Une étude publiée sur Harvard Dataverse — la plateforme officielle de l’université Harvard dédiée à l’archivage et à la diffusion de recherches scientifiques — affirme qu’Israël a fait « disparaître » au moins 377 000 Palestiniens depuis le début du génocide en cours à Gaza, entamé en octobre 2023. La moitié des personnes disparues seraient des enfants.
Signé par le professeur israélien Yaakov Garb (université Ben Gourion), le rapport s’appuie sur une analyse rigoureuse des données de terrain et des cartes spatiales pour documenter l’ampleur de la catastrophe démographique. Il estime que 17 % de la population de Gaza — aujourd’hui réduite à 1,85 million d’habitants — est soit déplacée, soit portée disparue, soit morte. Le bilan officiel de 61 000 morts est, selon lui, largement sous-estimé : il ne tient pas compte des victimes ensevelies sous les décombres, ni des personnes rayées des registres sans explication.
L’étude pointe aussi du doigt le rôle controversé de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), un mécanisme d’aide américano-israélien mis en place en mai. Garb dénonce une logique de contrôle et de déplacement forcé, loin des principes humanitaires affichés. Depuis le lancement de ce dispositif, des centaines de civils palestiniens ont été tués en tentant d’accéder à l’aide. Ce rapport s’ajoute à un faisceau croissant d’alertes venant du monde scientifique et médical. Le Lancet, en janvier, estimait déjà que le nombre réel de morts à Gaza pourrait être sous-évalué de plus de 40 %. En juillet 2024, la même revue anticipait jusqu’à 598 000 morts si le génocide se poursuivait.

