La visite du ministre de la Défense israélien Benny Gantz au Maroc est loin de faire l’unanimité dans ce pays, comme le prouve l’entretien de Khalid Sefiani accordé au site marocain Yabiladi. Avocat très connu et respecté au Maroc, coordinateur général de la Conférence nationale islamique et membre du Groupe d’action nationale pour la Palestine, ce dernier affirme que «recevoir les sionistes sur la terre du Maroc est interdit religieusement, moralement et nationalement», accusant également Israël de «chercher à créer un conflit entre le Maroc et l’Algérie».
Outre son indignation de voir le Maroc recevoir Benny Gantz, Khalid Sefiani est encore plus choqué par la visite du ministre israélien au Mausolée Mohammed V, et la conclusion d’un accord sécuritaire entre les deux pays : “Comment pouvons-nous accepter un tel criminel terroriste ici au Maroc, et comment peut-il mettre le pied dans le Mausolée Mohammed V, et offenser ce sanctuaire ? Comment pouvons-nous conclure des accords sécuritaires ou militaires ou quoi que ce soit avec cette entité usurpatrice, et dire que nous n’avons pas abandonné la cause palestinienne et que nous nous accrochons aux droits du peuple palestinien ? La chose la plus importante qui puisse frapper le peuple palestinien au plus profond est un tel comportement… ”
Sur l’avenir des relations relations maroco-israéliennes, Khalid Sefiani est certain que “la normalisation tombera, tout comme le bureau de liaison est tombé et les relations ont été rompues (dans les années 2000, ndlr). Je vous dis cela alors que je suis certain que toute la Palestine sera libérée.”
Redoutant un confit entre le Maroc et l’Algérie qui serait déclenché par Israël, Khalid Sefiani plaide pour une réconciliation entre les deux pays du Maghreb : “Nous savons que ce conflit n’augure rien de bon, ni au Maroc ni en Algérie, et il ne peut y avoir de vaincu et de vainqueur. Qu’on le veuille ou pas, qu’on l’aime ou pas, nous sommes un peuple dans deux pays et nous savons que le peuple algérien ne soutient pas la thèse du séparatisme. Il faut accélérer le dialogue avec les différentes composantes du peuple algérien afin d’empêcher de tels conflits”, a-t-il ajouté.

