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De Macklemore à Ed Sheeran : Gaza s’impose dans l’industrie musicale internationale

Quelque chose est clairement en train de changer dans l’industrie musicale mondiale. Pendant longtemps, afficher publiquement son soutien à la Palestine pouvait coûter cher à un artiste : polémiques, pressions, annulations, contrats perdus. Aujourd’hui, les prises de position se multiplient. Et elles viennent désormais de grandes stars internationales. L’affaire Macklemore en est l’un des exemples les plus frappants.

Après ses déclarations en faveur de la Palestine lors de la tournée américaine d’Ed Sheeran, le rappeur a été écarté, plusieurs stades refusant sa présence. Mais la décision a provoqué un effet domino : Finneas, Lukas Graham, Aaron Rowe et Beoga ont quitté à leur tour la tournée, en solidarité avec Macklemore.

Puis Ed Sheeran lui-même est sorti de sa réserve.

Devant des dizaines de milliers de spectateurs à Philadelphie, l’une des plus grandes stars de la planète a qualifié la situation à Gaza de « catastrophique et injustifiable », tout en condamnant également l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et en évoquant les injustices subies par les Palestiniens en Cisjordanie. Et Macklemore et Ed Sheeran sont désormais loin d’être des cas isolés.

Plus de 1 000 artistes et labels boycottent désormais Israël

Le phénomène le plus spectaculaire est sans doute la campagne internationale No Music For Genocide. Lancée en septembre 2025 avec environ 400 artistes et labels, elle revendique aujourd’hui plus de 1 000 participants ayant demandé le retrait ou le blocage de leur musique en Israël. La liste est impressionnante : Lorde, Björk, Paramore, Hayley Williams, Massive Attack, Fontaines D.C., IDLES, Wolf Alice, Sigur Rós, Paloma Faith, Rina Sawayama, Hot Chip, MUNA, Japanese Breakfast, Primal Scream, Paul Weller, Kneecap et beaucoup d’autres.

Autrement dit, le boycott culturel d’Israël n’est plus porté uniquement par quelques artistes militants. Il touche désormais des artistes capables de remplir les plus grandes salles du monde et de cumuler des milliards d’écoutes.

Même l’Eurovision est rattrapé par Gaza

Le phénomène touche aussi l’Eurovision. En 2026, l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Islande et la Slovénie ont boycotté le concours en raison du maintien d’Israël dans la compétition. Des concerts alternatifs de soutien à la Palestine ont également été organisés dans plusieurs pays européens. Et le mouvement continue. Le 17 septembre 2026, la télévision publique irlandaise RTÉ a annoncé que l’Irlande boycotterait également l’Eurovision 2027 si Israël continuait d’y participer. Même l’un des plus grands rendez-vous musicaux européens est donc désormais directement touché par la question palestinienne.

Wembley, Glastonbury, Sónar : Gaza s’invite partout

À Londres, Together for Palestine, organisé notamment par Brian Eno à la Wembley Arena, a réuni en 2025 des dizaines de grandes figures de la musique : Damon Albarn, Jamie xx, Bastille, Paloma Faith, Hot Chip, Sampha, Celeste, Portishead ou encore PinkPantheress. Le concert affichait complet devant 12 500 personnes. À Barcelone, le prestigieux festival Sónar a lui aussi été secoué par la mobilisation autour de Gaza.

Plus de 70 artistes ont signé une lettre contestant les liens commerciaux du propriétaire du festival avec des activités en Israël et en Cisjordanie. Plusieurs artistes ont ensuite décidé de boycotter l’événement. À Glastonbury, la Palestine s’est également imposée sur les scènes et dans le débat public.

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Les prises de position de Kneecap ou Bob Vylan ont provoqué d’importantes polémiques au Royaume-Uni. Massive Attack, Brian Eno, Fontaines D.C. et Kneecap ont ensuite créé une alliance pour soutenir les artistes affirmant subir des pressions lorsqu’ils prennent position sur Gaza. Même Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, dont le concert à Tel-Aviv en 2017 avait suscité une forte controverse, déclarait en 2025 qu’il ne se produirait désormais « absolument pas » en Israël tant que Benjamin Netanyahu serait au pouvoir. Et certaines artistes assument même de perdre de l’argent.

La chanteuse suédoise Zara Larsson a expliqué en 2026 avoir perdu notamment un contrat de marque de plusieurs millions de dollars dans le contexte de ses prises de position politiques, dont son soutien à la Palestine.

Un nouveau front pour Israël : celui de la culture populaire

C’est probablement là que le changement est le plus important. Pendant longtemps, soutenir publiquement la Palestine dans l’industrie du divertissement pouvait représenter un risque professionnel considérable. Ce risque existe toujours. L’affaire Macklemore le montre : des propriétaires de stades et des organisations pro-israéliennes ont vivement contesté ses prises de position, certains l’accusant même d’antisémitisme, accusation que le rappeur réfute. Mais quelque chose a changé.

Les artistes sont désormais beaucoup plus nombreux à parler.

Et surtout, ils commencent à agir collectivement. Un artiste est écarté ? D’autres quittent la tournée. Des centaines de musiciens boycottent ? Le mouvement continue de grossir. Des pays refusent l’Eurovision ? D’autres suivent. Wembley se remplit pour Gaza.

Spotify, les tournées mondiales, les festivals, les labels, les grandes scènes : la question palestinienne est partout. Pour Israël, la contestation ne se joue donc plus seulement dans les manifestations, les parlements ou les institutions internationales. Elle gagne désormais la musique, les festivals, les plateformes et la culture populaire mondiale. Et c’est un changement majeur. Car cette bataille se joue aussi auprès de millions de jeunes, dans les concerts, sur les réseaux sociaux et dans un univers culturel qu’aucun gouvernement ne peut totalement contrôler.

Le symbole est puissant. À Gaza même, au milieu des immeubles détruits, des artistes palestiniens ont peint Macklemore enveloppé dans un drapeau palestinien, le poing levé. Avec ce simple message : « Merci d’avoir utilisé votre voix pour la Palestine. » De Macklemore à Ed Sheeran, de Wembley à Glastonbury, de Spotify à l’Eurovision, Gaza s’est désormais installée au cœur de l’industrie musicale mondiale.

Et cette fois, le mouvement semble difficile à ignorer.

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