Ils étaient plus de 100 000 hauts dignitaires religieux musulmans, parmi lesquels figuraient de nombreux imams, des prédicateurs, ainsi que de simples fidèles, à manifester jeudi contre l’extrémisme et ses abominations à Dacca, la capitale surpeuplée du Bangladesh, faisant cause commune sous la même bannière protestataire.
Avec à leur tête d’éminentes figures de l’islam qui appelaient à se liguer contre « la prise de pouvoir » par l’extrémisme islamiste, des milliers de Bengalis ont laissé éclater leur indignation, tout en serrant les rangs dans une marche inédite et massive.
Refusant de voir l’islam souillé par l’Etat islamique et le règne de la terreur être instauré à l’échelle nationale, à l’heure où leur pays, majoritairement musulman, est en proie à une escalade de violences « djihadistes » mortifères, ils ont défilé dans les rues comme un seul homme, galvanisés par le cri de ralliement : « Il n’y a pas de place pour la terreur et l’extrémisme dans l’islam ».
Martelée à plusieurs reprises par Shaikh Mohammed bin Naser Al Khujaim, l’un des deux hauts responsables religieux saoudiens venus spécialement de La Mecque pour assister à l’événement, cette phrase, devenue le slogan de la contestation en marche, a eu une forte résonance dans un Bangladesh qui n’a pas été épargné par les offensives « djihadistes » sanglantes au cours de ces dernières années et s’est lancé dans une vaste contre-attaque.
Bien que l’ Etat islamique (EI) ait revendiqué plusieurs attaques sur le territoire bengali qui compte près de 125 millions de musulmans, dont la prise d’otages d’un café qui a fait 22 morts à Dacca, l’été dernier, le gouvernement de Sheikh Hasina persiste à nier sa présence sur son sol, attribuant à des groupes extrémistes du terroir la paternité de ces exactions meurtrières.
Bangladesh : plus de 100 000 dignitaires religieux musulmans marchent contre l’extrémisme

