Un consensus national est en train de se réaliser autour d’un appel des partis politiques à manifester mardi 19 février pour dire : « ça suffit, l’antisémitisme ce n’est pas la France » : belle réaction républicaine saluée de toutes parts, sauf que cet unanimisme masque une réalité politique plus contrastée sur le terrain de la lutte anti-raciste !
On ne peut pas continuer à appeler à faire barrage au Rassemblement National en pratiquant la grille de lecture de l’extrême droite, tenir des propos qui légitiment le racisme que l’on prétend combattre, banaliser la parole islamophobe, critiquer Salvini en refusant de faire accoster l’Aquarius et en organisant la chasse à l’homme noir à nos frontières, déformer la laïcité à des fins d’exclusion, instrumentaliser l’antisémitisme pour stigmatiser les gilets jaunes et faire taire la protestation, accuser d’antisémitisme ceux qui critiquent la politique israélienne à l’encontre des Palestiniens, dévoyer les revendications sociales sur le terrain identitaire, être sur le terrain du racisme en essentialisant les roms, les arabes, les musulmans, les noirs, les asiatiques, discourir sur l’égalité républicaine en ignorant les contrôles au faciès, les discriminations racistes à l’emploi et au logement, s’indigner de façon sélective en ignorant que ces dernières semaines et ces derniers mois des tags ont aussi appelé à tuer les arabes, à mettre dehors les nègres, les bicots, les arabes, les bougnouls, à mettre l’islam dehors.
Frantz Fanon dans “Peau Noire Masques Blancs” déclarait : “Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous”.
Une façon de dire que la lutte contre le racisme ne se divise pas ! Le combat contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme se mène de front sans hiérarchie, sans ambiguïté, sans instrumentalisation et en toutes circonstances.
Fabienne Haloui
Responsable de la lutte contre le racisme et pour l’égalité au sein du PCF
Source: Union Juive Française Pour La Paix

