« Personne ne mérite d’être battu comme ça ! ». Ce cri d’indignation, poussé par une internaute libanaise, aura-t-il la résonance escomptée auprès des producteurs, bien mal inspirés, de la série Al-Hayba ?
Pour son grand retour sur les petits écrans du monde arabe, un an après avoir rencontré un vif succès, c’est peu dire que la sitcom Al-Hayba, pensée et conçue au Liban, a profondément choqué dans les chaumières, suscitant colère et révulsion devant l’odieux spectacle de la violence conjugale qu’elle a donné à voir.
Attendue avec impatience par ses nombreux fans, la deuxième saison de cette série qui, l’an passé, avait constitué l’un des programmes phares du Ramadan, a provoqué cette année un émoi d’autant plus considérable que sa banalisation de la violence, dans l’intimité d’un foyer, a assombri le mois béni entre tous.
Scandalisés par un treizième épisode qui a mis en scène le personnage principal, Jabal, interprété par Taim Hassan, ce mari, mué en bourreau domestique, battant à coups de ceinture son épouse Sumaya, incarnée par Nicole Saba, les téléspectateurs ont unanimement protesté contre ces images insoutenables et l’influence désastreuse qu’elles pourraient exercer, en légitimant la violence faite aux femmes.
Passée de très populaire à vivement décriée, la série Al-Hayba Al-Awda (Le retour) a fait un come-back pour le moins fracassant, s’attirant les foudres du public qui l’avait encensée en 2017. Un flot de critiques virulentes a déferlé sur les réseaux sociaux arabes, la plupart des twittos dénonçant la normalisation pernicieuse des abus domestiques véhiculée par un épisode de triste mémoire.

Extraits de deux tweets éloquents postés par des téléspectatrices :
« En plus de dépeindre une zone géographique spécifique comme étant le lieu par excellence de la violence et du terrorisme, Jabal bat Sumaya comme si la violence contre les femmes était acceptable … Et ce, malgré les progrès actuels des campagnes de sensibilisation et les efforts en faveur de l’autonomisation des femmes. La scène n’était pas nécessaire, surtout parce que la première saison encourageait Alya à se battre pour ce en quoi elle croyait ».
et
« Il est inacceptable d’encourager les hommes à battre les femmes, quand bon leur semble. Le personnage principal du spectacle devrait être un modèle, pas l’inverse. Ce n’est pas de la chevalerie ».