Depuis six semaines, les vendredis se suivent et se ressemblent formidablement en Algérie. Ce vendredi 29 mars a même surclassé tous les autres, en faisant descendre dans les rues des foules gigantesques qui, partout à travers le pays, ont battu le pavé pour exiger avec une détermination inébranlable le départ du clan au pouvoir, la refonte totale du système politique. Ce que d’aucuns ont résumé de façon plus triviale en le scandant joyeusement : « en finir avec toute la clique ! ».
Force est de constater que quelques jours après la proposition du chef d’état-major de l’armée d’écarter le président Abdelaziz Bouteflika, la mobilisation, au sujet de laquelle certains observateurs s’interrogeaient, s’est magnifiquement amplifiée, à l’image d’Alger dont les rues, toujours aussi noires de monde, ont été envahies par 1 million de personnes.
Ce sixième vendredi protestataire, sur lequel a soufflé le vent de la révolution, fut celui de tous les records !
Alger Centre
Les Algériens ne s’en laisseront pas conter, ne lâcheront rien. La révolte populaire gagne du terrain, s’ancre dans le paysage et dans les esprits, et rien n’arrêtera son extraordinaire dynamique. Fait marquant : la télévision nationale algérienne aux ordres qui, jusqu’ici, avait observé un black-out médiatique, a relayé les manifestations monstres de ce sixième vendredi qui a fait mentir bien des Cassandre…
Le président Bouteflika fait de plus en plus le vide autour de lui. En effet, l’un de ses derniers alliés, le puissant homme d’affaires Ali Haddad a présenté sa lettre de démission de la présidence de l’influente organisation patronale FCE (Forum des chefs d’entreprise) qu’il dirigeait depuis 2014. Et le Rassemblement national démocratique (RND), partenaire de la coalition au pouvoir en Algérie, a appelé mercredi à sa démission.
Tour d’horizon en images
Guelma

Constantine
Les manifestants ont bravé la pluie battante à Saida
La mobilisation s’est intensifiée à Sidi Bel Abbès et à Skikda
Skikda
Alger