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Turquie. Erdogan détourne, malgré lui, les jeunes de l’islam

Au pouvoir depuis deux décennies, Recep Tayyip Erdogan et les islamo-nationalistes de l’AKP prétendaient façonner une « génération pieuse » à leur image. En dépit des moyens déployés, le bilan est plus que mitigé.

Nous allons former une génération pieuse déclarait, en 2012, Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre et bientôt Président d’une République laïque depuis 1923. Depuis, pour satisfaire le Reis, le pouvoir n’a pas lésiné sur les moyens, en particulier dans le secteur de l’éducation. Les Imam Hatip, établissements religieux censés à l’origine former les futurs imams, se sont multipliés. En dix ans, le nombre de lycées de cette filière a fortement augmenté et celui des collèges a triplé, au point que certains parents, bien que n’étant pas musulmans sunnites, se retrouvent contraints par la carte scolaire d’y inscrire leurs enfants. Ils comptent 1,5 million d’élèves.

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Mais ces changements en profondeur, tout comme la construction de mosquées géantes ou la production de séries télé à la gloire des héros musulmans, n’ont pas rencontré l’écho espéré dans la jeunesse.

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Au contraire même, selon l’institut de sondages Konda, qui souligne les mutations de la pratique religieuse chez les jeunes se définissant comme croyants. Ils ne sont plus que 58 % à observer le jeûne du ramadan (74 % dix ans plus tôt) ; tandis que 50 % des filles portent le voile, au lieu de 57 %. L’accès massif aux nouvelles technologies, à une vie plus moderne, a joué un rôle important, mais la vraie raison de cette évolution est la mauvaise image que le pouvoir a donnée de la religion », déplore Cemal, universitaire d’Istanbul, qui tient à l’anonymat pour ne pas perdre son emploi.

Ouest France

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