À deux jours des élections de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump redouble d’attaques islamophobes contre Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat dans le Michigan. Dimanche, lors d’un meeting dans l’Iowa, le président américain l’a de nouveau qualifié de « djihadiste », allant jusqu’à réclamer un « détecteur de métaux spécial » au Congrès s’il était élu. Assimiler un adversaire musulman à un terroriste : voilà jusqu’où Trump pousse la brutalité du débat électoral.
Après avoir déjà associé El-Sayed aux terroristes du 11-Septembre, Trump persiste dans une rhétorique qui transforme sa religion en accusation. Aucun débat de fond dans ces insultes : le président attise les préjugés et présente l’accès d’un musulman au Sénat comme une menace pour le pays. Face à cette offensive, El-Sayed répond : « Je suis un musulman américain. » L’ancien responsable de la santé publique de Detroit revendique son attachement à la Constitution et défend une Amérique où chacun a sa place, sans discrimination religieuse. Il rappelle aussi une évidence : ni son nom ni sa foi ne sont responsables de la hausse des prix.
L’enjeu dépasse cette course décisive pour le contrôle du Sénat. En faisant de l’islam un repoussoir électoral, Trump piétine le principe d’égalité entre citoyens qu’il devrait défendre. Les musulmans américains n’ont pas à obtenir son autorisation pour participer pleinement à la démocratie de leur pays.

