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La Corée du Sud séduit de plus en plus de voyageurs musulmans

Le tourisme musulman en Corée du Sud connaît une forte croissance, avec des offres adaptées aux besoins des voyageurs.

POURQUOI LIRE :

  • Analyse de l'augmentation des touristes musulmans en Corée du Sud.
  • Impact de la culture pop coréenne sur les voyages.
  • Initiatives pour rendre le pays plus accueillant pour les musulmans.

Le nombre de touristes musulmans en Corée du Sud est en forte progression ces dernières années. Selon l’Organisation du tourisme de Corée, les arrivées sont passées d’environ 360 000 visiteurs en 2022 à 800 000 en 2023, puis à plus d’1 million en 2024, et près de 998 000 touristes musulmans avaient déjà visité le pays en octobre 2025, laissant supposer que le seuil d’un million de visites sera dépassé pour la deuxième année consécutive Ce dynamisme s’accompagne d’une mutation des attentes : les voyageurs musulmans cherchent de plus en plus à découvrir la cuisine locale tout en respectant leurs préférences alimentaires, au-delà des options classiques proposées jusqu’ici. Cela pousse restaurants, hôtels et acteurs du tourisme à élargir leurs offres « muslim-friendly », intégrant par exemple des menus adaptés, des espaces de prière ou des services pensés pour une clientèle internationale

Ce tournant représente une opportunité notable pour le secteur touristique sud-coréen. En répondant à ces nouvelles demandes, la Corée du Sud ne se contente pas d’attirer un public plus large : elle enrichit aussi son image à l’international, diversifie ses sources de croissance touristique et favorise les échanges culturels. À terme, cette évolution pourrait contribuer à renforcer durablement l’attractivité du pays sur l’échiquier mondial du voyage

L’effet “Hallyu” : quand la culture pop stimule le voyage

Cette déferlante de visiteurs ne doit rien au hasard. Elle est intimement liée à la “Hallyu”, la vague culturelle coréenne qui déferle sur le monde. De Jakarta à Riyad, en passant par Paris, la jeunesse musulmane consomme massivement K-Pop et K-Dramas.

L’impact est direct sur les habitudes de consommation : ces touristes ne veulent plus se contenter de restaurants indiens ou turcs une fois sur place, comme c’était le cas il y a dix ans. Ils veulent goûter au Tteokbokki (gâteaux de riz épicés), au Bulgogi (barbecue) ou au Kimchi, mais dans une version conforme aux principes islamiques. C’est ce désir d’authenticité culturelle, couplé à l’exigence religieuse, qui force le marché local à se réinventer.

Un système de certification à quatre niveaux

Pour rassurer cette clientèle exigeante et clarifier l’offre, l’Organisation du tourisme de Corée a mis en place un système de classification des restaurants “Muslim-Friendly” particulièrement ingénieux, divisé en quatre catégories :

Halal Certified : Certifié par un organisme officiel (comme la Korea Muslim Federation).

Self Certified : Les propriétaires garantissent l’absence de porc et d’alcool et l’utilisation de viande halal.

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Muslim Friendly : Plats halal disponibles, mais de l’alcool peut être vendu dans l’établissement.

Pork-Free : Garantie d’absence de porc, mais les autres viandes ne sont pas nécessairement certifiées halal.

Cette transparence permet aux voyageurs de faire des choix éclairés selon leur degré de pratique, et encourage de nombreux restaurateurs à franchir le pas, même sans une certification totale immédiate.

Au-delà de l’assiette : des infrastructures adaptées

L’accueil ne s’arrête pas à la gastronomie. La Corée du Sud investit massivement dans les infrastructures. L’aéroport international d’Incheon, porte d’entrée du pays, dispose désormais de salles de prière multiconfessionnelles impeccables. De grands centres commerciaux, comme le COEX à Séoul, et même certains parcs d’attractions comme Everland, ont emboîté le pas en installant des espaces de recueillement.

Des applications mobiles dédiées se développent également pour aider les fidèles à localiser la mosquée la plus proche ou à trouver la direction de la Qibla, témoignant d’une intégration technologique au service du tourisme spirituel.

Une stratégie de diversification économique

Pour Séoul, l’enjeu est aussi géopolitique et économique. Longtemps dépendante des touristes chinois et japonais, la Corée du Sud voit dans le marché musulman — notamment en provenance d’Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie) et du Golfe — un levier de croissance stable et à fort pouvoir d’achat. Le tourisme médical, très prisé par la clientèle du Moyen-Orient, est d’ailleurs un autre secteur en plein boom, avec des hôpitaux proposant désormais des repas halal et des interprètes arabophones.

En s’adaptant avec pragmatisme et respect, la Corée du Sud est en passe de réussir son pari : devenir l’une des destinations “Muslim-friendly” les plus prisées d’Asie, prouvant que tradition locale et ouverture internationale peuvent parfaitement cohabiter.

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