D’après le quotidien britannique The Guardian, Emmanuel Macron envisagerait de repousser l’annonce officielle de la reconnaissance de l’État palestinien, initialement prévue en juin lors d’une conférence de l’ONU à New York. Le président français avait laissé entendre le mois dernier que la France pourrait franchir ce pas symbolique, ce qui en ferait le premier pays du G7 à reconnaître la Palestine. Mais selon The Guardian, des responsables britanniques doutent désormais que Paris aille jusqu’au bout, ce qui pourrait aussi retarder une éventuelle décision similaire du Royaume-Uni.
Toujours selon le journal britannique, la France cherche à éviter que cette reconnaissance soit interprétée comme une récompense pour le Hamas. Israël a déjà mis en garde Emmanuel Macron, estimant qu’une telle décision serait perçue comme un encouragement à l’organisation islamiste. Pour anticiper les critiques, Paris tente de renforcer le rôle d’une Autorité palestinienne réformée afin qu’elle puisse administrer la bande de Gaza.
Macron a déclaré en avril : « Nous devons aller vers la reconnaissance, et nous le ferons dans les mois à venir. Je veux aussi participer à une dynamique collective, qui permette à tous ceux qui défendent la Palestine de reconnaître Israël en retour, ce que beaucoup ne font pas. »
Mais selon Michel Duclos, ancien diplomate et chercheur à l’Institut Montaigne, cité par The Guardian, les avis divergent à l’Élysée : « Mon impression est qu’il y a autant d’opinions sur la reconnaissance que de conseillers autour du président. Et si Macron attend une reconnaissance d’Israël par l’Arabie saoudite en échange, il risque d’attendre longtemps. » La conférence de l’ONU prévue du 2 au 4 juin, coprésidée par la France et l’Arabie saoudite, vise à relancer la solution à deux États. Toutefois, en l’absence de cessez-le-feu durable ou de normalisation entre Israël et Riyad, une reconnaissance française semble de moins en moins probable à court terme.

