Depuis lundi dernier, cette scène odieuse (voir ci-dessous), qui s’est passée au sein d’un hôpital dans la wilaya de Bejaïa, n’en finit pas de susciter un immense émoi en Algérie, sur et en dehors de la cybersphère.
Choquante, intolérable et éminemment condamnable, les épithètes manquent pour exprimer la colère teintée de consternation que l’on éprouve en la visionnant. On ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour le vieil homme de 80 ans, contaminé par le Covid-19, qui a été raillé, humilié et malmené par un personnel médical d’une rare inhumanité. Des soignants, indignes de la blouse blanche qu’ils portent, que le respect dû à la personne humaine, au grand âge de ce patient et que la compassion pour sa souffrance n’étouffent guère… Et c’est un euphémisme encore bien trop doux.
Prises sur le vif par une employée de l’établissement hospitalier qui ne peut retenir un rire moqueur à la fin de la vidéo, ces images insupportables ont soulevé un tollé de l’autre côté de la Méditerranée. Et pour cause !
Elles montrent l’octogénaire totalement désorienté, tenant un morceau de pain dans la main, qui cherche à regagner péniblement sa chambre. Visiblement très affaibli, il est méchamment apostrophé par l’infirmière. Celle-ci, au lieu de se précipiter vers lui pour lui prêter assistance, préfère rester à distance pour lui demander sur un ton cassant où il était allé.
« Je veux rentrer chez moi », lui répond le pauvre homme. Dénuée de la moindre empathie à son endroit, son interlocutrice s’est mise à ricaner avec d’autres, avant de lui lancer sèchement : « Mais tu es malade ». Sans âmes charitables pour le secourir, le vieil homme, rongé par le coronavirus, aura en plus subi les foudres d’un autre employé de l’hôpital, qui s’est mis à lui crier dessus. Sermonné et traité comme un chien, ce patient âgé a disparu dans la salle d’isolement, plus isolé et déshumanisé que jamais dans un hôpital où, manifestement, on ne lui voulait pas que du bien…
Atterré devant de tels comportements qui contreviennent gravement à la déontologie médicale, le directeur de l’établissement hospitalier, sous les feux des projecteurs, a présenté publiquement « des excuses en son nom personnel et au nom de tout le personnel soignant à la famille du malade ». Il a formellement assuré à ses proches que « des mesures seront prises afin que de tels comportements ne se reproduisent plus à l’avenir », comme l’a stipulé son communiqué officiel paru sur le compte Facebook de l’EPH d’Amizour.
Alors que la forte onde de choc émotionnel n’est toujours pas retombée, le maire de la commune de Oued Ghir, d’où est originaire le vieil homme, a indiqué qu’une plainte avait été déposée auprès du procureur de la République. Il a également précisé que l’intervention du wali et du directeur de la santé avait été sollicitée, afin de diligenter promptement une enquête et de punir comme il se doit les responsables de cette humiliation inqualifiable.
Plus jamais ça ! L’édile, outré, a clairement signifié qu’il n’acceptera jamais que l’un de ses concitoyens soit rabaissé de la sorte, d’autant plus dans un lieu de soins par excellence.

