Il avait jusqu’à présent observé une certaine réserve face au fort retentissement médiatique de l’affaire Ramadan, Ahmet Ogras, le président du Conseil Français du culte musulman (CFCM), a formulé le souhait vendredi, dans un entretien à l’AFP, que la justice puisse trancher « rapidement » sur les graves accusations de « viol » portées contre l’islamologue suisse.
S’adressant aux « adversaires politiques » de ce dernier, il leur a demandé « de ne pas se mêler de cette affaire, dans l’intérêt des victimes », en déplorant vivement l’absence de sérénité ambiante.
« Si (l’essayiste) Caroline Fourest, si (l’ancien Premier ministre) Manuel Valls ne s’étaient pas mêlés de cette affaire, je pense que les victimes en sortiraient plus fortes », a lancé le président de l’instance représentative du culte musulman.
Quant aux répercussions de cette sordide affaire sur les citoyens français de confession musulmane, Ahmet Ogras ne « pense pas » qu’elle ait créé un malaise plus grand que celui généré par toutes les polémiques passionnelles qui entourent l’islam continuellement.
« Depuis trois, quatre ans, du matin au soir, il y a toujours des sujets relatifs à leur religion, comme le port du voile, les relations hommes-femmes, ils commencent à être immunisés », a-t-il déclaré en appuyant là où le bât blesse cruellement. «C’est par la dimension politique qu’a prise cette affaire que les musulmans commencent à être agacés. On en oublie même les victimes qui ont déposé plainte, c’est grave », a-t-il conclu.

