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France : une proposition de loi sur l’antisémitisme dénoncée pour ses « amalgames »

La proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », portée par la députée Caroline Yadan, est examinée ce mercredi en commission des Lois à l’Assemblée nationale. Un collectif de personnalités issues du monde intellectuel, associatif et artistique appelle les parlementaires à rejeter un texte qu’il juge porteur de « confusions » et « d’amalgames dangereux ».

Les signataires rappellent que la lutte contre l’antisémitisme est « un impératif absolu », soulignant une hausse marquée des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023, avec « 1 676 plaintes déposées en 2023 » et « 1 570 en 2024 », dont « 65 % d’atteintes aux personnes ». Mais ils dénoncent l’absence de toute référence à la montée de l’islamophobie, les actes visant les musulmans ayant augmenté de « 75 % au premier semestre 2025 », avec des atteintes aux personnes « triplées ».

Le collectif critique surtout l’assimilation opérée par le texte entre antisémitisme et critiques de la politique israélienne. La proposition de loi évoque une « nouvelle forme d’antisémitisme » nourrie par « la haine obsessionnelle à l’égard d’Israël ». Une approche jugée « historiquement absconse » et « politiquement absurde », car elle « confond racisme et expression d’une opinion politique ».

Selon les auteurs, cette confusion revient à considérer que les citoyens français juifs seraient « par essence solidaires de la politique de l’État d’Israël », ce qui constituerait une assignation identitaire contraire aux principes républicains. Ils estiment en outre qu’aucune loi ne saurait empêcher le débat historique sur « les conditions de la création d’Israël » ou « l’expulsion forcée de quelque 800 000 Palestiniens », qualifié de « légitime ».

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Les signataires alertent enfin sur les conséquences possibles du texte pour les libertés publiques, évoquant « une altération considérable de la liberté d’expression » et du droit de manifester sa solidarité avec le peuple palestinien. Ils appellent les élus à « rejeter ce texte avec vigueur », estimant que son adoption ferait peser « un risque sérieux pour les libertés individuelles et collectives ».

Parmi les premiers signataires figurent notamment l’écrivaine Annie Ernaux, l’ancien président de Médecins sans frontières Rony Brauman, le géopolitologue Pascal Boniface, la journaliste Mona Chollet ou encore Edwy Plenel.

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