentales leur rend négligeable les autres vies. Al-Qa`ida est un groupe criminel a ses yeux non pas parceque des innocents sont morts durant le 11/09 mais que l’Amérique ait été touchée. Comment diable ose-t-il s’en prendre à ce berceau de la liberté. Ils ne peuvent être que des barbares jaloux aveugles et nihilistes. La politique amérique c’est le bien et la mort d’innocents afghans, irakiens, tchétchénes...après tout est bien mérité (11/09 étant l’événement le plus tragique selon lui...quid par ex. des massacres bien européens de Srebrenica où tous les pays ont laissé faire par crainte de voir une république islamique au coeur de l’Europe, voilà un résultat concret des fantasmes sur l’islâm auxquels on a le droit depuis des décennies et très bien étudié par Thomas Deltombe).

Bref, pour ma part, avec une exception notable pour Malek Chebel car même si il tombe dans les mêmes travers a au moins la décence du respect du sujet étudié, je pense que ces intellectuels médiatiques relèvent plus de la psychanalyse et souffrent d’un manque paradoxal de rationnalité et d’une hémiplégie de l’intellect.

et Dieu est plus savant.

Par Jean-Paul - le 4 février 2008
A oumma.com-uk-fan ; Les lumières pour avoir été une invention française n’en demeure pas moins être d’une dimension universelle. La philosophie des lumières ont été une avancée exceptionnelle pour l’homme et l’humanité. Il est donc normal en raison de son universalité que l’on parle de l’Islam des lumières. Où est le problème ? Cela vous embrasse-t-il que les lumières soient une invention française. Je suis sûr que non !
Par oumma.com-uk-fan - le 4 février 2008

A Jean-Paul : L’Islam des Lumieres est une invention francaise.

Vous n’avez rien compris a l’intervention de M. Geisser. Il ne nie pas l’existence de Musulmans intolerants. L’utilisation de l’expression « Islam des Lumieres » est inappropriee car l’Islam promeut les valeurs humanistes auxquelles vous souscrivez. Ces intelectuels remettent en question l’unicite de l’ Islam

Pour paraphraser M Seniguer, l’Islam est Un mais aucun musulman n’a la meme sensibilite. La critique de l’Islam doit impliquer la distinction entre Islam ; Communaute Musulmane ; Individu Musulman. Cette demarche intelectuelle n’est pas toujours suivie par les « nouvelles Lumières de l’Islam ».

Si les intelectuels musulmans vous interesse pourquoi ne pas lire « les nouveaux penseurs de l’islam » par Rachid Benzine.

Par Gilles - le 4 février 2008
Au non d’un différentialisme culturel, on en vient à pourfendre des intellectuels dont le seul tort est de se montrer universaliste et ouverts à la communauté de tous les hommes. Qu’y a-t-il de nocif à se revendiquer de la philosophie des lumières et vouloir réformer l’islam pour sortir cette religion des visions fondamentalistes et réactionnaires. Ma conviction est totale, le monde musulman doit épouser la laïcité. La foi relève de la sphère privée !
Par Tahar - le 4 février 2008
J’au vu le débat entre Abdelwahab Meddeb et Tariq Ramadan. J’ai été ébloui par la verve et le charisme d’ Abdelwahab Meddeb. Tarisq Ramadan a été pris plusieurs fois en défaut. Le discours de Tariq Ramadan parfaitement convenu et brouillon a été mis en pièce par le brio et la culture d’un Abdelwahab Meddeb plus en forme que jamais !
Par lye - le 4 février 2008

Bonjour, J’avoue que je portais un intérêt quand un invité exposait ses idées sur un plateau de télévision. Désormais, et j’ai remarqué depuis des années que ces invités ne nous renseignent plus, ils font comme tous "LA RECLAME" de leurs ouvrages que Carrefour met en évidence et d’autres magasins ... .

Les auteurs choisissent des versets coraniques, des récits de la Sounna pour s’adapter aux débats d’idées et d’heurter le moins possible le programme politique et sociale de nos contemporains.

