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« La police a livré mon fils à une mort certaine », accusait le père de Djamel Bensmaïl au lendemain du drame

Qu’il ait été sacrifié sur l’autel de la folie furieuse des hommes, celle qui, en faisant ressurgir les plus bas instincts, entraîne dans un aveuglement criminel et une hystérie implacable, ou sur l’autel de noirs desseins dont il aurait été la malheureuse victime expiatoire, une chose est certaine : le long supplice infligé au regretté Djamel Bensmaïl, traqué comme une bête et pris au piège dans un fourgon de police, désespérément seul face à ses bourreaux, avant d’en être violemment extirpé et lynché à mort, porte l’empreinte de la barbarie la plus ignoble, la plus totale.

Dans une Algérie saisie d’effroi, alors même que des questions se font jour, notamment sur les réseaux sociaux, afin de tenter de comprendre les raisons qui ont conduit à une telle horreur, le  « père courage » du défunt a de nouveau trouvé la force de surmonter sa douleur pour s’exprimer publiquement.

Le regretté Djamel Bensmaïl, un artiste au grand coeur

Après avoir été unanimement salué par une population reconnaissante pour ses appels à « l’unité, à la fraternité, à la paix sociale », lancés au lendemain du deuil cruel qui venait de le frapper, Nourreddine Bensmaïl a fait part de sa consternation devant les usurpateurs d’identité qui sévissent sur le Net.

Dénués de la moindre compassion envers les proches éplorés de Djamel Bensmaïl, ces sinistres imposteurs poussent l’abjection jusqu’à se faire passer pour des membres de sa famille, suscitant la vive indignation, bien compréhensible, d’un papa très affecté.

« J’ai vu une femme, se présentant comme la mère de Djamel, prendre la parole sur les réseaux sociaux. Il faut arrêter de diffuser des mensonges ! La maman de Djamel n’a jamais parlé ni devant la télévision ni sur les réseaux sociaux », a condamné ce dernier à la télévision publique algérienne, avant d’exhorter à un peu plus d’empathie et de décence : « Ne parlez pas en notre nom, mes fils et ma femme ne sont pas intervenus ni sur les réseaux sociaux ni sur les télévisions ».

Fidèle à sa ligne de conduite exemplaire, Nourreddine Bensmaïl, loin de succomber aux sirènes stridentes de la division et des représailles, a déclaré avec une sagesse qui l’honore : « Ce n’est pas à nous de faire justice. Nous n’’allons pas arrêter les auteurs de ce crime, ni les juger. C’est la mission qui incombe à la justice algérienne. Nous accepterons ses décisions, nous lui faisons confiance. C’est à la justice de trancher».

Quatre jours après que l’innommable a été commis à Larbaâ Nath Irathen, devant le commissariat de police (comble de l’odieux !), en plein cœur d’une Kabylie payant un lourd tribut à un été incendiaire, des vidéos insoutenables montrant les derniers instants de Djamel Bensmaïl, à la merci de ses tortionnaires assoiffés de vengeance, provoquent une immense émotion sur la cybersphère.

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Parmi cette prolifération d’images qui sidèrent autant qu’elles glacent le sang, car elles sont l’œuvre d’assassins de la pire espèce, une vidéo, qui avait été passée à la trappe, refait surface et capte toute l’attention. On comprend mieux pourquoi à la lumière de son contenu.

C’est celle dans laquelle le père du défunt déplorait que son fils ait été « jeté en pâture aux habitants de la commune », tout en accusant « la police de l’avoir livré à une mort certaine ». Ce père, si douloureusement éprouvé, avait une double exigence, parfaitement légitime : que le chef de la sûreté de la région s’explique et que justice soit rendue à son enfant, victime innocente du plus effroyable des crimes.

Djamel Bensmaïl a rejoint sa dernière demeure à Miliana. Puisse Allah accueillir cette belle âme dans Son vaste Paradis. 

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