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Rome : une candidate voilée aux municipales pourrait devenir la plus jeune élue locale de tous les temps

A Rome, à l’approche d’un week-end électoral de tous les dangers pour la maire sortante, Virginia Raggi, qui fait dire à certains fins observateurs, non sans une pointe de sarcasme, qu’en politique, il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéïenne, une jeune femme musulmane incarne le renouveau à bien des égards.

Dans la ville éternelle qui attise toutes les convoitises, alors que nombreux sont ceux qui rêvent de se voir remettre les précieuses clés du pouvoir local, Mariam Ali, 20 ans, est le visage, plein de fraîcheur, de la diversité italienne rayonnante.

A la veille du premier tour d’un scrutin municipal, âprement disputé, qui en comporte deux (les 3 et 4 octobre, puis les 17 et 18 octobre 2021), l’étudiante en droit, très attachée à ses racines égyptiennes, esquisse ses premiers pas sur la scène publique, revêtue d’un hijab qu’elle arbore fièrement, notamment sur les affiches électorales, et sans crainte.

De l’autre côté des Alpes, la très engagée Mariam Ali, qui porte haut les couleurs du parti Demos –Solidarité et Démocratie (une coalition de centre-gauche), fait l’éclatante démonstration que la valeur n’attend pas le nombre des années, mais aussi que le voile qu’elle a choisi librement de porter ne fait d’elle ni une pasionaria de l’islam politique, et encore moins une femme soumise, privée de son libre arbitre. Ce qu’a parfaitement compris Roberto Gualtieri, l’ancien ministre des Finances, qui brigue le fauteuil de maire de la ville aux sept collines.

« Si Dieu le veut, à travers ma candidature aux municipales, je veux faire passer un message fort à l’ensemble de mes concitoyens : les femmes musulmanes, notamment celles qui portent le voile, ne sont pas opprimées ou sous emprise masculine, comme certains non musulmans veulent le faire croire. Nous devons et nous pouvons apporter notre contribution à notre société », proclame-t-elle avec force conviction.

Roberto Gualtieri, l’ex-ministre italien des Finances, en lice pour la mairie de Rome

Coiffée du couvre-chef honni en France, dont la seule vue ferait pousser des cris d’orfraie à Zemmour et consorts, la jeune candidate prometteuse, qui défend ardemment les grandes ambitions que Roberto Gualtieri nourrit pour Rome, a mené une campagne tambour battant, bien dans l’air du temps… En phase avec son époque hyperconnectée, Mariam Ali a tout naturellement valorisé les axes forts du programme de son champion sur Instagram et TikTok, où elle compte respectivement quelque 200 000 et 40 000 abonnés.

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Personnifiant le rajeunissement et l’inclusion en matière de politique locale, l’étoile montante du parti Demos aspire à s’impliquer pleinement dans les Affaires de la cité, souhaitant insuffler un souffle nouveau à Rome, la « ville millénaire majestueuse » qu’elle évoque avec admiration.

« Je veux donner la parole aux jeunes, aux personnes âgées et nécessiteuses, à tous ces citoyens de notre ville merveilleuse qui ont besoin d’aide. Je veux contribuer à améliorer leurs conditions de vie et à faire respecter leurs droits », assure-t-elle, en faisant preuve d’une maturité impressionnante. « Mon père m’a dit que j’avais beaucoup mûri depuis que j’ai commencé ma campagne », confie-t-elle, en laissant apparaître un doux sourire, encore juvénile.

La profession de foi politique de Mariam Ali

Interrogée sur son appartenance religieuse et le voile qui en font une candidate singulière dans une Italie majoritairement chrétienne, qui plus est terre du Vatican, Mariam Ali répond sincèrement, sans le moindre esprit revendicatif, combien elle est « fière de ses origines, de sa foi, de ses coutumes ». Autant de différences qui, à ses yeux, sont une richesse.

« L’Islam me pousse à donner sans recevoir. La seule chose que j’aimerais recevoir et que je reçois, c’est le soutien et la confiance des gens. Il n’y a rien de plus beau que d’entendre des compliments, des encouragements, de gentilles paroles, sans agressivité, sans haine », souligne-t-elle.

Alors que se profile à l’horizon son tout premier test électoral, riche en enseignements et en émotions, Mariam Ali a rejoint le QG de son parti pour y recevoir les dernières consignes. Celle qui pourrait entrer dans l’histoire politique de Rome à plus d’un titre, et notamment en tant que plus jeune élue locale de tous les temps, attend avec impatience le verdict des urnes, vêtue de son hijab qui en fait certes une candidate à part, mais aussi et surtout à part entière.

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