Viry-Chatillon Essonne 91

Par Antoine - le 4 février 2008
C’est le monde à l’envers. Les combattants pour l’émancipation des femmes, les défenseurs de la démocratie et de la laïcité passent maintenant pour des suppôts du colonialisme. Quel renversement des valeurs ! Malek Chebel a écrit les plus beaux ouvrages sur l’Islam. il a dévoilé les tabous sexuels dans les sociétés musulmanes. Ces traditions d’un autre âge qui font de la femme musulmane une mineure. Malek Chebel est un esthète au style raffiné et poétique. Et on fait de lui un homme qui serait aliéné. Non, 100 fois non, soyons lucide et ne cédons pas aux simplifications et au radicalisme religieux bon teint
Par houd93 - le 4 février 2008
Jean paul comment peut dire que ces gens sont éclairés lorsque Monsieur meddeb et d’accord avec la politique de bush et ses massacres en afghanistan. Il a dit qu’il etait peiné pour les americains du 11 septembre et que la reaction americainne etait normale c’est a dire le massacre de milliers d’afghans qui n’avaientt rien avoir avec ça !!! Si c’est ça etre eclairé alors je préfere rester dans la penombre
Par Hakim I. - le 4 février 2008

C’est marrant, quand j’ai regardé l’émission de Taddei (excellente emission d’ailleurs), j’ai écouté le discours de Meddeb, et je me suis demandé :

"Il a besoin d’un visa ou quoi lui ?" :)

Par SADOK - le 4 février 2008
rien de nouveau, mais celui qui compte les intellectuel ou bien le fait de réliser un constat sur le niveau stastique ne fait pas partie des travaux qui influence le monde musulman dans mon sens. Utiliser des mots "light" n’est ou salafist ou autres ne doit pas conserner les réligions, en particuliers l’islam puisque les savants confirment qu’il existe un et un seul Islam.....
Par Fatiha - le 4 février 2008

salam a’likoum/Bonjour,

A Ines L. : tu devrais lire "marianne et allah".

Les assimilationnistes sont des deux bords.

Par Jean-Paul - le 4 février 2008
Je ne comprends pas le propos de Vincent Geisser. Comment peut-on être contre les lumières, la rationalité, la modernité, la tolérance, l’humanisme, l’intelligence de ces grands écrivains appréciés et aimés de tous, courageux, qui ont pris tous les risques, parfous au péril de leur vie pour s’élever contre l’obscurantisme et le fanatisme.
Par Axiom - le 4 février 2008
Vous auriez pu ajouter le saltimbanque de service, nouveau "chouchou" du show-biz, ABDELMALIK...
Par Nadjib Zoubir - le 4 février 2008
j’ai regardé l’autre soir,l’émission ce soir ou jamais ,avec un melange d’interet et de profond agacement,interet pour les propos apaisés ,résponsables et bien construits du professeur Tarek RAMADAN,toujours egal a lui meme,un grand intellectuel dominant son sujet,avec toujours l’arme du raisonnnement bien documenté,et profondémént agacé par ce meddeb,dont les propos a l’egard du Pr RAMADAN sont indignes,puisque on a eu droit,faute d’arguments a des attaques personnelles ,du genre votre grand pere Hassan el BANNA ceci cela et les filles de ce dernier toutes des intellectuelles ,soupconnées d’etre voilees comme si c’etait un crime,quel honte d’accer le débat sur des attaques non seulement personnelles,mais dirigéees contre des proches ,alors qu’il etait question de débattre sur les" maux qui rongent" l’islam,et dont le principal a mon sens est de voir des specimens du genre mr meddeb,pretendre defendre ,leur "islam eclairé".moi je vous dis humblement ,l’islam eclairé c’est le prophete sidna Mohammad,beaucoup de musulmans le sont aussi a un degré moindre,mais sont eclairés tout de meme,le pr RAMADAN est de cette trempe,n’en déplaise à Meddeb
Par Ines.L - le 4 février 2008

Monsieur Vincent Geisser, parle d’un "islam light" Mais le "complexe du colonisé" n’est pas propre aux auteurs tels que les Chebel, Meddeb, Benslama, mais Monsieur Vincent Geisser ne parle pas du tout de ce "complexe du colonisé" est également perceptible dans les instances prétendues repésentatives de l’Islam de FRANCE : CFCM.

