Arrivé au soir de son existence, Charles Aznavour s’en est allé.
Alors que sa voix unique résonne depuis hier soir, sans discontinuer, dans une France qui a le coeur en berne, il est bon de se rappeler, outre ses mélodies inoubliables, les paroles prononcées en 2015 par cet immense artiste d’origine arménienne, qui s’élevaient au-dessus de la musique grinçante de la xénophobie et de l’islamophobie.
Charles Aznavour faisait alors entendre une heureuse dissonance, au milieu du bruit et de la fureur nationalistes et anti-réfugiés, comme on aimerait en entendre plus souvent dans le pays des droits de l’Homme.
Egrenant ses souvenirs d’exode, il rappelait avec justesse que la France, tout au long de son histoire, s’est continuellement enrichie d’apports migratoires multiples et exhortait à tendre la main aux familles de migrants en pleine détresse.
“Il faut aider les gens (…) Mes parents sont venus comme ça, les parents de mes amis sont venus comme ça et beaucoup d’autres parents sont venus comme ça, les Juifs et les Polonais, alors n’exagérons rien“, déclarait-il avec émotion. Il parlait d’or.

Quand Charles Aznavour évoquait avec émotion le sort des réfugiés : il faut “aider les gens” !

