Ibrahim Abou Thurya (Soraya) était âgé de 29 ans. C’est à la suite d’un bombardement israélien, lors du grand massacre de la fin 2008-début 2009 (opération baptisée « Plomb durci » par ses bourreaux) qu’il avait dû être amputé des deux membres inférieurs.
En dépit de son lourd handicap, et de la terrible situation économique à Gaza, Ibrahim tenait absolument à travailler pour contribuer aux dépenses de sa famille, nous a raconté samedi, lors de notre rassemblement parisien, notre ami Ziad Medoukh, qui intervenait en direct depuis Gaza par téléphone.
Il faisait ainsi de menus travaux, gagnant quelques sous à laver les voitures des autres. Mais vendredi, alors que des milliers de jeunes avaient décidé de manifester dans la « zone tampon » -cette bande de territoire appartenant à Gaza, mais dont Israël interdit l’accès, sous peine de tirs à vue- Ibrahim Abou Thurya a décidé d’en être, lui aussi.
Il a été l’un des deux martyrs gazaouis, tandis qu’une centaine d’autres Palestiniens étaient blessés, dont un nombre important par les tirs de soldats qui eux-mêmes ne risquaient rien, étant en position à l’abri des murailles et autres barrières électrifiées qui enferment tout un peu dans la minuscule enclave.