Tout le monde a encore en mémoire cette fetwa de l’UOIF durant les émeutes des banlieues.Certains affirment même que cette fetwa a été produite à la demande de Sarkozy.

Tariq Ramadan n’est pas en reste, lui qui était tout heureux de faire partie d’une commission mise en place par Tony Blair, meilleur allié des américains lors de la guerre contre l’Irak en 2003. Moi qui vit en Anglettere, cet empressement de Tariq Ramadan a choqué beaucoup de musulmans pacifiques qui était contre la guere contre la guerre en Irak. Et c’est avec fierté et empressement que Tariq Ramadan a annoncé cette info !!!!!!!!!

Pensez-vous par exemple que José Bové siègerait dans une commission composée de membres favorables aux OGM ?

Le complexe du colonisé est la chose la mieux partagée et pas seulement par les promoteurs de l’islam light !

Par alandalus - le 4 février 2008

vincent geisser est formidable : dès qu’on n’est pas d’accord avec lui, on est colonialiste. le problème, c’est que le "déclin" n’est pas la conséquence de la colonisation, il en est la cause.

En effet, jusqu’au milieu du 17ème siècle (environ), les pays d’islam sont d’un niveau égal à l’occident en matière économique, technologique et même politique : ils amassent d’immenses richesses grace au commerce avec l’asie du sud est, l’empire ottoman est plutôt bien administré et ni plus ni moins "éclairé" que les despotes européens, les sociétés musulmanes sont sensiblement dans le même état que les sociétés européennes et les penseurs musulmans sont plutôt plus libres que leurs homologues européens. c’est en partie pourquoi l’islam progresse militairement (en europe) et "spirituellement" (expansion en inde et en indonésie). Bref, culturellement, l’islam fait largement jeu égal si bien qu’au 17ème siècle la colonisation du monde musulman est non seulement à peu près impensée (les croisades sont loin) mais surtout impossible : l’occident n’aurait pas les moyens de s’implanter face à ces sociétés et cet Etat solide, structuré, cohérent qu’est l’empire ottoman.

Le problème, c’est que les pays musulmans ratent plusieur tournants : la découverte du nouveau monde produit une réorientation du centre de gravité économique de l’europe vers le nord, l’imprimerie est connue en islam mais reste inexploitée, les inventions technologiques dans les domaines agricole et maritime ne sont pas relayées etc. Surtout, l’empire ottoman, mais avec lui l’ensemble du monde musulman, se croit à l’abri de ces évolutions et capable de se dispenser d’en tirer les conséquences économiques, politiques et sociales : "naturellement" éclairé, l’islam n’a pas besoin des Lumières ! la prise de conscience des retards accumulés se fera au moment de la campagne napoléonienne en Egypte et en Syrie. La Russie aura la même sensation au moment de la guerre de crimée. Dès lors, toutes les tentatives de réformes entreprises échoueront ce qui rendra possible la colonisation, au détriment d’un empire ottoman en décomposition.

il ne s’agit pas d’incriminer l’islam en lui-même : ce sont les leaders politiques et philosophiques musulmans qui ont failli, pas l’islam lui-même. il ne s’agit pas non plus de minorer les effets destructeurs de la colonisation mais l’occident a profité de la faiblesse des pays musulmans mais il n’en est pas la cause.

plutôt que d’incriminer uniquement le grand méchant occident (qui a des responsabilités écrasantes bien évidemment), il s’agirait donc de se demander what went wrong comme l’a dit bernard lewis... que monsieur geisser prend certainement pour un colonialiste j’imagine.

meddeb, bidar et chebel ne font pas autre chose.

