Le ministre de l’Education nationale vient de franchir un nouveau pas dans cette rentrée scolaire 2023 puisque, au nom de la laïcité, il décrète des habits dits religieux, en l’occurrence la « abaya « et « le Kamis ». La première signifiant en français : robe et le second : chemise.
Ensuite, on peut longuement disserter sur l’ampleur ou la longueur de l’un et l’autre de ces deux vêtements. Nonobstant un chef d’établissement, à l’instar du ministre, pourra désormais interdire à une fille ou un garçon musulmans ou non musulmans d’entrer en classe en vertu d’une appréciation teintée de religiosité.
Si le ministre considère qu’un piercing est un signe religieux, en ira-t-il de même ?
C’est inédit dans l’histoire de la République française, de voir un ministre et un chef de l’Etat accoler l’épithète religieuse à une tenue.
Ceci s’avère d’autant plus étonnant que cette épithète gouvernementale entre en contradiction avec le communiqué de la plus haute instance représentative du culte musulman en France, qui affirme que ces deux vêtements ne possèdent aucun caractère religieux, mais qu’ils obéissent plus à un effet de mode comme on le voit régulièrement chez les adolescents et les adolescentes.
Les propos hiératiques du gouvernement témoignent d’une érudition sur la langue arabe et la culture arabo-musulmane du ministre et du président de la République bien supérieure à la connaissance que peut en avoir le Conseil français du culte musulman.
Prochainement, le ministre de l’Intérieur qui est également le ministre des cultes pourrait se substituer aux autorités musulmanes et orienter la pratique religieuse de la communauté musulmane de France en établissant, par exemple, le prochain calendrier musulman.
En disant ce qui est religieux, le ministre de l’Education nationale et le chef de l’Etat ne respectent pas la loi de 1905, qui s’intitule « loi de séparation des églises et de l’Etat. »
Le rapporteur de cette loi, Aristide Briand, rappela à maintes reprises la neutralité de l’Etat dans les affaires religieuses. L’attitude du gouvernement français actuel s’apparente plus à la position de Jules Valles, qui essaya pendant tous les débats antérieurs à la loi de 1905 d’instaurer un athéisme d’Etat, ce que Aristide Briand combattit jusqu’à l’adoption de la loi.
Par ailleurs, Cette prétention à une laïcité universelle se réduit à un prisme franco-français. Vues de Londres, Stockholm ou Washington, ces tergiversations restent totalement incomprises !
Une fois de plus, je citerai Aristote : « l’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit… »

