À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, un cri de révolte s’élève du monde du cinéma. Plus de 380 artistes, cinéastes et comédiens – parmi eux Richard Gere, Susan Sarandon, David Cronenberg, Javier Bardem ou Pedro Almodóvar – ont signé une lettre ouverte poignante publiée simultanément dans Libération et Variety, la référence américaine du cinéma, pour dénoncer l’indifférence face au drame qui ravage Gaza.
Intitulée «A Cannes, l’horreur de Gaza ne doit pas être silenciée », la lettre rend hommage à Fatima Hassouna, jeune photojournaliste palestinienne tuée par une frappe israélienne en avril, un jour après l’annonce de la sélection au festival d’un documentaire retraçant sa vie. Dix membres de sa famille, dont sa sœur enceinte, ont péri dans le même bombardement.
« Nous, artistes et acteur.ice.s de la culture, nous ne pouvons rester silencieux.se.s tandis qu’un génocide est en cours à Gaza », écrivent les signataires. Ils dénoncent le ciblage délibéré de civils, la mort de plus de 200 journalistes, l’absence de médias étrangers dans l’enclave depuis octobre 2023, et le blocus qui affame les 2,4 millions d’habitants de Gaza. Le texte a été soutenu par des voix puissantes du cinéma engagé : Leïla Bekhti, Costa-Gavras, Alice Diop, Xavier Dolan, Nadav Lapid, Mark Ruffalo, entre autres. Il revient aussi sur le cas du réalisateur Hamdan Ballal, brièvement enlevé par l’armée israélienne en mars, et que l’Académie des Oscars a tardé à défendre, avant de présenter des excuses publiques sous la pression.

