« Trop d’Arabes à Toulouse ». Ces propos éminemment condamnables et foncièrement anti-républicains ont été tenus, la semaine dernière, par Aviv Zonabend, un conseiller municipal toulousain en tout point indigne de sa mission auprès de ses concitoyens, au micro d’une radio israélienne.
Cette petite phrase choc, aux forts relents islamophobes, qui bafoue les valeurs cardinales de la France, a été assénée en hébreu et non dans la langue de Molière, ce qui est l’argument massue utilisé par son auteur pour se dédouaner de tout dérapage verbal…
En effet, Aviv Zonabend ne nie pas avoir prononcé ces paroles abjectes, qui provoqueraient une levée de boucliers si elles vouaient aux gémonies une autre communauté, mais assure que sa langue a fourché, car maîtrisant mal l’hébreu. Il fallait, selon ses dires, entendre le mot « islamistes » au lieu « d’arabes ». Pas de chance, c’est bien le vocable « arabes » qui a été perçu très distinctement. Il s’agirait donc, d’après lui, d’un simple lapsus, mais ô combien révélateur…
Sa défense, guère audible, a laissé de marbre le maire de Toulouse, Jean-Luc Moulenc, qui l’a convoqué hier, jeudi 3 mai, après avoir pris connaissance de la traduction assermentée en français de son interview donnée à la radio israélienne Galatz. Le doute n’étant plus permis, le premier magistrat de la ville rose a laissé 24 heures à son conseiller municipal pour démissionner, ainsi que l’a rapporté La Dépêche.
Voici le communiqué officiel du maire de Toulouse, en proie à une consternation certaine :
« La traduction assermentée de l’interview donnée par Aviv Zonabend, conseiller municipal délégué, à la radio israélienne Galatz, m’est parvenue aujourd’hui. Elle confirme, hélas, ses propos tenus en hébreu comme relaté par The Times of Israël dans son article du 26 avril.
Ces paroles sont en violation profonde avec l’esprit de tolérance et de respect qui constitue la boussole de mon engagement et de celui de toute mon équipe dans sa diversité. Et, même si elles sont en rupture avec les positions qu’a toujours exprimées notre collègue jusqu’ici, il n’en demeure pas moins qu’elles ont été effectivement prononcées, qui plus est dans le cadre où Aviv Zonabend était présenté comme élu municipal de notre ville.
En conséquence, en vertu du principe de responsabilité et conformément à mon échange avec lui vendredi dernier, j’ai informé aujourd’hui Aviv Zonabend qu’il a le devoir de présenter, sous 24h, sa démission de ses mandats d’élu municipal et métropolitain. A défaut, je prendrai mes responsabilités en lui retirant l’ensemble de ses délégations exercées tant à la Mairie de Toulouse qu’à Toulouse Métropole ».
Loin de faire amende honorable, alors que l’opprobre général s’abat sur lui, Aviv Zonabend a clamé haut et fort : « Je ne démissionnerai pas ! ».
Une bravade que n’a pas dû apprécier François Briançon, le président du groupe socialiste au conseil municipal de Toulouse, si l’on en juge par sa déclaration indignée : « Les propos tenus par Aviv Zonaben sont, quel que soit leur contexte, irresponsables et condamnables. Nous les dénonçons avec force. En lui demandant de démissionner, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a fait le choix qui s’imposait ».
Un élu toulousain assène “Trop d’Arabes à Toulouse”, le maire demande sa démission

