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Silence, on tue: Nous prenons la parole en tant que juives et juifs de France pour refuser que ce génocide soit réalisé en notre nom

Des juifs de France s'opposent à la politique israélienne à Gaza, dénonçant le soutien du gouvernement français et appelant à la solidarité.

Pourquoi lire cet article :

  • Pour comprendre la position des juifs de France face à la violence à Gaza.
  • Pour explorer les implications de la répression des manifestations en France.

« Nous combattons des animaux et nous agissons en conséquence. »
Yoav Galant, ministre de la Défense

« Toute la nation [palestinienne] est responsable. »
Isaac Herzog, président de l’État d’Israël

Ces déclarations des plus hautes autorités politiques de l’État israélien concernant l’offensive militaire en cours à Gaza ne laissent planer aucun doute sur leurs intentions génocidaires.

À l’heure où nous écrivons, 2 808 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont plus de 1 000 enfants, par les bombardements massifs israéliens.

En l’espace d’une semaine, environ 6000 bombes y ont été lancées par l’armée israélienne, presque autant que par les États-Unis lors de l’année la plus meurtrière en Afghanistan. Le blocus total mis en place par l’armée israélienne autour de Gaza prive ses habitants d’eau, d’électricité et de nourriture, condamnant à mort des dizaines de milliers d’entre eux.

L’impossible évacuation ordonnée par les autorités israéliennes, l’intensification des bombardements et l’annonce d’une offensive terrestre imminente laissent présager un désastre humanitaire et un probable crime contre l’humanité. Cette violence punitive est annoncée, tolérée, permise et même soutenue par la communauté internationale.

Les bombardements israéliens visent délibérément à causer le plus de dommage possible, conformément à la doctrine militaire développée par l’ancien chef d’État-major Gadi Eizenkot, membre du cabinet d’urgence formé par Netanyahou pour diriger les opérations. Il n’y a aucune distinction entre le civil et le combattant armé. Il y a deux jours, sur la route Salah-Al Deen, l’armée israélienne a frappé un convoi de civils fuyant la ville de Gaza City, tuant au moins 70 personnes, principalement des femmes et des enfants.

Qui plus est, les observateurs internationaux comme Amnesty et Human Rights Watch alertent sur l’utilisation de phosphore blanc, proscrit par le droit de la guerre, et certains cas sont déjà bien documentés.

Le choc causé par les atrocités commises le week-end dernier par les combattants palestiniens a laissé la société israélienne dans un tel état de sidération que bien peu de voix s’élèvent pour dénoncer les crimes de guerre et la politique génocidaire de leur gouvernement. Ce dernier bénéficie d’un soutien important dans la société civile, y compris parmi les secteurs mobilisés contre lui sur la question de la réforme judiciaire.

Les décennies de colonisation et d’occupation ont profondément ancré dans la conscience collective la déshumanisation des Palestiniens, légitimant le traitement inhumain et barbare qui leur est infligé.

De son côté, le gouvernement français, en défendant le « droit d’Israël à se défendre », a apporté son soutien à une offensive israélienne dont tout le monde savait déjà qu’elle viserait principalement les civils palestiniens.

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Franchissant un cran supplémentaire, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a ordonné l’interdiction systématique des manifestations de soutien au peuple palestinien et s’emploie à réprimer toute expression de solidarité. Verbalisations, interpellations, arrestations, procédures de dissolution, tous les moyens à disposition des appareils policier et judiciaire sont employés.

À Strasbourg, parmi les 13 manifestants arrêtés ce 13 octobre, figurent deux militants historiques du mouvement de solidarité, membres de l’Union juive française pour la paix (UJFP). Les journalistes sont aussi ciblés, à l’instar du journaliste Taha Bouhafs, arrêté avec sa carte de presse à la main alors qu’il couvrait le rassemblement. Ces arrestations sont politiques. La violation du droit élémentaire à manifester constitue un déni de démocratie qui s’inscrit dans le renforcement des tendances les plus autoritaires et illibérales de l’État sous la macronie.

Afin de justifier sa politique répressive, le gouvernement français prend pour prétexte la nécessité de lutter contre l’antisémitisme. Sous ce prétexte fallacieux, qui se fonde sur la propagande israélienne amalgamant juif et sioniste, antisionisme et antisémitisme, il crée les conditions du mal qu’il prétend combattre. Interdire l’expression légitime de la solidarité avec un peuple dont le nettoyage ethnique se déroule en direct sous nos yeux, tout en associant cette interdiction avec la lutte contre l’antisémitisme, ouvre la voie à tous les dérapages et à tous les amalgames.

Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette politique irresponsable qui, loin d’aller dans le sens d’un apaisement en France, s’attaque au droit démocratique de manifester en en faisant porter le chapeau aux juifs. Interdire que la colère et la solidarité s’expriment légalement et dans le cadre du mouvement de soutien à la lutte anticoloniale des Palestiniens, c’est prendre le risque qu’elles s’expriment avec d’autant plus de confusions et de débordements. Ce sont les crimes israéliens, et non pas leur dénonciation, qui alimentent l’antisémitisme.

