Le service de sécurité est ensuite intervenu pour faire sortir mes collègues. Lorsqu’ils m’ont demandé de partir, je leur ai dit que j’étais un homme libre. Vous n’avez pas eu la politesse de m’écouter, je resterai pour vous écouter.
Je voulais que ma présence “taraude” leurs consciences et qu’elle reste comme un poids qui pèse sur la salle, tout au long du débat. Je ne voulais pas que notre intervention soit une simple parenthèse. D’autant plus que le responsable de Total m’avait affirmé qu’il était prêt à en parler avec moi à la fin. Des “personnes-actionnaires” sont venues me voir pour me dire qu’ils auraient souhaité qu’on me laisse parler, mais les actionnaires n’aiment pas entendre ce genre de choses, une personne qui voulait savoir ce que fait Total en Algérie et un autre qui connaissait bien l’Algérie était admiratif du soulèvement du peuple algérien.
Ma conviction, après avoir discuté avec le responsable de Total, est que la contrepartie du silence médiatique de l’Europe et de la complicité des Etats européens est le bradage de la souveraineté économique par la bande en Algérie pour se maintenir au pouvoir.
Mon témoignage tient lieu de testament historique : le 2 décembre à Strasbourg, vous, actionnaires de Total et d’Orange, vous avez refusé d’entendre la voix du Peuple algérien en chahutant ses portes-voix- le Collectif des Algériens de Strasbourg. Vous avez méprisé ce peuple pendant 132 ans, vous l’avez sous-estimé, ce qu’avait admis votre Ambassadeur à Alger, le 14 juillet 2019. La génération du 22 février n’oubliera pas, qu’en ce jour du 2 décembre, après plus de neuf mois de sa révolution pacifique, vous avez manqué de respect à ses porte-voix.
