À Washington, une déclaration de la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, vient fragiliser l’un des principaux arguments avancés par Donald Trump pour justifier la guerre contre l’Iran. Lors d’une audition au Sénat le 18 mars, Tulsi Gabbard a affirmé que les services de renseignement américains estiment que Téhéran n’a entrepris aucun effort pour reconstruire ses capacités d’enrichissement nucléaire depuis les frappes menées en 2025 par les États-Unis et Israël. Selon elle, ces opérations avaient « détruit » le programme d’enrichissement iranien, sans tentative de reprise depuis.
Cette analyse entre en contradiction avec la rhétorique de l’ancien président, qui a régulièrement invoqué une menace nucléaire imminente pour justifier l’abandon des négociations diplomatiques au profit d’une intervention militaire. Point notable : ce passage sensible figurait dans son témoignage écrit, mais n’a pas été mentionné à l’oral, suscitant des critiques de certains sénateurs démocrates, qui y voient une omission révélatrice.
De son côté, l’Iran continue de nier toute volonté de se doter de l’arme nucléaire, une position globalement jugée crédible à court terme par plusieurs observateurs internationaux.
Ce qui apparaît désormais dépasse la simple contradiction politique : c’est la perspective d’un mensonge assumé pour entraîner une guerre. Comment ne pas y voir un scénario tristement familier ? En 2003 déjà, les États-Unis avaient construit de toutes pièces le récit des armes de destruction massive en Irak — un mensonge d’État qui a servi de prétexte à une invasion aux conséquences cataclysmiques. Aujourd’hui, malgré les conclusions de leurs propres services de renseignement, les responsables américains continuent d’agiter la menace iranienne pour justifier l’escalade militaire. Ce décalage flagrant entre les faits et le discours officiel nourrit l’idée d’un mensonge politique destiné à préparer l’opinion à une guerre déjà décidée.
Pour de nombreux critiques, cette rhétorique s’inscrit dans une logique d’alignement sur les intérêts israéliens, où la vérité devient secondaire face aux impératifs stratégiques. Le précédent irakien devrait pourtant servir d’avertissement : lorsqu’un mensonge sert de fondement à la guerre, ce sont toujours les peuples qui en paient le prix.

