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Ben Shapiro, figure de la droite conservatrice américaine, recycle dans son nouveau film les clichés islamophobes pour attaquer les soutiens à la Palestine

Le nouveau film produit par The Daily Wire, média conservateur américain cofondé par Ben Shapiro, provoque une vive polémique aux États-Unis. Intitulé Run Hide Fight: Infidels, il est accusé de remettre au goût du jour les vieux réflexes islamophobes de l’après-11-Septembre, en mêlant volontairement islam, terrorisme et mobilisation pro-palestinienne. Une manière grossière de transformer les soutiens à la Palestine en menace intérieure et de recycler, sous couvert de fiction, les fantasmes les plus éculés de la droite américaine.

Le film, présenté comme un thriller d’action, met en scène un campus américain pris d’assaut par des « terroristes islamistes radicaux ». Un campement pro-palestinien y devient un « califat », des hommes armés brandissent le drapeau de Daech et imposent la charia. Le procédé est limpide : associer directement la mobilisation pour la Palestine au terrorisme islamiste. La bande-annonce va encore plus loin. Elle juxtapose des images du 11-Septembre, des scènes liées à Daech, des images de Gaza, des drapeaux palestiniens et les mobilisations étudiantes pro-palestiniennes de 2024. Le message est à peine dissimulé : faire entrer dans un même imaginaire musulmans, Palestiniens, immigration et terrorisme.

The Daily Wire est l’un des médias les plus influents de la droite conservatrice américaine. Fondé en 2015, il produit des articles, des podcasts, des vidéos et désormais des films. Ben Shapiro, l’une de ses principales figures, est connu pour son soutien très marqué à Israël et ses attaques répétées contre les mouvements de solidarité avec la Palestine.

Pour ses détracteurs, Infidels n’est donc pas seulement un film d’action. Il reprend les vieilles recettes de l’après-11-Septembre : peur de l’islam, fantasme de la charia, menace démographique et assimilation des musulmans à une menace intérieure.

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Ben Shapiro assume d’ailleurs pleinement cette ligne. Il affirme vouloir dénoncer ce qu’il appelle « la menace de l’islam radical », estimant qu’Hollywood aurait refusé d’en parler pendant des décennies.

Sue Obeidi, responsable du Hollywood Bureau du Muslim Public Affairs Council, a qualifié le film de « xénophobe et islamophobe ». Elle accuse ses auteurs de recycler de vieux fantasmes anti-musulmans et d’exploiter les tensions autour de la Palestine pour nourrir la peur et discréditer les mobilisations pro-palestiniennes.

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