Pendant plusieurs jours, Mariam Al-Shammari et Wafi Al-Anzi peuvent se targuer d’avoir focalisé l’attention des autorités de Hail et mis la police sur les dents. Elles étaient devenues, à leur insu, les infirmières les plus activement recherchées du royaume saoudien…
Qui étaient les deux inconnues qui ont récemment volé au secours d’un homme victime d’un accident de voiture, gisant sur le trottoir à demi conscient et souffrant d’une grande détresse respiratoire ? Où étaient-elles donc passées après avoir eu les bons réflexes salvateurs ?
Enveloppées sous leur long niqab noir d’où seul filtrait leur regard, il n’était guère facile de répondre à ces deux questions jugées prioritaires en haut lieu, et ce, même avec une vidéo à l’appui (voir ci-dessous).
ممرضتان سعوديتان تنقذان حياة شاب ابتلع لسانه في مدينة #حائل ، شمال #السعودية ،
بعد تعرضه لحادث مروري.
وتطوعت الممرضتان مريم الشمري وفاء العنزي بتقديم الإسعافات الأولية له في موقع الحادث. pic.twitter.com/yQvMBJUxaC— سارة الشهري/سعوديات مبدعات (@s_wksa) February 15, 2019
Ces questions qui ont obsédé les plus hautes instances locales, jusqu’au gouverneur de la province, le prince Saoud ben Abdelamouhsin en personne, admiratif devant le sang-froid dont elles firent preuve, ont fini par être résolues. Les deux mystérieuses femmes, qui sauvèrent d’une mort certaine un automobiliste violemment éjecté de son véhicule et qui était en train de s’étouffer en avalant sa langue, ont été enfin formellement identifiées et retrouvées.
Elles vaquaient à leurs occupations quotidiennes à leur domicile, lorsqu’un émissaire de la ville de Hail frappa à leur porte. Un domicile qu’elles avaient regagné tranquillement, chacune de leur côté, sans tirer aucune gloire de leur intervention, mais avec le sentiment du devoir accompli.
Aussi, quelle ne fut pas leur stupéfaction d’apprendre qu’elles avaient été érigées au rang d’héroïnes par les autorités locales, qui souhaitaient les féliciter chaudement et publiquement.
« Nous avons aidé à maintenir ouvert l’œsophage du blessé, afin qu’il commence à respirer avant l’arrivée des ambulanciers du Croissant-Rouge qui l’ont emmené à l’hôpital », a déclaré simplement Mariam Al-Shammari à la presse saoudienne, guère habituée à une telle effervescence médiatique devant la porte de sa maison.
« En fait, j’ai rencontré pour la première fois Mariam sur le lieu de l’accident. Nous nous sommes toutes les deux précipitées au chevet de l’automobiliste, sans que l’on se connaisse. Depuis, nous sommes toujours en contact. Nous sommes heureuses d’avoir pu prodiguer les premiers soins adaptés », a confié pour sa part Wafi Al-Anzi, avec la même modestie que sa consoeur et désormais amie.
Honorées pour leur courage et leur professionnalisme par l’émir de Hail, les deux infirmières saoudiennes se sont dites extrêmement touchées par une telle marque de reconnaissance, même si, au fond d’elles-mêmes, elles n’en reviennent toujours pas de ce soudain engouement autour de leur personne.

