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Caraïbes : la justice statue en faveur d’une policière voilée victime d’une discrimination religieuse au travail

C’est la tête haute et forte d’une confiance renouvelée dans l’institution judiciaire, que Sharon Roop, une femme agent de police trinidadienne, est sortie mardi du tribunal de Chaguanas.

Cinq ans après avoir été victime d’une discrimination religieuse criante de la part de son supérieur, le commissaire Stephen Williams – il s’est fermement opposé à ce qu’elle porte le voile dans l’exercice de ses fonctions, bafouant ainsi l’un de ses droits constitutionnels fondamentaux –  la policière musulmane de la Trinité-et-Tobago, l’Etat insulaire le plus méridional des Petites Antilles, a obtenu gain de cause auprès de la justice.

Au large de la côte vénézuélienne, dans la ville la plus peuplée de la nation « arc-en-ciel », riche de sa diversité ethnique, culturelle et cultuelle, ce mardi 26 novembre a sonné la fin de son long combat judiciaire pour faire reconnaître l’humiliation, la détresse ressenties, ainsi que les lourdes conséquences, professionnelles et économiques, que son ostracisme a entraînées.

Très sensible à l’injustice flagrante infligée à Sharon Roop, de surcroît par un haut gradé de la police censé ne pas prendre la loi par-dessus la jambe, la juge Margaret Mohammed a statué en sa faveur. Réhabilitée dans son honneur, ses droits et ses fonctions, la policière voilée de Chaguanas a été non seulement autorisée à porter le hijab sur son lieu de travail, à réintégrer le commissariat où elle donnait pleinement satisfaction, mais elle a été aussi indemnisée à hauteur de 165 000 euros au titre du préjudice moral et financier subi.

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« Entonner l’hymne national ne suffit pas. Ici, dans notre République, chaque croyance et chaque ethnie doivent occuper une place égale. Le droit de porter le hijab est un droit constitutionnel important dans la société multiconfessionnelle qu’est la nôtre. Le commissaire de police a véritablement outragé Sharon Roop », a déclaré en substance la juge, en enjoignant aux services de police de faire montre, à l’avenir, de la même tolérance envers les musulmans qu’envers leurs concitoyens d’autres obédiences.

« À mon avis, le but d’un uniforme, que ce soit à l’école ou au travail, est louable. Cependant, il ne peut être conçu et utilisé comme un outil permettant de violer les droits d’une personne, d’autant plus que la République de Trinité-et-Tobago n’est pas une société neutre sur le plan religieux », a martelé Margaret Mohammed.

Coiffée de son hijab que plus personne, notamment sa hiérarchie, ne pourra désormais lui dénier le droit d’arborer, Sharon Roop a toutes les raisons de se réjouir. En effet, sa belle victoire judiciaire, qui rejaillit sur l’ensemble de ses coreligionnaires, va prochainement déboucher sur l’élaboration d’une directive permettant aux femmes policières musulmanes de porter l’uniforme, rehaussé d’un voile standard adapté à leur tenue vestimentaire réglementaire.

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