On espérait que l’arrivée du printemps exhalerait le doux parfum des fleurs fraîchement écloses, et pas l’odeur pestilentielle qui rend l’air irrespirable tout au long de l’année, été comme hiver : celle du racisme primaire et de l’islamophobie vengeresse.
Hélas, en fait de bouffée d’air frais, ce sont les relents nauséabonds de la haine qui ont pollué l’agglomération rennaise, ce lundi 15 avril, à travers des tags odieux qui ont défiguré les murs de trois centres culturels islamiques, abritant des mosquées, à Blosne, Maurepas et Villejean.
Alors que revient le temps du muguet, des islamophobes de la pire espèce ont considéré que l’heure était venue, non pas de répandre la joie et le bonheur autour d’eux, mais de semer le trouble, la terreur et la division en souillant trois lieux de culte musulmans.
Selon un mode opératoire immuable, c’est dans l’épaisseur de la nuit que ces sombres individus ont sévi, barbouillant sur les murs : “Jesus Akbar“, “88 Nic les Mus” “Go home“, et un « Non merci » adressé à l’islam, au judaïsme et au christianisme, dont ils ont dessiné les symboles religieux.

« Je suis habitué, cela fait huit ans que j’occupe ces fonctions. Chaque fois que des élections approchent, les maux de la France viennent de l’islam et des musulmans », a grandement déploré Abdallah Zekri, président de l’Observatoire national contre l’islamophobie (ONCI).
« Ce sont des insultes écrites avec un mauvais français. Cela m’a intrigué dans la mesure où nous avons porté plainte, il y a un mois contre Catherine Blein », a-t-il renchéri.
Catherine Blein est cette élue régionale de Bretagne, ex-FN, qui s’était illustrée par un tweet abject après l’effroyable massacre de Christchurch. Elle avait alors estimé que les attaques terroristes perpétrées dans deux enceintes sacrées musulmanes par l’extrémiste de droite Brenton Harrison Tarrant, adepte de la théorie raciste du « grand remplacement », relevaient de la loi du Talion (‘”œil pour œil, dent pour dent”).
La préfète d’Ille-et-Vilaine, Michèle Kirry, a pour sa part « condamné avec la plus grande fermeté les tags découverts ce matin sur trois lieux de culte islamique de Rennes », assurant que « les services de police mettront tout en œuvre pour identifier les auteurs de ces actes et garantir la sécurité de ces lieux de culte et des fidèles les fréquentant ».
En proie à la consternation, la communauté musulmane locale a réalisé ce qu’elle ne savait que trop : aucune effluve printanière, aussi rafraîchissante soit-elle, ne peut dissiper le parfum putride du nationalisme le plus revanchard et du laïcisme le plus sectaire.