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Vu du monde arabe. Le recul du dollar est inéluctable

La dédollarisation s’accélère, sous l’effet de la guerre en Ukraine, des sanctions à tout-va imposées par Washington et du come-back de la Chine au Moyen-Orient, explique le directeur du Gulf State Analytics. Ex-alliés inconditionnels des États-Unis, les pays du Golfe, dont les monnaies sont indexées au billet vert, n’échappent pas à la tendance.

Le dollar n’est pas en passe de s’effondrer, mais il est en déclin. Il n’y a pas si longtemps, on n’aurait pas pu concevoir que la monnaie américaine perde sa prépondérance incontestée sur le marché mondial. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Au cours des vingt-cinq dernières années, la part de marché du dollar est passée de plus de 70 % à moins de 60 %. En 2001, la part des réserves [de change] mondiales détenues en dollars était de 73 %. Cette année, elle n’est plus que de 58 %.

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 et la réaction occidentale à l’agression de Moscou ont entraîné une accélération du rejet du dollar. Imposition de lourdes sanctions américaines contre la Russie, gel des réserves russes de dollars, retrait des grandes banques russes de Swift [réseau mondial de transmission d’informations relatives aux virements bancaires] : plus que jamais, la dédollarisation est en marche.

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“Une garantie contre les sanctions américaines”

En menant une guerre financière totale contre la Russie, Washington a incité davantage de pays du Sud à chercher des solutions alternatives au dollar. La Chine attend depuis longtemps de voir sa propre monnaie s’imposer davantage dans le commerce international. Depuis des années, Pékin tente d’accroître l’adoption de sa monnaie sur toute la planète.

“La politique volontariste de la Chine en faveur des échanges et des investissements en yuan − connue aussi sous le nom d’‘internationalisation du renminbi’ − a débuté lors de la crise financière mondiale de 2007-2008, explique John Calabrese, chargé de cours au Middle East Institute (Washington). Les responsables chinois ont alors acquis la conviction que l’utilisation du dollar comme principale devise [dans les échanges internationaux] pourrait rendre leur pays plus vulnérable aux fluctuations internationales des marchés.” Depuis février 2022, la Chine a grandement bénéficié de l’accélération de la dédollarisation.

Courrier International 

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