Pèche-t-il par une ignorance crasse du martyre du peuple palestinien, long de 70 ans, ou redoute-t-il plus que tout de se voir marquer au fer rouge de l’antisémitisme ?
Toujours est-il que l’acteur français, Albert Dupontel, auréolé de son César du meilleur réalisateur, n’a pas boycotté la 15ème édition du festival du film français en Israël, où il s’est illustré par une scène de la dramatisation qui a dû résonner agréablement aux oreilles de l’Etat d’Apartheid : « Ici, les Israéliens se battent pour leur survie », a-t-il déploré en conférence de presse, à Tel-Aviv (source La Croix).
En montrant une telle compassion pour le plus fort, dans ce combat cruel et totalement disproportionné du pot de terre contre le pot de fer, Albert Dupontel a sans doute voulu faire taire ceux qui, en France, le suspectaient d’être « antisémite » pour avoir osé égratigner le vernis d’Alain Finkielkraut en 2014. Il avait alors traité le philosophe plein de morgue et de hargne, qu’il considère comme un « grand philosophe », « d’indécent et de grossier », lors d’une émission où la ferveur de son militantisme pro-israélien avait transparu au grand jour…
Mais avec de tels propos, le cinéaste français a malheureusement contribué à alimenter l’idée fallacieuse, encore très ancrée dans les esprits, selon laquelle la sécurité de l’une des plus grandes puissances militaires au monde est menacée par ceux qu’elle opprime, massacre et dépossède de tout, sans répit et en toute impunité, depuis si longtemps.
Il a eu beau se dire « effrayé et désolé de tant de souffrances pour les deux peuples », tout en évoquant la « difficulté de s’exprimer sur le conflit israélo-palestinien », le mal était déjà fait…
Albert Dupontel, à l’instar d’autres vedettes bien de chez nous, se voile-t-il à ce point la face pour ne pas compromettre sa carrière ?
Ignore-t-il à ce point que le mythe de la « seule démocratie du Proche-Orient » se fissure de toutes parts, à mesure que son armée d’occupation, loin d’être la « plus morale du monde » comme s’en gargarise Netanyahou, embastille et soumet au supplice la population palestinienne, quand elle n’abat pas froidement les manifestants pacifiques du Jour de la terre, et ce, au mépris du droit international ? Où est donc le Roger Waters français ?!
Albert Dupontel le déplore : “les Israéliens se battent pour leur survie”