david

Par ibrahim - le 4 février 2008
L’islam est l’islam, pas d’islam de ceci ou de cela, j’ai toujours peur que l’ajout d’un adjectif ou d’un adverbe autour du mot ‘’islam’’ soit en tant que telle signe d’une mauvaise compréhension de l’islam. Certains auteurs définissent l’islam comme un texte (coran, la sunna) et une pratique (l’évolution historique des différentes régions de l’islam). Le drame va commencer quand on voudra transposer une histoire d’une région à une autre traitant les habitants de cette dernière de tous les noms. Etre musulman chez les Esquimaux se vit différemment, qu’être musulman chez les Touaregs, ou en pleine forêt amazonienne. Par l’histoire des régions, on entend par là, la responsabilité des musulmans. Ils ont la charge à chaque instant de trouver une meilleure traduction en acte des principes de l’islam. Qui sait, il aurait peut-être chez les « musulmans de lumière » comme d’ailleurs chez leurs adversaires, une volonté de puissance ou de savoir, et comme toute volonté de puissance, elle cherche toujours à s’impose comme LA référence en dehors de laquelle il n’aurait point de salut. Une réforme doit s’inscrire dans l’évolution générale des sociétés qu’elle entend réformer. Autrement on impose.
Par Carsson - le 4 février 2008
Juste un mot et un seul pour qualifier cet article de Vincent Geisser : sublime !
Par CASPAR Claude - le 4 février 2008
Bism’llah ar-rahmân ar-rahîm. Il n’y a pas d’Islam "light" ou "soft"comme le clame Vincent Geisser...Il n’y a qu’un ISLAM,religion de l’ouverture,de la fraternité , de la tolérance et je suis fier d’avoir adhéré à cet Islam d’Amour dont ne se réclament pas seulement les intellectuels musulmans.. Le soufisme,entre autres,tel qu’il est décrit par de très grands musulmans est le coeur de l’Islam,ce message universel de Vérité.. as-salâmu ’alaîkum,wa rahmat’ullah,wa barakâtuh
le 4 février 2008
Merci Mr Vincent Geisser. En effet, tant que les musulmans ne se seront pas débarrassés de leur complexe d’infériorité vis à vis de l’occident moderne, non seulement leur frustration ou leur haine grandiront, mais surtout ils ne goûteront rien à la foi. N’est-il pas méprisant de reprocher à l’Islam d’être inférieur à l’agnosticisme ? Cette parole divine leur sied très bien : "Mâ qadarû-Llâha haqqa qadrih" (Ils n’ont pas estimé Dieu à Sa juste valeur) (Coran, 39, v.67) Puisse Dieu nous faire goûter à la douceur de la foi, âmîn.
Par Haoues Seniguer - le 4 février 2008

Il m’est avis, dans le prolongement de la réflexion de Vincent Geisser, que le problème nodal de tous ces "nouveaux intellectuels", dont certains ne sont du reste peut-être pas toujours de mauvaise foi (du moins j’ose le croire !), est d’évoquer "la maladie de l’islam" plutôt que celle d’une catégorie infime de musulmans, d’ orientalistes et néo-orientalistes parfois déguisés.

Quand est-ce que l’on différenciera conceptuellement l’islam, lequel n’est pas un agent, des musulmans et des hommes plus en général, qui eux, au contraire, sont censés lui conférer vie, souffle et dynamisme ?

En effet, demeure une confusion lourde de conséquences entre l’islam vécu, concret, "sociologique" et l’islam pensé, imaginé voire fantasmé !

C’est moins l’islam qui est malade que ses contempteurs et thuriféraires aveuglés...

Notre regard sur les monothéismes doit changer et ce changement doit se faire avec tous et non avec quelques-uns, d’ailleurs souvent portes-parole autoproclamés de l’islam "éclairé".

Par Michael - le 4 février 2008
Vincent Geisser préfère-t-il l’islam archaïque d’un Tariq Ramadan, l’homme au moratoire. Vincent Geisser doit certainement savoir que son ami intime Tariq Ramadan qu’il défend contre vents et marées, a fait l’éloge du Cheikh Quadaoui dont on ne peut pas dire qu’il soit l’héritié d’Averoes ou Ibn Khaldoun.
Par Jipax - le 4 février 2008
Si l’islam doit avoir un avenir, il passera nécessairement par cet "islam des lumières" qui seul lui permettra de vivre la douloureuse mais inévitable traversée de la modernité historico-critique. Cet article a des relent de "Syllabus" et de lutte antimoderniste telle que celle que le catholiscisme a conu il y a plus d’un siècle... Une impasse absolue.
Par Sonia - le 4 février 2008
En tant que musulmane, je me sens plus proche de l