En tant que juifs, nous réaffirmons que la douleur ressentie actuellement par les juifs de France et les Israélien·nes suite aux massacres du Hamas ne saurait justifier un nettoyage ethnique à Gaza.

Nous refusons qu’un génocide soit réalisé en notre nom.

Nous appelons toutes les organisations, associations et personnalités se réclamant de la lutte universelle pour la justice, la dignité et l’égalité à serrer les rangs. Face au pire qui se prépare en Palestine, face à l’autoritarisme et au racisme en France, notre responsabilité est immense.

Nous réclamons :

La libération des militant·es et manifestant·es arrêté·es
– Le droit de manifester en solidarité avec la lutte du peuple palestinien
– L’arrêt immédiat des bombardements israéliens et le retrait des forces armées israéliennes
– La levée du blocus et du siège de Gaza
– Des négociations en vue de la libération des otages et des prisonnier·es politiques
– Des sanctions internationales contre l’État israélien

Collectif Juif Décolonial 

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One Comment

  1. Analyse de ce nouveau conflit israelo-palestinien

    L ‘attaque terroriste du Hamas, qui ne représente pas la Palestine, a fait injustement de nombreux morts, et a sans surprise provoquée une vengeance et une réaction militaire disproportionnée de la part d’Israël. Celle-ci restera sûrement impunie. Des réactions se sont faites entendre de part le monde et en France. On peut en tirer 3 analyses.

    Une traque politique et médiatique :

    Je note qu’encore une fois, malgré la supposée liberté d’expression que revendique l’hexagone, on impose au peuple français une seule position : défendre Israël, interdiction absolue d’avoir de l’empathie pour le peuple palestinien, pas de “Mais”. A chaque fois la même situation, lors d’un drame en France ou au proche Orient , la liberté d’expression est suspendue. Pourtant les mots sont nécessaires, sinon la violence et la colère ne seront que la seule réponse. C est d’ ailleurs se qui se passe en France. Oui, malgré cette interdiction de la parole, j’ai besoin de mettre des mots sur ce que je ressent.

    L’Etat français tient un discours ambigu, contradictoire et irresponsable : manifestation interdite pour le peuple palestinien afin ne pas prendre position et de ne pas importer le conflit di- il , cela se comprend et se justifie. Alors pourquoi les mêmes autorités ne se gênent pas pour exprimer leurs soutiens sans faille à Israël. Comment être pris au sérieux ? Comment aimer la France ou faire aimer l ‘hexagone à travers le monde ? Lors d ‘un conflit, il n’y a rien de plus stupide pour un Etat neutre que de prend partie.

    Il faut donc dénoncer cette stupide ” traque” aux soutiens qui sévie, qu’elle soit de part et d’autre et qui ne sert aucune cause.

    Seconde analyse, quelle position avoir ?

    Depuis quelques jours, nous avons tous entendu où presque : soutien à Israël, soutien à la Palestine, soutien à la paix..
    Toutes ces positions sont respectables et se valent mais , je dit bien mais , car ce mot est interdit paraît il, ne réglerons pas le conflit. Oui ce “mais” interdit permet sûrement de pousser un peu la réflexion, ce conflit ne s’arrêtera qu’ en réglant les causes profondes : les colonies illégales selon l’ ONU et l’absence d’un état palestinien. C’est les seules solutions pour apporter la sécurité à Israël.

    Alors, on aura beau répéter comme on veut nous l’imposer de part et d’autre, je soutien, ou je condamne, cela ne réglera rien. Cela ne servira strictement à rien. Il n’y a que deux solutions : la politique ou l’exil.

    Troisième analyse : le favoritisme culturelle.

    Ukraine, haut Karabach , Palestine. La mobilisation pour ces trois conflits n’est pas la même, sûrement à cause d’une préférence culturelle, on peut le constater. Si ce favoritisme ne venait que du peuple, cela serait une chose, mais le problème c’est qu’ il est assumé par tous les Etats. Qu’il soit européen ou musulman. Oui je pense que la Palestine aurait plus de défenseurs si les Etats arabes dénonçaient se qui se passe en Arménie si proche ou bien en Ukraine. Si l’Europe également manifestait un peu plus de compassion pour les civils palestiniens, elle aurait sûrement moins d’attaques terroristes.

    Cela s’ appelle, la réciprocité, un mot plein se sens et que je “soutiens”. Voilà peut-être une condition pour que cette “paix” ne s’instaure’ :

    Se soucier de l’intérêt de l’autre et que l’autre se soucie de mon intérêt.

Les pays arabes condamnent unanimement l’horrible attaque contre l’hôpital de Gaza. Ils désignent Israël comme seul coupable

Le vertigineux minaret de la Grande Mosquée d’Alger paré d’un immense drapeau palestinien